mardi 6 mai 2008
ASPIRATION
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Vous écoutez une musique de Alain Kremski : Rituel de purification du coeur.
Ah ! Ton être même est le maître parfait
Reconnaissant ta nature,
porte cela en ton coeur.
Pour tous ceux qui ne l'ont pas réalisé,
Génère de la compassion
Pour les aider à trouver cet espace pur et saint.
John Welwood
Epanouissement

© Lung Ta Zen
(Cliquer pour agrandir)
L'arc-en-ciel
Quand j'observe les nuages
en me plaçant là
où, en moi,
repose la clarté .
Les couleurs du ciel
me tiennent compagnie
en un pont qui relie
mon coeur à la vie .
et se déplacent avec moi
ausi longtemps que je les vois
en accordant mon oeil
à la lumière en moi .
Lilou
DEDICACE
Notre voeu est que, par ces mérites universellement propagés à tous ,
nous-mêmes et les êtres, réalisions tous ensemble la voie de l'Eveil."
(Le Sûtra du Lotus, Paris, Fayard, 1997)
Mandala de Sangye Menla (Bouddha Médecine) © Andy Weber
Pratiquer la méditation à Nantes
Le centre Tchenrezik à Rezé, près de Nantes, offre un espace de méditation qui permet d'accueillir une douzaine de personnes. Une méditation silencieuse a lieu chaque mardi soir.
Le centre, créé en 1998 par Lama Thupstan Wangchuk, a été béni par Bakoula Rimpoché et consolidé par Shenphen Rimpoché (bouddhisme tibétain). Il est aujourd'hui associé à l'association Un Zen Occidental pour la pratique du zen.
Les horaires : Le mardi soir de 19 h à 20 h, arrivée à partir de 18 h 45. Deux sessions de méditation silencieuse de 25 minutes entrecoupées d'une méditation marchée de 10 minutes.
L'adresse : Le centre se trouve au 18 rue du Pélican 44400 Rezé. Plan Google Maps.
Transports en commun : Tramway : ligne 3, Arrêt Espace Diderot. Suivre la rue du Château de Rezé puis, dans le prolongement, la rue Maurice Jouaud jusqu'à la rue du Pélican sur la gauche.
Prévoir : Un pantalon suffisamment large ainsi qu'un coussin de méditation (des coussins sont également disponibles sur place).
Participation aux frais : Le centre reste volontairement un groupe informel et n'a pas le statut d'association. Il est recommandé d'offrir un don qui sera reversé dans son intégralité à un programme de scolarisation d'enfants au Ladakh.
Renseignements : Frédéric Baylot, courrier électronique : lungta (at) free.fr .
À noter : Il est recommandé de prendre contact avant de venir la première fois.
samedi 19 avril 2008
Esprit d'éveil : Enseignement & pratique
Une journée zen à Nantes le samedi 3 mai 2008
Nous proposons une journée zen à Nantes combinant des méditations et des enseignements. La journée sera animée par Éric Rommeluère, enseignant zen.
La date et les horaires :
Le samedi 3 mai 2008 de 9 h à 17 h 30 (sous réserve de modifications). La journée se déroulera comme suit :
- 8 h 30 - 8 h 50 : ouverture des portes, accueil
- 9 h 00 - 9 h 30 : Instructions sur la méditation
- 9 h 45 - 10 h 15 : méditation assise (zazen)
- 10 h 15 - 10 h 30 : méditation marchée (kinhin)
- 10 h 30 - 11 h 00 : méditation assise
- 11 h 00 - 11 h 15 : méditation marchée
- 11 h 15 - 12 h 15 : enseignement
- 12 h 30 - 14 h 30 : déjeuner, repos
- 14 h 30 - 15 h 00 : méditation assise
- 15 h 00 - 15 h 15 : méditation marchée
- 15 h 15 - 15 h 45 : méditation assise
- 15 h 45 - 16 h 00 : méditation marchée
- 16 h 00 - 17 h 00 : enseignement
- 17 h 30 : clôture de la journée
Il est recommandé d'apporter son coussin de méditation. Nous n'acceptons pas de participation partielle. Chaque participant apporte un plat à partager pour le repas de midi.
L'adresse :
Centre
Tchenrezik, un petit lieu méditatif en ville permettant d'accueillir
une douzaine de personnes. Attention donc, le nombre de places est
limité. Le centre se trouve au 18 rue du Pélican 44400 Rezé.

Tramway : ligne 3, Arrêt Espace Diderot. Suivre la rue du Château de Rezé puis, dans le prolongement, la rue Maurice Jouaud jusqu'à la rue du Pélican sur la gauche. Plan Google Maps.
L'enseignant :
Éric Rommeluère a pris les vœux bouddhistes en 1981, pratiquant notamment une dizaine d'années avec le moine japonais Ryôtan Tokuda. En 2001, il a reçu la transmission du maître zen Gudô Wafu Nishijima rôshi.
La participation :
Elle est fixée à 35 euros (25 euros pour les frais, 10 euros pour l'enseignement). Il est nécessaire d'être membre de l'association Un Zen Occidental pour se joindre à la journée (20 euros la cotisation annuelle valable de date à date).
Pour s'inscrire :
Il suffit de se pré-inscrire en ligne [cliquez]. Vous recevrez ensuite par courrier électronique un bulletin d'inscription au format PDF à nous retourner dûment complété avec votre règlement par voie postale.
Des questions complémentaires ?
Vous pouvez nous écrire à l'adresse info@zen-occidental.net ou nous téléphoner au 01 40 44 53 94. Vous pouvez également joindre Frédéric Baylot, notre correspondant nantais, soit par courrier électronique lungta@free.fr soit par téléphone au 06 67 62 93 53.
Comment changer son regard sur des évènements douloureux.
Carte de voeux © Mécénat Chirurgie Cardiaque
(Tout d'abord je vous prie de m'excuser de mon peu de présence sur le blog, et aussi du coup de la longueur des billets, mais cela vous laisse une semaine pour les lire ;-) )
La vie sera toujours composée de plaisirs & de douleurs entremêlés. La clé de la sérénité repose donc en nous, dans la façon dont notre esprit aborde notre existence. Souvent pris dans le stress de la vie quotidienne, le travail, la famille, nous disons « que nous n’avons pas le temps, pas le choix de faire autrement ! » et nous continuons à vivre angoissés, malheureux, déprimés. Et parfois la « vie » nous fait un cadeau, elle nous offre une épreuve particulière (décès d’un proche, départ de quelqu'un avec qui nous étions en relation, maladie, perte d’un emploi, d’une maison, dépression...) qui tout à coup, va nous faire voir l’existence autrement, fragile et précieuse.
Dans le bouddhisme il existe entre autres, deux grandes façons d’aborder les évènements pour élargir sa conscience. Elles sont vraiment très différentes mais ne s’opposent pas et peuvent même être vues d’une manière complémentaire. La première je l’ai surtout vue dans le bouddhisme Tibétain et principalement dans l’école Gelougpa, et la seconde plus dans le zen et aussi dans le Dzogchen Tibétain.
