jeudi 26 mars 2009
LES JOURNÉES VIMALAKÎRTI
LES JOURNÉES VIMALAKÎRTI 18 avril et 20 juin 2009 Une initiative soutenue par l’Union Bouddhiste de France
Dans le Sûtra de Vimalakîrti, l’un des textes les plus généreux du bouddhisme du Grand Véhicule, Vimalakîrti, son héros, invite à œuvrer avec intelligence et amour dans le monde. Il témoigne que la voie du Bouddha est une pratique de la responsabilité engagée : le bodhisattva soigne les corps et protège les esprits ; il œuvre à la réconciliation des êtres et dissipe leurs peurs ; il libère les victimes de l’injustice ; il répand la non-violence et protège la Terre.
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Inspirées par l’enseignement de Vimalakîrti, deux journées d’introduction et de réflexion à l’engagement bouddhiste sont proposées à Paris les samedis 18 avril 20 juin 2009 animées par Jean-Paul Ribes et Éric Rommeluère.
Ces journées préfigurent la création d’une organisation de réflexion, d’action et de formation à l’engagement bouddhiste. Toutes les personnes intéressées sont les bienvenues.
L’initiative est soutenue par l’Union Bouddhiste de France, fédération nationale des associations bouddhistes de France (www.bouddhisme-france.org).
L’association Un Zen Occidental (www.zen-occidental.net) offre le support logistique à ces journées.
Il est possible de participer à l’une ou l’autre de ces journées ou les deux.
☛ Les animateurs
Jean-Paul Ribes est président du Comité de Soutien au Peuple Tibétain (www.tibet-info.net/www/Comite-de-Soutien-au-Peuple.html). Ancien journaliste, il est l’auteur de nombreux livres, notamment Karmapa (Fayard, 2000) consacré au maître spirituel tibétain, l’actuel XVIIe Karmapa.
Éric Rommeluère est enseignant dans la tradition du bouddhisme zen (www.zen-occidental.net).
Dernier livre paru, Les bouddhas naissent dans le feu (Le Seuil, 2007). Il écrit actuellement un nouveau livre sur l’engagement bouddhiste pour les Éditions du Seuil.
☛ La journée du 18 avril 2009
La journée comportera deux séances générales sur le sens et les applications pratiques d’un engagement bouddhiste. Les échanges avec tous les participants seront privilégiés.
Horaires et adresse :
De 9 h 30 à 17 h 30 dans une belle salle au 80 rue Philippe de Girard 75018 Paris.
La journée débutera et se terminera par une séance de méditation silencieuse de 20 minutes.
Pour en savoir plus et s’inscrire en ligne : www.zen-occidental.net/journeeavril-vimalakirti.html
☛ La journée du 20 juin 2009
Cette journée sera plus particulièrement consacrée aux thèmes de la réconciliation et de la non-violence. Les échanges avec tous les participants seront privilégiés.
François Marchand, co-président du fond associatif Non-violence XXI qui regroupe les principales organisations non-violentes françaises et François Vaillant, rédacteur en chef de la revue Alternatives Non-Violentes, chargé de projets à l’IFMAN, institut spécialisé dans la formation à la gestion non-violente des conflits, interviendront au cours de cette journée.
Horaires et adresse :
De 9 h 30 à 17 h 30 dans une belle salle au 80 rue Philippe de Girard 75018 Paris.
La journée débutera et se terminera par une séance de méditation silencieuse de 20 minutes.
Pour en savoir plus et s’inscrire en ligne : www.zen-occidental.net/journeejuin-vimalakirti.html
☛ Des questions complémentaires ?
Une adresse électronique info@zen-occidental.net et un téléphone 01 40 44 53 94.
infos sur Buddhachannel.tv
ou Un Zen Occidental
mercredi 11 mars 2009
Zen & chi kung (Qi Gong) le coeur de la pratique
J’ai commencé le chikung (qi gong) il y a plus de 25 ans en lisant des livres !
J’ai ainsi découvert d’abord Mantak Chia, mais après quelques mois de pratiques je ne me sentais pas assez sûr de moi et j’ai petit à petit abandonné. Les exercices que je faisais me paraissaient trop simples par rapport aux explications données, plus tard je verrai que j’étais pourtant sur la bonne voie.
