Lung Ta Zen

« Pour aimer il faut être libre, pour être libre il ne faut pas avoir peur » Zen, bouddhisme libertaire, méditation, tantrisme, action non-violente, thérapie, pyschologie, bien être

samedi 26 janvier 2008

ATISHA

atisha

« Pendant plusieurs années, le roi Yeshe Od essaya de faire venir le célèbre pandit Atisha au Tibet, mais celui-ci était tellement populaire en Inde que les monastères refusaient de le laisser partir. Yeshe Od décida alors de se rendre au Turkestan afin de trouver suffisamment d'or pour appuyer sa requête. Il tomba, hélas, aux mains du peuple garlok, dont le roi demanda comme rançon l'équivalent en or du poids de Yeshe Od. Jangchub Od, le neveu de Yeshe Od, parvint à réunir la presque totalité de la rançon demandée et la présenta au roi des Garloks.
Le poids de la tête manquant, le roi refusa la rançon. Yeshe Od put toutefois s'entretenir avec son neveu. Comparant les dix années qu'il pouvait peut-être encore espérer vivre, s'il était libéré, avec les immenses bénéfices que pourrait apporter la venue d'Atisha au Tibet, il demanda à son neveu d'envoyer la somme réunie aux monastères indiens avec le message qu'en plus de cet or, c'était la vie d'un roi qui avait été offerte pour qu' Atisha puisse venir enseigner au Tibet. Yeshe Od mourut entre les mains des Garloks, mais le don qu'il avait fait de sa propre personne allait permettre de poser l'une des plus fortes fondations de tout le bouddhisme tibétain.

 

Lorsque Atisha arriva au Tibet, il lui fut demandé de dispenser l'enseignement le plus adapté au peuple tibétain. Il composa alors le court texte de la Lampe pour la voie de l'éveil, dans lequel il parvint à synthétiser l'ensemble de la doctrine du Bouddha sous une forme facilement abordable.

 

Au cours des siècles, des centaines de commentaires de la Lampe pour la voie de l'éveil, qui sont autant de façons de présenter le système de pratique établi par Atisha, allaient être composés par les maîtres tibétains. Ils sont connus sous le nom de Lam Rim ou «  étapes de la progression vers l'éveil ».

 

L'importance d' Atisha pour le bouddhisme tibétain ne sera jamais assez soulignée.

 

Il  a en fait véritablement insufflé à toute la tradition tibétaine cet esprit d'inséparabilité des différents aspects de la pratique, symbolisé par la devise: « Une pratique externe de la discipline éthique (le Hinayana), une pratique interne de l'esprit altruiste d'éveil (le Mahayana) et une pratique secrète du mantra secret (le Vajrayana). »

 

Tenzin Gyatso



Un chant sacré
Un " Je " se crée comme un chant se crée .

Lorsque je maîtrise la note et l'instrument
et que je m'accorde à chacun
à travers la mélodie
tout en vibrant de ma propre résonance .

En un jeu secret comme un chant sacré .
  Lilou


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mardi 22 janvier 2008

Union avec Tous les Êtres

interdependance_norval_morrisseau
"Interdépendance" © Norval Morrisseau

"Cher Bouddha, je me vois comme faisant partie de l’extraordinaire cosmogonie de la vie qui s’étire dans toutes les directions.

Je vois par exemple ma relation de proximité avec chaque personne et chaque espèce. Le bonheur et la souffrance de tous les humains et de toutes les autres espèces sont mon propre bonheur et ma propre souffrance.

Je ne fais qu’un avec celui ou celle qui est né handicapé, ou avec quelqu’un étant devenu invalide par suite de guerre, par accident, ou encore dû à la maladie.

Je suis uni à tous ceux qui sont pris dans des situations de guerre, d’oppression et d’exploitation.