La première pourrait être nommée
« méditation analytique ». Il s’agit d’analyser en fait le plus
objectivement possible le comportement négatif (colère, dépression, envie,
rejet) qui nous anime. Malgré la difficulté des premières tentatives, cette
analyse permet de voir qu’aucune situation n’est en soi totalement bonne ou
mauvaise, que même dans des situations difficiles nous pouvons
trouver un tant soit peu de satisfactions (familiales, relationnelles,
professionnelles, dans ce que nous avons déjà fait..) qui bien souvent apportent
déjà suffisamment de bien-être, si nous étions pas dans un « toujours vouloir
plus ».
Et/ou, que cette difficulté est le pendant d’un bienfait (difficultés à
élever un enfant mais aussi plaisir à d’autres moments, d'avoir un enfant, emploi difficile mais
pas de chômage...). On peut aussi regarder combien de personnes dans le monde
vivent des situations bien plus difficiles que la notre (18000 enfants meurent
chaque jour de faim dans le monde, près d’un milliard d’êtres humain n’a pas
accès à l’eau potable). In fine nous pouvons regarder aussi les éventuels bienfaits que
nous procure en effets secondaires notre souffrance ! Par exemple elle peut
permettre qu’on s’occupe enfin de nous.
Mais comme le dit le Dalaï Lama
« Il ne faut pas confondre satisfaction & passivité ! »
c’est à dire que de mener cette analyse ne doit pas nous faire devenir
fataliste et nous empêcher de nous engager pour améliorer notre sort et celui
de tous les êtres vivants. Et le fait de s’engager, va donner un nouveau sens à
notre vie et transmuter la souffrance morale qui peut exister (Freud parlait de
sublimation, on parle aujourd’hui de résilience).
La seconde voie est plus centrée
sur la conscience et l’attention. En fait là où nous posons notre
attention, là est notre conscience ! C’est le processus qui va permettre par
l’hypnose par exemple, de ne plus sentir de douleurs en déplaçant la conscience.
Richard Moss utilise une métaphore très intéressante : « Imaginez que
votre respiration (ou toute émotion ou douleur) est comme un grand cerf-volant
planant dans le ciel de votre esprit. Ce qui retient le cerf-volant est un fil
que nous pouvons appeler « attention » (si nous lâchons ce fil- relâchons notre
attention - la respiration sort de notre champ de conscience, exactement comme
le cerf-volant tomberait). Ainsi, faites attention à votre
respiration et essayez de devenir conscient de cette attention elle-même. Maintenant,
détournez votre attention de votre respiration et ramenez-la au « fil ».
Qu'expérimentez-vous? Qui ou quoi tient le fil de votre attention ? »
En fait
quand on pratique ce genre d’attention les réponses qui viennent à qui ou quoi
tient le fil se rejoignent paradoxalement de « rien » à « un grand tout spacieux».
Cette pratique peut être menée sur toute émotion qui surgit du passé, toute
peur du futur ou toute douleur du présent, et qui tient le fil est toujours
dans le présent, ineffable.
Et finalement dans le monde de l’impermanence dans
lequel nous vivons, cet espace vide et
plein à la fois, que nous trouvons au bout du « fil » (attention) est
toujours là et signe peut-être le mieux ce que pourrait être le moi ou le non-moi
(non ego) ou mieux encore : la vacuité.
Peut être nos premiers pas
concrets vers la sagesse ?
Poser le vide
Ce à quoi je m'attache
devient ma réalité
aussi longtemps que je le tiens.
Si "je" lâche le fil
où va ma souffrance ?
"je" prend le risque de la perdre
et en la perdant
que reste-t-il de " je " ?
Lâcher le fil
c'est d'abord reconnaître
que" je" le tiens
Pour lui donner le droit
d'aller ailleurs.
Là où tout revient au Même
y compris Moi .
Pour que l'un
donne naissance à l'autre
ne faut il pas que ce pose le vide .
Cet espace qui permet d'accueillir
ce qui Est.
Lilou
Mes non-lieux
samedi 12 avril 2008
Il ne reste qu’une solution : plonger !

"Le vrai plongeon des Goudes" 1998 Bas-relief par Luc Dubost ©
La plupart des religions partent en général de la notion de faute, de « chute » de déchéance, et disent donner les moyens de retrouver cet état premier et de nous sortir de notre condition humaine de souffrance. Cette notion de « péché originel » (qui peut porter d’autres noms suivant les religions) nous poursuit toute notre vie d’une manière inconsciente & au lieu de nous accepter comme des êtres déjà accomplis, nous allons toute notre vie chercher à compenser ce manque, cette perte, cette chute, par des actions, pensées, dans le monde spirituel, psychologique ou matériel.
Ainsi pour moi, le mouvement new age tout en apportant des outils efficaces (souvent tirés de longues traditions) et adaptés au monde occidental, va pourtant dans le même sens, en nous instillant que le meilleur est possible pour nous tous. La voie de la pensée positive, la « loi d’attraction » (qui fait beaucoup parler d’elle en ce moment avec le film américain « Le Secret ».) nous montrent que ce que nous expérimentons & qui peut être nommé « négatif » est lié à notre façon d’être, de penser (ce qui n’est pas faux en soi), et qu’en changeant, tout disparaîtra pour vivre dans une condition « idéale ». Mais chercher cette condition « idéale » c’est montrer qu’il y a en nous des facettes à « renier » (oublier, laisser tomber, etc...) pour trouver « mieux ». Toute technique, religieuse, new age ou autre nous pousse à chercher la solution hors de nous (pour combler ce manque présumé).
Ce que je ressens de la pratique de la méditation silencieuse, c’est qu’elle ne se pose pas en tant que technique (même si des techniques peuvent être proposées parfois) mais comme une ouverture à notre totalité, à cet être accompli que nous sommes déjà comme le dit John Welwood : « Ton être même est le maître parfait. Reconnaissant ta nature, porte cela en ton coeur. » Et dans cet espace d’amour & ouverture nous pouvons accueillir toutes nos parties, même celles que le « professeur » a ancrées en nous, toutes ces contraintes qui nous limitent. Et c’est en demeurant présent à tous ces aspects que nous pouvons créer une nouvelle relation avec eux. Et c’est de la qualité de ce contact que nous allons créer que va dépendre la souffrance qui en résultera ou pas. Comme le dit Richard Moss « Lorsque nous sommes conscient d’une insatisfaction, l’aspect de nous qui est conscient n’est pas lui-même insatisfait ».
N’ayons pas peur des « personnages de théâtres » créés par le professeur. Un vieil Italien cité par Christiane Singer disait « La loi fondamentale : à la longue il ne vaut pas la peine d’avoir été filou. » Je dirais que la peur qu’on nous a insufflée ne paye pas à long terme. Seul reste l’ouverture, l’amour, ce que plus loin, toujours Christiane Singer dit : « La seule chose qui vaille le jeu est d’avoir aimé. » Et souvent il nous faut atte(i)ndre une épreuve (maladie, décès d’un proche, séparation, approche de la mort...) pour nous en rendre compte.