Puis quelques années après m’intéressant beaucoup à l’alimentation je suis tombé sur un livre de Michel Oliver coécrit avec Shigeru Uemura, celui pratiquant d’arts martiaux enseignait de manière simple la posture de l’arbre qui ne m’a plus quittée depuis.
En même temps que cette posture je me livrais aux visualisations enseignées par Mantak Chia.
J’ai ensuite augmenté mes pratiques par des exercices plus en mouvement grâce aux livres de Wan der Heyoten, ce fut là que j’abordais les sons et les souffles liés aux organes.
Puis encore quelques années, il y a juste 20 ans, j’ai rencontré Christian Quentin qui m’enseigna les tao du chi kung statiques de Guo Bing Sen, mais lorsque je lui parlais de mes pratiques de visualisation pendant les postures, il me conseilla de rester sans agir, de laisser passer tout ce qui apparaissait, ce furent mes premières vraies expériences de zen (bien que ce fut plus un ritsu zen qu’un za zen).
Enfin il y a quelques années j’ai pris contact directement avec un enseignant des chi kung de mantak chia pour approfondir cette pratique.
Mon travail quotidien est d’abord d’étirements, puis des six sons, du sourire intérieur, du réchauffement du hara et enfin de techniques pour faire circuler l’énergie interne. Mais in fine, le centre de la pratique est la méditation où on laisse circuler l’énergie seule, voie du silence comme le zen.
On retrouve dans la pratique du bouddhisme tantrique tibétain, des pratiques de préparation à la méditation (appelé Chiné) qui va permettre d’atteindre le calme mental, mais ensuite avec la seconde partie (Lhakthong) on laisse surgir tout ce qui vient, rien n’est à rejeter ou pertubant, nous rentrons dans le Mahamudra ou ce qu’on appelle aussi du nom d’une autre voie dans le bouddhisme : le dzogchen.
Dans tous ces exercices qu’on effectue (et je pense qu’on pourrait sûrement l’élargir à d’autres pratiques que je connais moins, comme l’oraison dans le christianisme) le coeur de la pratique reste le moment de silence, ou le mental n’a plus rien à faire qu’à laisser faire, le fameux « lâcher prise », rien ne surgit de perturbant, tout est, la pratique assise silencieuse, ZAZEN.
lundi 12 janvier 2009
Une bouffée de non sens
En tant que sérieux pratiquant du bouddhisme, nous devons être capable
d’établir un rapport entre les enseignements traditionnels et notre
propre expérience personnelle. Nous devons comprendre comment le Dharma
se rapporte à notre propre vie, comment il s’applique au monde dans
lequel nous vivons, et comment interpréter les textes anciens afin
qu’ils soient d’un intérêt pratique et immédiat pour la situation dans
laquelle nous nous trouvons.
Mais à un autre niveau nous ne devons pas
nous inquiéter trop de ce qui se rapporte à « moi », de ce qui
« m’ » intéresse, de ce qui est applicable à « ma » situation en
Occident. C’est très bien d’attendre du bouddhisme qu’il soit
significatif là où nous sommes, ici et maintenant — mais où est ici, et
quand est maintenant ?
Notre existence conditionnée est-elle tout ce
que nous sommes ? En fin de compte il y a aussi besoin d’un élément du
Dharma qui ne soit pas du tout applicable à notre développement
spirituel. Quand il s’agit de transcender l’existence conditionnée, la
dernière chose dont nous avons besoin est quelque chose d’utile.
En fait, pour transcender des conditions, il y a besoin de quelque chose d’entièrement sans rapport, et ce qui était dénué de sens devient alors la chose la plus utile de toutes.
Transmis par Minimifa
lire l'article en entier ici
mardi 6 janvier 2009
Pratique du Bouddha Médecin

Sangye Menla - Bouddha Médecin-
Dans notre groupe, nous pratiquons pour ceux qui le souhaitent, à la pleine lune, la pratique tantrique tibétaine du Bouddha Médecin (Sangye Menla) pour avoir des pensées pour toutes les souffrances des êtres vivants.
Suivant les dogmes tibétains il faut avoir reçu l'initiation" pour pouvoir mettre en oeuvre cette pratique, mais Tulku Thondup donne les principes de cette pratique accessibles à tous. Ainsi il est possible de participer à ce rituel même sans avoir reçu l'initiation.(Ceci dit en tapant "initiation sangye menla" dans Google on obtient les dates et lieux où seront dispensée cette cérémonie en 2009, sûrement qu'il y en pas loin de chez vous).