Je suis uni avec tous ceux qui n’ont jamais trouvé le bonheur dans leur famille et dans la société ; ils n’ont pas de racines, ils n’ont pas l’esprit en paix, et ils ont faim de compréhension et d’amour. Ils sont tous à la recherche de quelque chose de beau, de vrai et de sain auquel ils puissent s’accrocher et croire.

Je ne fais qu’un également avec ceux qui en sont à leur dernier souffle et qui ont peur de ne pas savoir où ils vont.

Je suis l’enfant qui vit dans la misère et la pauvreté, qui vit dans la maladie, dont les jambes et les bras sont aussi fins que des baguettes, et dont l’avenir est incertain.

Je suis enfin cette personne qui produit des armes pour les vendre aux pays pauvres.

Je suis la grenouille qui nage dans le lac, mais je suis aussi le serpent d’eau qui doit nourrir son propre corps avec celui de la grenouille.

Je suis la chenille et la fourmi, mais je suis aussi l’oiseau à la recherche de la chenille et de la fourmi pour les manger.

Je suis la forêt qui est abattue, je suis l’eau et l’air qui sont pollués ; je suis celui qui abat la forêt, celui qui pollue l’eau et l’air.

Je me vois moi-même dans toutes les espèces et je vois toutes les espèces en moi.

Je suis un avec les grands êtres qui ont témoigné de la vérité de la non-naissance et de la non- mort, et qui sont capables de regarder les apparitions de la naissance, de la mort, du bonheur et de la souffrance avec des yeux calmes.

Je suis un avec les personnes bonnes et sages qui sont présentes un peu partout dans le monde.

Je suis un avec ceux qui sont en contact avec ce qui est merveilleux et a le pouvoir de nourrir et de guérir la vie.

Je suis un avec tous ceux qui sont capables d’embrasser le monde entier avec leur cœur plein d’amour et leurs deux bras emplis d’action bienveillante.

Je suis quelqu’un qui a suffisamment de paix, de joie et de liberté pour être capable d’offrir l’intrépidité et la joie de vivre à tous les êtres vivants autour de moi.

Je vois que je ne suis pas seul. L’amour et la joie des grands êtres présents dans ce monde m’apportent un soutien et m’empêchent de sombrer dans le désespoir ; ils m’aident à vivre ma vie de manière paisible et joyeuse, une vie pleine et remplie de sens. Je me vois moi-même dans tous les grands êtres et je vois tous les grands êtres en moi.

Touchons La Terre

Cher Bouddha, je vais toucher la Terre trois fois pour reconnaître que je ne fais qu’un avec tous les grands Bodhisattvas qui sont en ce moment sur cette Terre, et afin de recevoir leur formidable et immense énergie.

Je touche aussi la Terre pour être en contact avec la souffrance de toutes les espèces, de sorte que l’énergie de compassion peut naître et grandir en moi."

Thich Nhat Hanh

 

Merci à Marc pour la transmission de ce texte


En ma demeure

Lorsque j'établis ma demeure
en chacun de vous
ici et partout ..

Où suis je ?
Toujours chez moi..

Et cela change tout
car je vois enfin
toute demeure
comme ma propre demeure

de l'intérieur .
 
Lilou


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dimanche 20 janvier 2008

Si le remède est bon, la maladie sera guérie

guerison

« La Vérité n'a pas d'étiquette : elle n'est ni bouddhiste, ni chrétienne, ni hindoue, ni musulmane. La vérité n'est le monopole de personne. Les étiquettes sectaires sont un obstacle à la libre compréhension de la Vérité, et elles introduisent dans l'esprit de l'homme des préjugés malfaisants.

Cela est vrai non seulement en matière intellectuelle et spirituelle, mais aussi dans les relations humaines. Quand, par exemple, nous rencontrons un homme, nous ne le voyons pas comme un individu humain, mais nous mettons sur lui une étiquette l'identifiant en tant qu'Anglais, Français, Allemand, Américain ou Juif, et nous le considérons avec tous les préjugés associés dans notre esprit à cette étiquette.