Alors le mieux est de limiter les techniques pour accéder directement à cet espace d’amour. Car même chercher à « atteindre » cet espace c’est encore se créer un manque.
Il ne reste qu’une solution : plonger !
Ici & Maintenant.
Plonger
Comme un voile posé sur le monde aveuglé
mon esprit à forgé cette réalité
qui sans cesse me heurte
et que je prend pour vraie .
Tel un enfant abandonné
qui s'épuise à vouloir changer
le film qui constitue sa vie
sans savoir que l'auteur c'est lui .
Quand fatigué de chercher
je sais m'arrêter
pour de ma main toucher
simplement ce qui Est .
En cessant de trembler
pour seulement Aimer
cette vie qui me porte
et la manifester.
Comme l'enfant apprend à marcher
comme l'oiseau apprend à voler
je suis en train d'exister .
En quittant toute idée
de comment cela doit être
pour simplement plonger .
Lilou
jeudi 3 avril 2008
En quoi la méditation peut-elle être troublante ? -2-
Dans le dernier billet je parlais de la façon de se libérer de ce « professeur ». Mais que nous enseigne-t-il principalement ? Je disais qu’il nous amenait à rechercher la reconnaissance d’un groupe d’appartenance. Bien sûr nous recherchons tous de la reconnaissance, celle ci nous est vitale, comme l’amour, comme l’eau et la nourriture. Mais ce « professeur » nous amène à nous conduire non pas tel qu'en Soi-même nous pourrions le faire mais tel qu’il « faut » le faire, tel qu’il nous a inculqué qu’il fallait le faire, pour paraître en accord avec le groupe.
C’est ce « personnage de théâtre » que nous avons bâti sous ses conseils, que nous présentons au monde, pour que ce « personnage de théâtre » reçoive cette reconnaissance.
La difficulté de la méditation c’est qu’en abandonnant ce « personnage de théâtre » nous nous montrions nous-mêmes tels que nous sommes. Et nous avons peur des conséquences (que cela paraisse déloyal, ne plus être reconnu, ne pas atteindre l’idéal pour lequel on a été programmé etc...). C’est d’ailleurs le sujet paradoxal du célèbre livre de Paolo Coelho : « L’Alchimiste » : un jeune à la conquête de sa « légende personnelle », (mais cet idéal est il si personnel que cela ?) court après du vent, et finalement trouve son "trésor" au pied de l’arbre d’où il est parti !
Certes ce « personnage de théâtre » peut nous donner l’impression de nous aider à vivre. Ainsi je peux être travailleur social pour toute ma vie chercher à sauver des tas de personnes de situations sociales désespérées, comme un membre de ma famille aura pu en vivre il y a des dizaines d’années, voir plus d’un siècle. En cela je suis loyal à des consignes transgénérationnelles, mais le suis-je à moi-même ?
A mon humble avis (qui ne part que de là où je suis) la méditation est d’autant plus bouleversante qu’elle est apurée jusqu’au seul silence de l’instant présent. Bien sûr les rituels peuvent métaphoriquement aider à faire ce travail, mais ils amènent deux risques majeurs : divertir le mental et renforcer le « professeur ».
Par exemple dans le bouddhisme qui est LA pratique même, basée sur la méditation, il y a des conseils judicieux, que l’on appelle les « antidotes » aux actions contraires à l’éveil, mais ces mêmes antidotes peuvent n’être que nourriture du « professeur » & nouveau formatage.
Le « professeur » et notre « personnage de théâtre » ont besoin que notre mental soit tourné vers le passé ou le futur pour vivre. La méditation, en nous donnant l’occasion d’être dans le présent ne laisse plus de prise à ce « professeur » & rend inutile le « personnage de théâtre », elle nous ramène face à Soi-même.
De ce bouleversement peut surgir des émotions très fortes qui peuvent aussi être un piège du professeur (culpabilité, peur, voir « joie exubérante & excessive »...). Ce n’est pas pour autant qu’il faille fuir ou réprimer ces émotions, au contraire même. Mais là encore, retournons à l’instant présent, comme un observateur scientifique, très vigilant à ce qui se passe.
Le « professeur » a besoin de toute votre attention pour survivre en vous, si vous posez votre attention avec recul sur le spectacle, vous ne pouvez plus être en même temps « son personnage » de théâtre. Vous ne pouvez pas être sur scène et dans la salle. C’est une sorte de vampire qui se nourrit de votre (in)attention, offrez lui le sourire de l’instant présent, il disparaît comme un fantôme. Eckhart Tolle dit : « le corps de souffrance peut vous sembler un dangereux monstre ... mais je vous assure que c’est un fantôme minable qui ne fait pas le poids face au pouvoir de votre présence. ».
La méditation est donc cette capacité d’être honnête avec Soi-même en regardant ce qui se passe en nous, partir exactement d’où nous sommes (là où est notre véritable Trésor) sans courir après aucun idéal ou « légende personnelle », en acceptant tout, sans s’accrocher à rien.
Voilà qui ne semble pas rassurant...
FACE AU VIDE
Comme au bord du précipice
Face au vide.
Lorsque je suis reliée à moi même ,
Je pose une main aimante sur celui qui me dit qui je devrais être afin qu'il reste à sa place ..simplement à sa place .
Sans rien exiger de lui, pour qu'il me permettre de sourire à la vie en portant mon attention à ce qui bat en moi.
Comme au bord du précipice,
Face au vide.
Ce qui bat en moi
n'est pas le vide qui m'attire
c'est la vie qui me porte .
Quand je sais où sont posés mes pieds.
vendredi 28 mars 2008
En quoi la méditation peut-elle être troublante ? -1-
"Emocia" © JVopis
Nous sommes soumis à un petit professeur qui nous dit quoi faire. Ce professeur est fait de notre éducation, notre histoire, notre culture, nos peurs, nos manques. Son enseignement nous a tellement marqué que notre conduite est très largement dictée par ses doctrines que nous avons complètement assimilées.
Ne pas suivre ses préceptes c’est paraître déloyal, vis à vis de notre culture, de nos parents, de comportements adoptés jusque là face à des situations stressantes.
En fait nous sommes rarement dans la vie, nous sommes rarement nous-mêmes, mais le plus souvent nous sommes la projection souhaitée par ce professeur.
Pourquoi ?
Principalement parce qu’il nous a appris que si nous suivions ses leçons nous recevrions en retour de la reconnaissance de nos pairs (et nos pères & mères). La psychologie & la psychanalyse ont très bien analysé tout cela.
Le problème c’est que cela nous fait vivre dans la peur et la culpabilité de ne pas être adopté par nos groupes d’appartenances.
Cette personnalité que nous présentons est toujours branchée sur le passé (ce que nous avons appris de ce que nous devons faire) voir sur le futur (ce qui nous risquons en exclusion ou acceptation du groupe et de nos proches).
En fait cette personnalité nous aide à reproduire ce professeur dans notre vie et le faire pénétrer dans la vie des autres (couple, enfants, amis, collègues ...).
En quoi la méditation peut-elle être troublante ?
La méditation nous ramène justement au seul instant où le professeur n’a pas de prise sur nous, le ici et maintenant. Car lorsque nous sommes dans ce présent nous pouvons décider, libéré des contraintes des « yaka » ou « yfopa », être adulte, responsable.
Mais le professeur ne veut pas cela ! Il ne veut pas perdre son pouvoir. C’est pourquoi il va sans cesse ramener à notre esprit des images, des sensations, des désirs, des douleurs, des projets, des regrets.
Nous pourrons alors chercher à calmer cela en nous centrant sur la respiration, sur une image apaisante, sur un son, sur une posture. Et cela fonctionne très bien. Cela peut même être très relaxant.
Pour autant sortons nous des griffes du professeur ?
Nous retombons dans d’autres comportements, d’autres « il faut que » (la méditation doit être ceci ou cela) qui pourront nous rassurer car d’une part le professeur semble être parti, alors qu’il n’en est que plus présent et d'autre part nous donner l’impression d’être libérés, alors que nous nous rajoutons de nouvelles contraintes.
Lorsque nous sommes REELLEMENT & simplement présent, le professeur n’a plus aucune prise sur nous. C’est pourquoi la méditation peut être bouleversante, car c’est apprendre à vivre sans lui, à vivre avec Soi-même.
Cela peut faire peur, cela peut déclencher des émotions, cela finit par ouvrir in fine sur un espace insoupçonné.
J 'en reparlerai dans un prochain billet.
Qui parle en moi
Dans le secret de mes pensées
nous sommes plusieurs à parler.
Tout un tas de petits moi divisés
qui tour à tour veulent régner .
Il y a celui qui dit que je suis arrivé
ou pas encore parti
que je ne sais plus ou que j'ai tout compris.
Et tous ceux qui voient la vie
comme une course infinie
d'où l'on sort gagnant ou puni.
Tous parlent de mon Etre à l'envers
de ce moi né du miroir déformant
que j'ai construit en grandissant
tant je me suis trouvé seul et impuissant
à faire aimer mon regard d'enfant .
Et je suis tellement habitué
à tous ces moi apeurés qui me font exister
que je ne sais plus retrouver
celui qui en moi se tait
le seul qui n'a pas de reflet .
C'est lui qui me tient compagnie
lorsque d'un seul émoi je me trouve transit
en contemplant le ciel, un coucher de soleil
ou les étoiles dans la nuit .
Sans un mot il me dit qui je suis
et que ce que vois est avec moi unit
d'un geste qui réconcilie
le corps, le coeur , l'esprit .
Lilou
samedi 22 mars 2008
"Défonce" des Droits de l'Homme au Tibet

Voici aujourd'hui un billet un peu long, mais qui me semble important, car alors que le peuple tibétain est en train d’être décimé au profit (sic) d’intérêts supérieurs libéraux vendus avec les Jeux Olympiques, commencent à fleurir sur le net des blogs, mails, textes mettant en doute le bien-fondé de la lutte tibétaine contre l’occupant chinois. Ces textes ressortent quelques histoires « noires » du bouddhisme pour dénigrer le plus souvent le soutien au peuple tibétain. Je conseille à tous de lire le livre de Fabrice Midal, pour avoir d’une manière TRES sérieuse tous les renseignements nécessaires à l’histoire du bouddhisme, dont les parties que les occidentaux rêveurs ont occultées.
Le bouddhisme, le Tibet, sont faits d’humains qui restent des humains, même s’ils recherchent une élévation spirituelle. Et chaque humain est porteur d’une part d’ombre qui peut prendre le dessus. Cela ne peut en aucun cas excuser ou expliquer un génocide et empêcher de manifester et lutter contre.
Si le Christianisme, le Judaïsme, l'Hindouisme et l'Islam se sont souvent révélés comme des religions expansionnistes violentes, (c’est d’ailleurs à mon avis le hiatus de toute religion théiste révélée) le bouddhisme n’a pas connu ces grandes vagues. Il s’est soit répandu par intégration des religions existantes (Bön, Shinto, taoïsme...) soit par une politique de libération (toute relative pour l’époque je pense à l’empereur Asoka) .
Cela n’a pas empêché le bouddhisme lorsqu’il était dans des contextes féodaux (comme au Tibet jusqu’au XIX°) de vivre de conflits d’intérêts internes entre branches du bouddhistes ou entre monastères (question matérielles, de terrains, de récoltes etc...) montrant que les humains ne restent que des humains et que la non-violence est une démarche qui se développe par la conscience, mais qui n’est pas innée. C’est principalement au XIX° que s’est mis en place le mouvement Rimé, non sectaire pour rassembler toutes les écoles du bouddhisme tibétain et sortir de ces conflits ancestraux et dépassés. Mais le bouddhisme tibétain a encore des clarifications à faire dans ses rangs (nomination du Karmapa, relations Gelougpa / mouvement Kadampa etc...). Et le bouddhisme en général (voir le livre de Fabrice Midal) a à regarder son histoire sans concession, car dans des conflits d’états les bouddhistes n’ont pas toujours été une force de proposition de non-violence, voir on participé largement au conflit dans une optique nationaliste (voir le zen et le Japon lors de la 2nde guerre mondiale)
N’oublions pas que jusqu’au XIX° le Tibet était un pays féodal, théocratique moyenâgeux, avec tout le fonctionnement social qui va avec. C’est l’actuel Dalaï Lama qui s’est ouvert aux idées du modernisme et de la démocratie dès son plus jeune âge.
C’est le Dalaï Lama actuel qui a institué des élections pour séparer pouvoir temporel et pouvoir spirituel, se retirant petit à petit du pouvoir temporel (au grand damn de la plupart des Tibétains)
Ces élections ne sont pas encore le summun de la démocratie (mais dans notre pays qui se targue d’être celui de la démocratie et des droits de l’homme, on voit bien que ce summun n’est pas si simple, voir par exemple l’institution du Sénat, voir une certaine noblesse ou haute bourgeoisie qui a tous les pouvoirs politiques et financiers en France encore.
Dans cet antique système, comme en occident au moyen-âge, les familles (nombreuses) « donnaient » des enfants aux monastères. Et même si adultes ils pouvaient quitter la « robe », bien que beaucoup devaient rester pour la sécurité matérielle qui était apportée, le système monastique prouve encore une fois ses limites et ses dangerosités. D’autant plus que de réunir ensemble tout un tas d’humain du même sexe en excluant l’autre sexe, en ayant des êtres plus faibles (jeunes) ne peuvent que risque de dériver par moment sur des pratiques sexuelles non avouées, mais connues et plus ou moins contraintes. Comme les femmes, les enfants sont toujours les victimes de l’histoire, cela est toujours réel dans un pays très développé comme le notre, alors en temps reculés....