Les gens affectionnent tellement les appellations discriminatoires qu'ils vont jusqu'à les appliquer à des qualités et à des sentiments humains communs à tout le monde. C'est ainsi qu'ils parlent de différentes « marques» de charité, par exemple de charité bouddhiste ou de charité chrétienne, et méprisent d'autres marques de charité. Mais la charité ne peut pas être sectaire. La charité est la charité, si c'est de la charité. Elle n'est ni chrétienne, ni bouddhiste, ni hindoue ou musulmane.

L'amour d'une mère pour son enfant n'est ni bouddhiste, ni chrétien ni d'aucune autre qualification. C'est l'amour maternel.

Pour comprendre la Vérité, il n'est pas nécessaire de savoir si l'enseignement vient du Bouddha ou de quelqu'un d'autre. L'essentiel est de voir la chose, de la comprendre.

Si le remède est bon, la maladie sera guérie. Peu importe de savoir qui l'a préparé et d'où il vient. »

Walpola Rahula




Du remède aux saveurs

Essayez donc d'attraper un parfum
les bruits de la forêt
le murmure de l'eau
le rayon de soleil
ou la brise d'été
la couleur du ciel
et toutes ces idées
que vous voyez passer.

Essayez donc et vous comprendrez
qu'à vouloir tout saisir
l'humain oublie d'exister
et suivant ses désirs
s'obstine à chercher
le trésor qui coule à ses pieds
Tant la saveur de la vie
ne se laisse enfermer .

  Lilou

 

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mercredi 16 janvier 2008

la voie du Bouddha

bud1


"Le bouddhisme a été pensé, au cours du XIXe siècle, comme une religion nihiliste, invitant à une célébration du néant et à la lassitude de vivre.
Pour Nietzsche, le bouddhisme, affirmant la souffrance qui marque toute existence et voulant nous en délivrer, se dresse contre la vie, contre le vouloir-vivre, que le philosophe tente, de toutes ses forces, de préserver. (Le Nouvel Observateur, hors-série n° 50, avril-juin 2003, p. 21 souligne à juste titre que Nietzsche est, par ses efforts pour se libérer du ressentiment, bien plus proche du bouddhisme que Schopenhauer.)
Alors que le Bouddha montre tout au contraire comment nous délivrer de la maladie pour libérer, en nous, la vie.

Le bouddhisme ne porte aucune atteinte à l'existence, mais cherche, au contraire, à la délivrer de ce qui entrave son déploiement. Il œuvre à nous défaire des klesha.
Les klesha sont les facteurs mentaux qui perturbent l'esprit et qui, produisant un état de confusion, poussent à commettre des actions négatives, sources de souffrance. Ils ne s'opposent nullement à la raison, mais à un état de paix et de clarté d'esprit.
On en distingue généralement trois: la volonté de saisir, l'avidité ou l'attachement, celle de rejeter ou l'agression, et celle d'ignorer, c'est-à-dire refuser d'accorder son attention à quelque chose ou quelqu'un.Tous les autres klesha sont déduites de ces trois principales.

Le bouddhisme est un cheminement offert aux hommes pour les aider à se délivrer de toutes les formes de manipulation qui travestissent leur rapport à ce qui est. Rien en lui n'est pessimiste: contrairement à ce qu'affirmait Schopenhauer, il ne cesse de montrer des voies de libération pour mieux la célébrer.
Le bouddhisme nous apprend à développer une attention plus fine à ce que nous vivons, faisant apparaître nos stratégies habituelles de fuite - tentatives que l'on pourrait nommer avec Pascal de «divertissements ».

Une soif nous pousse, comme malgré nous, dans une course en avant.
Elle rend impossibles une spontanéité et une présence véritables.
Cette soif n'est jamais comblée car paradoxalement elle ne désire rien de réel; rien ne peut donc réussir à la satisfaire.