C’est pourquoi pour ma part, si je laisse évidemment à chacun la liberté de prendre des vœux de chasteté pour un temps plus ou moins long, je suis formellement contre créer un système qui impose ces vœux.
Pour ce qui est de l’état sanitaire du Tibet avant l’invasion chinoise il était équivalent à ce qu’il peut être encore actuellement dans des pays sous-développés bien que chaque village avait son amchi (médecin traditionnel tibétain). On aimerait pouvoir mettre en avant notre société moderne et dire qu’elle ne laisserait pas mourir des gens dans la rue de froid et de maladie et qu’elle donnerait des salaires décents qui permettraient à chacun d’avoir des remboursements totaux de ses soins, mais hélas la vérité n’est pas là, et s’en éloigne de plus en plus.
Le système bouddhiste en lui même n’a jamais prôné le maintien et la reproduction des classes et des castes (au contraire de l’hindouisme, c’est d’ailleurs pourquoi au temps du Bouddha et de l’empereur Asoka beaucoup d’hindous intouchables se sont convertis au Bouddhisme, pareil plus tard avec l’islam qui leur offrait la possibilité de sortir de leur caste). Par contre la notion de karma a souvent été vue d’une manière trouble, un peu comme on voit le pêché en occident, c’est à dire sous forme de soumission : c’est mon karma, donc je subis. Alors que le principe serait plus « qu’est ce que je peux faire pour que cela aille mieux pour moi et les autres »
Pour prendre une métaphore : si quelqu'un meurt de froid dans la rue, c’est son karma, moi qui le sait, c’est mon karma de faire ce qu’il faut pour que cela ne se produise pas. La compassion est d’ailleurs un des deux piliers du bouddhisme avec la sagesse.
L’occupation moderne du Tibet par la Chine s’est faite en deux temps (49 & 59) la 1ère a été une mise sous coupe du pouvoir et le peuple le refusant, par un génocide en 59, toujours en cours. Par contre il est vrai que le statut du Tibet a beaucoup changé à travers les âges, et que par moment il dépendait pour certaines parties politiques de la Chine, d’autres de la Mongolie (origine des Dalaï Lamas), d’autres fois il était autonome, pour le côté spirituel il a aussi beaucoup été lié à l’Inde.
Le Dalaï Lama actuel ne demande d’ailleurs pas l’indépendance, mais que le Tibet soit région autonome au sein de la Chine, sachant que cela ne concerne qu’une partie du Tibet, puisqu’une autre partie n’est pas considérée comme tibétaine par les Chinois mais Chinoise et a été intégrée dans d’autres régions chinoises. Il est à signalé que face au peu de succès de la politique de la voie médiane proposée par le Dalaï Lama, des oppositions fortes commencent à monter parmi les Tibétains et entre autre dans le mouvement Rigzen qui tout en restant fidèle au Dalaï Lama, demande politiquement l’indépendance complète du Tibet.
Le Dalaï Lama actuel s’est toujours dit plutôt favorable au marxisme (mais pas au fascisme chinois).
Pour développer et préserver les intérêts commerciaux des USA, comme la CIA a entraîné et fourni les armes aux Talibans et à Al Quaida contre les Russes , elle a aidé les résistants tibétains jusqu’à ce que Nixon aille vendre du Coca Cola en Chine dans les années 70, là ils ont abandonné les résistants Tibétains.
Comme pour l’URSS ou la Chine, face à un système féodal c’est un système fasciste qui s’est mis en place sous prétexte de libération. Mais si le léninisme, le stalinisme, et le maoisme étaient des systèmes de libération de l’humain cela se saurait, hélas, ils ne sont que de nouveaux fascismes qui se bases au départ sur les doctrines Marxistes pour mieux prendre l e pouvoir et toujours asservir les plus pauvres et créer de nouveaux génocides. Marx lui-même n’était pas favorable à l’institution d’un système communiste en Russie, puisqu’il prônait tout un processus dont le communisme ne devait aboutir qu’après l’auto-disparition du libéralisme.
La force des écrits contre le mouvement de résistance tibétain trouve ses racines dans l’illusion véhiculée par les occidentaux sur le Tibet en tant que pays idéal, mais seuls ceux qui n’ont jamais lus de livres sérieux ou qui n’ont jamais été dans l’himalaya rêvent de telles choses et espèrent toujours un bonheur « extérieur » et ils devraient se rappeler que le bouddhisme est justement une voie pour se sortir de l’illusion. Cela a été renforcé par les mythologies comme Shambala ou le Royaume du prêtre Jean.
Pour ce qui est de la femme au Tibet, elle a une place plus importante que dans toute autre culture moyenâgeuse mais néanmoins la femme reste toujours avec les enfants et les civils en général la victime préférentielle de l’homme et du pouvoir en place. Pour cette exploitation de la femme voir encore en France actuellement le nombre de femmes battues en France (plus d’une meure par jour sous la violence ! Dans notre pays démocratique !). Le système tibétain est matriarcal, la propriété se transmet par la femme, il arrivait donc que la femme épouse le frère en cas de décès ou pour éviter l’éparpillement du domaine. Cela a pu aussi créer des excès de mariages forcés la polyandrie étant acceptée pour éviter le partage des propriétés
Pour aller régulièrement dans l’Himalaya, les femmes y jouent toujours un rôle majeur, mais beaucoup plus fort et positif actuellement, ainsi elles organisent des associations de défense des métiers, d’écologie, de droit de l’humain, d’information sexuelle. Pour ce dernier point, on peut voir qu’elles sont beaucoup plus libres et « propriétaires » de leurs corps que les indiennes. Ces dernières restent pour beaucoup toujours soumises et muettes sur le sujet de la sexualité, les Tibétaines sont capables d’en parler beaucoup plus librement.
On peut donc critiquer le système féodal du Tibet qui a disparu avec l’actuel Dalaï Lama qui a créé un gouvernement tibétain en exil démocratique mais CRIER et se REVOLTER contre le génocide mis en place par les Chinois.
Solidarité avec le peuple Tibétain. Soutenez le Dalai Lama
Vous trouverez ICI la page pour signer une pétition urgente engageant le gouvernement chinois à respecter les droits de l'Homme au Tibet et à engager le dialogue avec le Dalai-Lama.
Merci beaucoup pour votre aide! Faites suivre cela à vos amis
ICI une autre pétition adressée à M. Bernard Kouchner - Ministre des affaires étrangères, transmise en copie à M. Lionnel Luca - Président du groupe
Tibet de l'Assemblée nationale et M. Louis de Boissia - Président du
groupe d'information internationale sur le Tibet du Sénat.
Ayez peur ..je m'occupe du reste .
Dit souvent notre esprit égaré
qui voit l'homme dans le sacré
au lieu de voir le sacré dans l'homme.
Et la guerre peut commencer .
Crier c'est dire stop à la peur
Pour que passe la Vie
Comme un fleuve qui coule
unissant en lui les hommes de coeur .
dimanche 16 mars 2008
Une journée du Dalaï Lama

dessin © Gonzo
« Vers neuf heures, nous raconte-t-il, je vais à mon bureau si j'ai des gens à voir. Sinon, je travaille sur les textes. Je me remets en mémoire les écrits que j'ai étudiés dans le passé et j'approfondis les' commentaires des grands maîtres des diverses écoles du bouddhisme tibétain. Je réfléchis aux enseignements et je médite un peu.
Vers quatorze heures, je déjeune.
Puis, jusqu'à dix-sept heures, je m'occupe des affaires courantes. Je rencontre les élus du peuple tibétain, les ministres du gouvernement en exil et autres fonctionnaires et je reçois des visiteurs.
Vers dix-huit heures, je prends le thé. Si j'ai un creux à l'estomac, je demande la permission au Bouddha et croque quelques biscuits (rires...).
Enfin, je récite mes prières du soir, et je m'endors vers neuf heures. C'est le moment le plus agréable de la journée! Je dors tranquillement jusqu'à trois heures et demi le lendemain matin. »
Matthieu Ricard
Journée
Du lever du soleil
Au coucher du soleil.
Ouvrir les yeux
Participer à la vie
En nourrissant la vie
En nous et autour de nous.
Puis comme une fleur
Referme ses pétales
Se recueillir
En remerciant ce jour .
Alors peut venir
le repos du juste .
Lilou
mercredi 12 mars 2008
RAMENEZ VOTRE ESPRIT EN LUI-MEME
"Lorsque j'enseigne la méditation, je commence souvent par dire:
« Ramenez votre esprit en lui-même... relâchez... et détendez-vous. »
- Ramener votre esprit en lui-même signifie ramener l'esprit à l'état appelé: « demeurer paisiblement », grâce à la pratique de l'attention.
Au niveau le plus profond, cela consiste à se tourner vers
l'intérieur et à demeurer dans la nature de l'esprit: C'est la méditation à son
plus haut degré.
- Relâcher veut dire libérer l'esprit de la prison de la saisie dualiste. Vous reconnaissez en effet que toute douleur, toute peur et toute détresse proviennent du désir insatiable de l'esprit qui saisit.
A un niveau plus profond, la réalisation et la confiance qui
résultent de votre compréhension accrue de la nature de l'esprit inspirent en
vous une grande générosité naturelle. Cette générosité permet à votre cœur
d'abandonner toute saisie dualiste, laissant celle-ci se libérer et se
dissoudre dans l'inspiration de la méditation.
- Se détendre signifie devenir plus spacieux et permettre à l'esprit d'abandonner ses tensions.
Sur un plan plus profond, vous vous détendez dans la nature véritable de votre esprit, l'état de Rigpa. C'est comme si vous laissiez tomber une poignée de sable sur une surface plane: chaque grain se dépose de lui-même. D'une façon similaire, vous vous détendez dans votre véritable nature, laissant toutes vos pensées et émotions décroître naturellement et se dissoudre dans l'état de la nature de l'esprit."
Comme si je laissais tomber une poignée de sable
Quand les idées se posent
Cessent de voltiger
Pour simplement retourner
D'où elles sont nées .
Et le vide s'installe
dans l'espace créé
entre moi et mes idées.
pour que la Vie puisse entrer.
Lilou
dimanche 9 mars 2008
Travailler avec les autres
« Par la pratique formelle de la méditation, on acquiert
une perspicacité pouvant s'appliquer à diverses situations de la vie
quotidienne. Il n'est donc pas question de rejeter la vie de tous les jours ou
de la considérer tout bonnement comme quelque chose qui nous distrait de la
pratique « spirituelle ».
Au contraire, en unissant la pratique à la vie ordinaire elle est vue comme ayant de la valeur – comme étant sacrée. »
Tissage
L'apprentit- sage
apprend à tisser .
Comment pourrait on
tisser sans métier ?
Ainsi la vie devient
notre ouvrage
à chaque page .
Quand le quotidien
nous donne
du coeur à l'ouvrage .
Lilou
samedi 1 mars 2008
LE RENARD ROUGE
Alejandro Jodorowsky commence son livre sur les contes par une histoire pour parler de l’amour / haine :
« S'étant faufilé dans l'atelier d'un teinturier, un renard tomba dans une cuve contenant un bain de couleur rouge. Il arriva à se hisser hors de la cuve et à s'échapper dans la forêt mais il emporta avec lui des traces de sa visite: son pelage avait pris une teinte rouge vif.
Sa nouvelle apparence inquiéta et intrigua les autres renards de la forêt. Jouant de cette particularité, celui-ci s'empara facilement du pouvoir. Impressionnés, les autres acceptèrent de le servir et de le vénérer comme un roi. Il coula des jours tranquilles et prospères dans sa nouvelle communauté mais, avec l'hiver, les pluies se multiplièrent et diluèrent peu à peu la teinture. Les autres renards finirent par ; se rendre compte qu'ils s'étaient fait gruger et le chassèrent. »
Mais je crois que c’est un conte qui parle bien aussi de tout le fragile & inauthentique échafaudage égotique que nous construisons pour chercher à entrer en relation avec les autres et prendre le pouvoir sur eux. Il nous faut une bonne pluie pour apurer cette construction, et parfois, après cela fait d’autant mal que la relation semblait forte.
Le samsara (cercle des incarnations) ne peut être brisé que si nous trouvons la vacuité, la nature ultime des phénomènes. Les enseignements nous disent, que trouvant cette issue nous pouvons constater que notre enfermement n’était qu’un mirage, la création de notre esprit perturbé. Le samsara ne serait donc pas une prison extérieure mais une captivité créée par notre propre esprit. Cet internement ne peut finir de lui même, mais en pratiquant la méditation pour évincer notre saisie du soi et toutes nos perturbations mentales.
Moi
Oui, je suis là
derrière mon écran c'est bien moi
mais quel Moi ?
Il y a le moi
qui parle de moi
Celui qui se voit
à travers les autres moi.
Un moi qui sait
qui souffre
et qui suit
et sans cesse dit
regardez moi
je suis le roi.
Et puis il y a celui
qui vit .
C'est un moi qui vibre
et qui ressent
un moi enfant et innocent .
Il est curieux, joyeux
et silencieux
juste posé sur l'instant .
Si je veux bien m'y arrêter
il m'attend .
Lilou
mercredi 27 février 2008
Lâcher prise, ce n'est pas ....
Faut-il toujours lâcher prise ?

Dessin © Delvallé
Lâcher prise, ce n'est pas se montrer indifférent, mais simplement
admettre que l'on ne peut agir à la place de quelqu'un d'autre.