Le bouddhisme, profondément non dualiste, ne rejette rien et certainement pas la souffrance. Il nous apprend à la reconnaître.
La souffrance ne doit justement pas être évitée, mais honnêtement reconnue. Elle est inévitable. La fuir est vain. Pour cette raison, chercher le confort sans être d'abord entré en rapport à ce que nous sommes ne nous conduit qu'à l'égarement.

Chogyam Trungpa insistait sur l'importance pour chacun de célébrer sa vie.
Il disait :
"S'il vous plaît, réjouissez-vous de la vie! Que vous soyez en forme ou déprimé n'a pas d'importance. S'il vous plaît, appréciez votre vie!. »
Hugo von Hofmannsthal disait lui : «La joie exige toujours plus d'abandon, plus de courage, que la douleur. Dans cette mesure même, s'abandonner à la joie signifie précisément défier les ténèbres inconnues. »
Nous n'avons pas à être constamment sur le qui-vive ou à nous sentir coupable. Il est possible de s'abandonner au présent avec joie, ici et maintenant. Voilà le cœur de l' enseignement bouddhiste ! Être.

La tradition bouddhiste ne prêche pas « l'abandon du désir» car celui-ci peut nous permettre de nous ouvrir, de célébrer et d'épouser plus justement le monde. Mais il importe d'abandonner la lutte, la saisie qui accompagne l'attachement, le souci de prendre pour soi.
Il s'agit d'avoir en-vie de quelque chose. "

Fabrice Midal




Avoir en-vie

Dans toute larme il y a
une parcelle de Joie .
il suffit de la cueillir
la réchauffer entre ses doigts
pour la voir jaillir
et assécher de son éclat
cette larme posée là.

Dans toute vie il y a
une étincelle de Joie.
chacun est libre de la cueillir
pour la déposer en soi
et chaque jour la voir grandir
comme une lumière fidèle
guidant ses pas .

Lilou


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vendredi 11 janvier 2008

OCCIDENTALISATION DU ZEN

evamadonna
Dessin Madonna © Eva-Sibylle Vogel-Mfato ( Pasteure de la Fédération luthérienne mondiale)

Comme beaucoup je crois que le bouddhisme & la méditation ne pourront s’implanter et aider les occidentaux que lorsqu’ils auront été occidentalisés. Il ne s’agit pas de faire « le singe blanc » comme diraient certains amis dans l’Himalaya en voyant les touristes en méditation dans les temples, mais de s’approprier cet outil suivant notre culture. Ce qu’a déjà cherché à faire avec talent K. Durckheim en son temps & que fait Eric Rommeluère dans le zen Soto.

Taïkan Jyoji (Georges Frey, Français qui a participé à introduire le zen Rinzaï en France)  le dit lui-même : « Il n'est ni nécessaire ni souhaitable d'adopter la culture japonaise pensant ainsi progresser plus facilement dans la Voie, ni de se « japoniser » pour pratiquer zazen. Il est naturel qu'en France le Zen naisse selon sa propre essence. Il faudra attendre au moins un siècle pour en voir les résultats. »

Ceci dit je ne suis pas d’accord avec lui quand il prend pour exemples des comportements typiquement japonais. Je pense à ces deux histoires :

« Je voudrais encore vous raconter l'histoire de ce maître de Zen japonais contemporain, qui, pour tester la profondeur de son zazen, décida un soir, au cours de son noviciat d'installer son coussin dans le jardin du temple où il pratiquait. Il se dévêtit le torse puis se l'enduisit de saké (vin de riz un peu sucré qui titre environ 15°).
Les moustiques alors par centaines le piquèrent cruellement pendant toute la nuit. Mais il ne bougea pas d'un pouce de son coussin de méditation, montrant par là non pas s'on héroïsme face à l'épreuve des moustiques, mais combien il était absorbé dans son zazen, combien était profond son samâdhi, au point que même les piqûres de moustiques ne le dérangeaient pas.
»

Je ne remets pas en cause le fait que plongé dans sa méditation, les piqûres ne le dérangent pas, mais qu’en sera-t-il quand il sortira de sa méditation ? et quel « amour, protection de son corps » (ce précieux véhicule) que de s’enduire ainsi pour attirer les piqûres de moustiques ?