Lâcher-prise, ce n'est pas couper les liens, mais prendre conscience que l'on ne peut contrôler autrui.
Lâcher-prise, ce n'est pas être passif, mais au contraire tirer une leçon des conséquences inhérentes à un événement.
Lâcher-prise, ce n'est pas reconnaître son impuissance, c'est avoir l'assurance que le résultat final est entre d'autres Mains.
Lâcher-prise, c'est ne plus blâmer ou vouloir changer autrui, et donner le meilleur de soi-même.
Lâcher-prise, ce n'est pas prendre soin des autres en faisant preuve d'une totale abnégation, mais se sentir concerné par eux.
Lâcher-prise, c'est ne pas assister, mais encourager.
Lâcher-prise, c'est ne pas juger, et accorder à autrui le droit d'être humain.
Lâcher-prise, c'est ne pas s'occuper de tout ce qui arrive, et laisser les autres gérer leur propre destin.
Lâcher-prise, c'est ne pas materner les autres, et leur permettre d'affronter la réalité.
Lâcher-prise, ce n'est pas rejeter, c'est au contraire accepter.
Lâcher-prise, c'est ne pas harceler, reprocher, sermonner ou gronder,
et tenter de déceler ses propres faiblesses et de s'en défaire.
Lâcher-prise, c'est ne pas vouloir sans cesse adapter les choses à ses
propres désirs, et prendre chaque jour comme il vient et l'apprécier.
Lâcher-prise, c'est ne pas critiquer ou corriger autrui, mais devenir chaque jour plus pleinement ce que l'on est profondément.
Lâcher-prise, c'est ne pas regretter le passé, et vivre et grandir dans le présent pour l'avenir.
Lâcher-prise, c'est craindre moins et aimer davantage.
Allez, j'y vais..
C'est avec ce texte que j'ai posé mes premiers pas ...quelle joie de le retrouver ici magnifiquement illustré . Merci .
Lorsque je cesse de m'accrocher
à ce que je sais,
ce que je possède, ce que je connais ,
à cette sécurité que j'ai construit
et qui ne parle que de mes peurs ..
Je découvre de nouveaux chemins .
Allez, j'y vais quand même..
même si cela ne se fait pas
même si c'est trop dur pour moi
même si je ne comprend pas
Allez j'y vais ..
quand le "si" ne tient pas
face au coeur qui bat
la vie passe où on ne l'attend pas
et enlace celui qui lui tend les bras.
Lilou
samedi 23 février 2008
SAVOIR MANGER LA VIE COMME UNE MANDARINE

"Fidelity" Dessin © Steven Weiss
Pour faire suite au billet « L’heureuse volupté des libidos joyeuses » & parler de cet « éternel retour » qui peut nous permettre de vivre la vie d’une façon voluptueuse pour autant que notre libido soit « joyeuse ». Car à l’inverse cela peut être vécu comme manque. En fonction de l’un ou de l’autre cela pourra nous apporter contentement ou frustrations.
C’est notre capacité à vivre l’instant présent comme entier et exaltant qui nous permet de trouver sens (la vie) dans ce que nous faisons. Etre entièrement dans ce que nous faisons, comme le dit Thich Nhat Hann : « Une mandarine est composée de plusieurs quartiers. Si vous ne savez pas apprécier un seul quartier, vous ne pourrez pas manger une mandarine. En revanche, si vous savez manger un seul de ses quartiers, alors vous pourrez certainement la manger tout entière. »
C’est à dire qu’au lieu de vivre l’instant comme entier, nous pensons que nous arriverons à le vivre entier, si « l’autre » nous comble. Et toute l’histoire amoureuse de l’humain, des grands amours de Roméo & Juliette aux tromperies vaudevillesques, va reposer sur cette méprise : l’autre peut nous compenser ce manque.
Voilà ce qu’en dit Gérard Leleu :
« Dans l'histoire d'une vie, la survenue d'une infidélité du conjoint est, dans le domaine des faits malheureux - au moins pour ceux qui s'investissent beaucoup dans l'amour -, un événement marquant au même titre que l'apparition d'une maladie sérieuse, la perte d'un enfant ou la survenue d'une guerre. De façon générale, l'infidélité est considérée par l'ensemble des humains comme un fait important, voire grave. Elle constitue le thème de la plupart des œuvres littéraires, théâtrales ou cinématographiques.
Pourquoi tant d'histoires? Pourquoi ces drames?
Après tout, qu'y a-t-il de dramatique à apprendre que notre partenaire couche avec une autre personne, voire l'aime? Est-ce pire que de savoir qu'elle lui parle, qu'elle regarde avec elle un cerisier en fleurs, qu'elle dîne avec elle? Oui, pourquoi cette importance? Pourquoi cette souffrance, une souffrance grave et même infinie, d'ordre quasiment existentiel, métaphysique ?
C'est que l'infidélité touche à quelque chose de très sensible et de très profond en chacun de nous: notre rêve d'absolu, qui est d'être aimé exclusivement et éternellement, et réciproquement d'aimer sans partage et sans fin. En un mot: vivre le « grand amour ».
Mais ce rêve lui-même d'où nous vient-il?
Il vient d'un « grand manque» qui taraude l'homme en permanence et le pousse sa vie durant à chercher ce qui pourrait l'en délivrer. Toute destinée humaine peut se résumer à cette interrogation: que faire de ce manque? Le manque, Lacan l'a bien décrit, c'est « cette impression d'insatisfaction teintée d'anxiété que nous ressentons tout au long de notre vie et qui nous pousse à rechercher l'objet miraculeux qui mettra un terme à cet état de manque et à cette quête».
Impression d'incomplétude qui nous habite et nous fait aspirer à on ne sait quelle complétude; comme il est trop angoissant de ne pas savoir, on fait comme si on savait : ce qui manque c'est « l'autre». « Il existe un besoin "en autre"comme il existe un besoin en eau ou en protéines », confirme Jean,.Didier Vincent . C'est le « besoin vital de se relier à un partenaire qui sache recevoir notre amour..., un partenaire qui puisse être le réceptacle de notre désir d'aimer et d'être aimé », précise Jacques Salomé, qui poursuit: « Il y a en chacun une place pour l'être attendu, espéré, rêvé, qui saurait nous comprendre, nous aimer inconditionnellement».
Du manque à l'absolu, il n'y a qu'un pas, d'où cette « croyance quasi-universelle fondée sur l’évidence d'un amour unique, permanent et sans faille »...
« Cette mythologie qui nous fait espérer et rechercher l'homme ou la femme de notre vie est liée à la certitude que nous sommes capables [...] d'accueillir des amours inaltérables, survivantes aux promesses, résistantes aux illusions, à l'usure du temps, etc. , ajoute Salomé. Ce « grand rêve » sans cesse effiloché, toujours retissé, c'est l'espoir fou de combler enfin le manque originel et de retrouver la plénitude.
Reste à savoir ce qui a creusé le manque et engendré cette nostalgie d'une part manquante, nostalgie qui transforme notre vie en une quête inlassable? Pour le comprendre, il nous faut remonter aux origines de notre existence: notre vie dans le ventre maternel et notre enfance. »
Je t'aime , tu m'appartiens
Ainsi nous conjuguons en vain
à tous les temps par tous les lieux
cet amour où nous cherchons le lien
qui nous ferait aimés des Dieux .
Comme un piège sans retour
que nous posons jour après jour
et qui nous enferme à double tour
dans la prison de notre amour .
Il suffirait de presque rien
une parole ou un sourire
pour que l'autre sur ce chemin
devienne une lumière vivre .
Mais pour poser ce petit rien
il me faut faire le chemin
qui me conduit au point
où en moi je m'appartient .
Lilou
lundi 18 février 2008
RECEVOIR LE GOUT DE SAVOURER
« Quand un compagnon me demande: «Mais Dieu, qu'est-ce que cela veut dire?.
Pour dire: « C'est l'amour infini, au-delà de toute mesure, de toute limite.., je prends toujours cet exemple:
«Rappelle-toi, il n'y a pas longtemps, toi et moi, on est rentrés crevés, un soir. On avait froid, on n'avait même pas mangé. On ne rapportait rien à la communauté. Et tu m'as dit: "Père, je suis heureux de ma journée." Parce que nous avions passé tout ce temps à dépanner des petits vieux, à leur aménager un habitat pour qu'ils s'y sentent bien...
Et je lui dis encore:
«N'oublie jamais l'espèce de joie pas comme les autres, cette joie à proprement parler ineffable, indicible, qui chantait dans ton cœur à ce moment ingrat où on avait froid, où on avait faim, et où on avait travaillé pour rien. N'oublie jamais cette intensité de joie incomparable, pour laquelle il n'y a pas de mots. On sait par un simple regard ce que l'on a partagé.
La sagesse c’est sapere, le mot latin « savourer » ; c’est recevoir le goût de savourer. Parce que c’est bon, d’aimer. Je dis à mon compagnon :
« Tu pourrais connaître toute la science des bibliothèques du monde entier sur Dieu, tu aurais des idées de Dieu. Tu n’en aurais aucune connaissance. Car, à ce moment-là, tu as rencontré Dieu. »
Abbé Pierre
Savourer la vie
Quand je suis gourmand
sans être pressé
et me fait curieux
pour devenir gourmet .
J'agis
sans vouloir avancer
et devient l'outil
de ma destinée .
Mon pas
simplement posé
en Amour partagé
a un goût d'éternité .
Lilou
lundi 11 février 2008
L’HEUREUSE VOLUPTÉ DES LIBIDOS JOYEUSES

« Au commencement bruit le liquide amniotique.
Alors mon
petit corps nage en eaux tièdes et bouge avec la lenteur d'une âme animée par
de très légers souffles. La chair tourne dans l'élément aquatique à la manière
lente d'une planète évoluant dans un lointain cosmos, presque immobile, ou à la
façon d'une méduse flaccide dans l'obscurité des fonds sous-marins, quasi
hiératique. Le seul trouble provient d'influx qui tracent dans mes organes le
passage d'énergies vitales. Dans le confinement de cet univers salé, poisson
des origines ou vertu marine incarnée, j'obéis intégralement aux affects,
pulsions, émotions et autres instincts de ma mère.
Son sang, son souffle, son rythme
obligent mon sang, mon rythme, mon souffle. Évidence de La Palice: tous les
corps, masculins et féminins, procèdent de cette immersion primitive dans un
ventre de femme.
Hypothèse: tous les corps, masculins et féminins, aspirent selon le principe de modalités confuses aux retrouvailles avec ces voluptés primitives, quand la vie excelle et que triomphe sans partage la force des puissances vitales.
Pressions de l'intérieur de la chair maternelle contre mon dos, mes reins, ma nuque, mes fesses d'enfant porté et suspendu dans l'eau; mémoires de limbes dans ma fibre informée par la lymphe, les nerfs, les muscles; lumières en camaïeux de rouges, roses, oranges semblables aux feux des éclosions planétaires ou aux brasiers des explosions stellaires; parfums volatile et fragrances infinitésimales, mais inscrits dans la matière placentaire comme ces senteurs maritimes qui abîment heureusement l'air et l'éther des géographies côtières; bruits sourds, graves, répétés, doux, ronronnements épais, constitués de très basses fréquences; sons du dehors et roulements du dedans, clapotis de la physiologie maternelle et rumeur du monde:
je cligne la paupière, vacille avec une extrême lenteur, modifie ma posture - et connais ma première érection. Début d'une longue histoire placée sous le signe de l'éternel retour. »
Ma vie dans la vie
Tout cet espace que j'ai mis
entre moi et la vie
dans ma soif infinie
de comprendre qui je suis .
Tout cet espace mon corps le crie
pour que je renoue à travers lui
à la saveur de ce nid
où s'exprimais ma vie dans la vie .
Lilou
vendredi 8 février 2008
Apprendre à méditer
Apprendre à méditer
Nantes - samedi 9 février 2008
Nous proposons un atelier sur la méditation à Nantes animé par Eric Rommeluère, enseignant zen.
La date et les horaires :
Le samedi 9 février 2008 de 14 heures à 18 heures (sous réserve de modifications).
- 14 h : arrivée
- 14 h 15 - 15 h : Une causerie sur le thème "Qu'est-ce que la méditation zen ?"
- 15 h - 16 h 30 : pratique de la méditation (deux périodes de
méditation assise suivies de deux périodes de méditation marchée)
- 16 h 30 - 16 h 45 : thé
- 16 h 45 - 18 h : discussion, questions-réponses
L'adresse :
Centre
Tchenrezik, un petit lieu méditatif en ville permettant d'accueillir
une douzaine de personnes. Attention donc, le nombre de places est
limité. Le centre se trouve au 18 rue du Pélican 44400 Rezé.
L'enseignant :
Eric Rommeluère a pris les voeux bouddhistes en 1981, pratiquant notamment une dizaine d'années avec le moine japonais Ryôtan Tokuda. En 2001, il a reçu la transmission du maître zen Gudô Wafu Nishijima rôshi.
La participation :
Elle est fixée à 20 euros.
Pour s'inscrire :
Il suffit de se pré-inscrire en ligne [cliquez].
Vous recevrez ensuite par courrier électronique un bulletin
d'inscription au format PDF à nous retourner dûment complété avec votre
réglement par voie postale.
Des questions complémentaires ?
Vous pouvez nous écrire à l'adresse info@zen-occidental.net ou nous téléphoner au 01 40 44 53 94. Vous pouvez également joindre Frédéric Baylot, notre correspondant nantais, soit par courrier électronique frederic.baylot (at) wanadoo.fr soit par téléphone au 06 67 62 93 53.

