Comme pour la douleur, la méditation peut permettre de rentrer en harmonie avec son corps, tout en prenant conscience que nous ne sommes ni ce corps ni ces souffrances, même si elles sont là, mais de là à s’infliger des douleurs pour « tester » son pouvoir de méditation...

L’autre histoire est encore différente :

« Mon propre Maître nous raconta qu'un jour, alors qu'il était au monastère de Tenryu-Ji à Kyoto, il avait en face de lui pendant zazen un bonze (l'actuel maître de Zen et de Kendo Omori Sogen) dont il admirait beaucoup la posture assise. Alors que lui bougeait beaucoup, peinait et souffrait, s'endormait parfois, le Maître Sogen était parfaitement immobile sur son coussin de zazen. Il décide alors de faire une sorte de compétition avec lui et de ne pas bouger, se disant que si Omori Sogen parvenait à rester immobile lui aussi pourrait bien en faire autant. »

Là c’est l’esprit de compétition (pas tant avec le maître, qu’avec soi-même) qui me semble être contradictoire avec la pratique de la méditation. J’entends bien que mon propos puisse choquer les « réels » pratiquants du zen (ce que je ne suis pas, n’étant qu’un « amateur ») mais si on ne tient pas compte de l’avancée apportée par le monde occidental pour pratiquer la méditation, le zen restera cloîtré dans des chapelles japonisantes pour élite.

Pour le bouddhisme tibétain, l’enjeu est le même, et déjà des personnes comme Sogyal Rimpoché font beaucoup pour cette occidentalisation, sans oublier toute la vulgaristion pointue qu’a fait Chögyam Trungpa  Rimpoché, mais le travail ne sera pas simple, toute la partie tantrique reposant sur des visualisations qui sont issues de la culture indo-tibétaine et peu adaptées à notre monde occidental.

Nietzsche (très à la mode en ce moment) disait que l'homme complet sera celui animé de l'énergie Occidentale et de la contemplation Extrême-Orientale. Pour autant qu’on ne déforme pas l’idée de « surhomme » d’une manière égotique, tout cela fait du chemin de la méditation, un chemin de découvertes et de plaisir, que nous pouvons entreprendre chacun !





De je sais à je suis

Je traque le savoir
du matin au soir
tout ce qui me dit
comment faire et pour qui.

Pour que le chemin
qui aujourd'hui
donne sens à ma vie
passe par "je suis ".

Et de méditer
j'ai perdu la trace
pour la déposer
à mes pieds.

Ce qui nait
ne se laisse pas attraper
à nous de l'inventer .

Lilou

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mardi 8 janvier 2008

ARDEUR & APATHIE

thanatos

L’énergie de vie est partout, dans la souffrance comme dans la joie, dans les névroses comme dans la sagesse.

Mais l’énergie de vie est différente des conditions de vie. Ces dernières sont la construction que bâtit le mental en fonction de ce que nous avons vécu, du poids qu’il retient de ce passé, du contexte dans lequel nous sommes, et des futurs qu’il peut envisager en fonction des peurs présentes.
L’erreur serait de croire que la libération, le bonheur seront dans ce futur, car c’est alors accepter de vivre dans la vie virtuelle créée par le mental. Or quand nous sommes pris par cette construction mentale, nous en devenons prisonnier, nous n’avons alors plus aucune place pour la créativité, pour imaginer d’autres futurs, d’autres possibles.

Sommes nous alors prisonniers de notre « destin » ?

Non car comme nous l’avons expliqué, il y a une différence entre la vie, son énergie & les conditions de vie que l’on se crée. La vie est seulement dans l’instant présent, ici & maintenant. Le poids du passé, la peur du futur nous sont ils insupportables quand nous sommes capables de revenir au présent ? Non car ils sont soit passé, soit à venir, mais ici & maintenant il y a toujours moins de souffrance que de douleurs ! (« La douleur est toujours moins forte que la plainte » La Fontaine ou « La plainte surfait toujours un peu les afflictions » Diderot).

La méditation (appelons la comme on veut suivant nos cultures) est cette capacité à revenir à la vie, ici & maintenant, à laisser tomber toute la construction emprisonnante du mental pour revenir à l’essentiel : la vie ici & maintenant.

Et quand on arrive à être au contact de la vie, dans cet instant présent, on est en capacité de sentir nos besoins. Attentif au corps dans l’instant on peut sentir ce qui est « juste pour nous » (dans tous les sens de l’expression). On sent dans nos tripes, ce qui nous fait « oui », ce qui nous fait « non », ce qu’on peut accepter, ce qu’on peut refuser.
On s’ouvre à la créativité d’autres possibles, d’autres relations envisageables pour autant de rester centré sur le présent, soulagé des poids & des peurs. On prend conscience de ce qui nous infantilise, nous enferme, nous rend soumis et de ce qui nous rend adulte, responsable & citoyen.

Bien sûr il paraît difficile au 1er abord de rester sur ce comportement, se disant que le passé et le futur (nos poids et nos peurs) vont nous rattraper, mais d’avoir pu établir cet instant présent de conscience, cela crée de la confiance en nous car nous savons que même au plus fort des peurs, nous pourrons revenir à cet instant présent et retrouver cet espace de créativité & de liberté.
L’ici & maintenant existe & existera toujours jusqu’aux portes de la mort, nous pourront, nous pouvons, toujours le contacter. Lorsque nous sommes apathiques (étymologiquement, ayant perdu la sensibilité à la vie) nous pouvons contacter une ardeur (chaleur de vie) & une joie en revenant à l’instant, en revenant à la présence, en revenant à ici & maintenant.

Cette apathie est « normale », puisque nous avons vu qu’elle fait partie de la vie. Des conditions de vie (comme le deuil) nous font obligatoirement passer par elle.
Sa durée nous sera très personnelle (pas de « norme »), mais c’est notre capacité à revenir à l’instant présent qui font que nous resterons prisonniers de cette apathie, ou au contraire que nous sentirons qu’elle est un repos nécessaire pendant un certain temps pour se reconstruire, pour retrouver le sens de la vie, pour retrouver la vie, pour être dans l’ici et maintenant, le moment présent, tout en étant capable de bâtir des projets pour nos conditions de vie.

Et quand nous sommes dans ces moments d’abattement, les paroles moralisantes ne nous sont rien, il me semble que seules deux choses peuvent nous aider : revenir à l’instant présent, à la présence au corps, à la respiration & la main posée sur l’épaule qui nous aide à revenir à cet instant.


Il se donne la vie ..

J'ai cueilli un oiseau ce matin
un simple oisillon tombé du ciel
fragile petite merveille
qu'un chat avait pris pour festin
et qui entre ses dents mesurait son destin.

Blottis au creux de ma main
ce petit tas de plumes juste posé là
a reconnu la chaleur de mes doigts
retrouvant peu à peu le chemin
de la vie qui battait en son sein.

Alors suivant son instinct
courageux jusque dans l'incertain
il a d'un seul coup d'aile
toujours à la vie fidèle
plongé vers son lendemain.

Il me laisse la leçon
de l'innocence et du pardon
de celui qui sait s'attacher
à ce qu'il a sans le chercher
quand la confiance se fait don.

Puisant dans chaque instant
ce dont il a besoin pour vivre
Il se donne la vie .

Lise

Posté par Lung Ta à 07:00 - Ici & Maintenant - Commentaires [10] - Permalien [#]



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