Pour le bouddhisme l'attachement au "moi" est la source de toutes les perturbations émotionnelles et mentales qui entraînent elles-mêmes les maux physiques. Mais l'esprit possède le pouvoir de guérir la douleur & d'engendrer la joie. Pour cela il faut développer une manière de vivre saine, une attitude positive.
Les émotions ne sont ni bonnes ni mauvaises, mais l'expression de besoins non satisfaits dont nous devons être à l'écoute. Nous savons, en tant qu'adultes, que tous nos besoins ne pourront pas être satisfaits, en restant à leur écoute nous devons apprendre à voir quels sont nos besoins fondamentaux et ceux qui sont issus de l'avidité de notre mental.
Sangye Menla est une source de pouvoir pour celui qui en a reçu l'initiation et qui en fait la pratique régulièrement.La source de pouvoir est un moyen habile, pour reprendre la terminologie tibétaine bouddhiste, pour éveiller notre énergie en vue de la guérison.
Mais on peut aussi utiliser l'image, la présence d'un être spirituel (Bouddha, Jésus, Marie,...), d'une déité ( Sangye Menla, Déesse Mère...), d'un maître, d'un archétype (comme l'amour), d'un élément naturel (le soleil, la lumière la chaleur...), toute énergie en qui nous avons toute confiance et qui peut nous inspirer.
Cette source de pouvoir doit être quelque chose d'important pour nous, mais on peut aussi renforcer cette importance en y pensant quotidiennement, en en faisant le point de focalisation de notre méditation quotidienne.
Quand on parle de la visualiser , on veut surtout dire la ressentir comme présente face à nous, en nous.
Assis tranquillement, les yeux mi-clos, dans un endroit confortable on laisse son corps respirer tranquillement.
De cette source de pouvoir, située au dessus de notre tête, émane une lumière chaude et bienfaisante qui s'écoule sur nous et nous apporte des bienfaits surtout là où nous souffrons, transformant ces afflictions en lumière et en paix.
Nous pouvons aussi éventuellement imaginer cette lumière flamboyante qui sort de notre main et poser la main sur la zone mal en point.
Si nous avons de la tristesse, des angoisses, nous pouvons les visualiser sous forme de nuages noirs, qui sont chassés par la lumière, toutes nos perturbations s'écoulent de nous vers la terre, nous en libérant, comme le gaz carbonique est transformé par la photosynthèse dans la nature.
Cette lumière nous entoure et nous protège. Notre corps devient lui même lumineux ou peut même emprunter l'image de cette source de pouvoir.
La lumière irradie de notre corps et s'élargit pour apporter l'apaisement à nos proches qui souffrent & que l'on peut visualiser face à nous.
Pour ceux qui ont une pratique régulière de la méditation (et qui ont dajà abordé
les deux faces de la méditation tels que les voient les Tibétains : le
calme mental et la vision pénétrante, cette dernière permettant de
percevoir la véritable nature des choses, alors tout est parfait comme
il est) peuvent voir cette aura lumineuse s'élargir pour intégrer symboliquement tout l'univers et tous les êtres qui souffrent.
Je ne sais pas dire si une telle pratique est efficace sur les personnes que l'on visualise, il n'y a pas d'études scientifiques là dessus. Mais ce que je peux dire, c'est que si une personne précise sait que vous pensez à elle, elle pourra imaginer être en contact avec cette énergie déployée et en fait libérer sa propre énergie de guérison.
Par ailleurs c'est une pratique qui est surtout importante pour celui qui la fait, car il intègre ainsi le fait de pratiquer quotidiennement pour le bonheur de tous les êtres.
Ainsi dans le quotidien on peut conscientiser qu'on irradie cette même chaleur aussi bien lorsqu'on est seul assis ou qu'on marche dans la rue, que lorsqu'on écoute quelqu'un, qu'on lui parle, qu'on lui sert la main, qu'on le regarde. A chaque fois qu'on allume une lumière, une bougie, qu'on voit le soleil on pense que cette lumière se répand partout dans les ténèbres et y apporte le pouvoir de guérison.
Ces méditations ne permettent peut être pas de mofifier les situations,
mais a par contre le pouvoir de transformer notre regard et notre
attitude envers elles et de nous rendre plus paisibles et plus heureux.
C'est pourquoi cette méditation, comme toute méditation doit être pratiquée régulièrement & d'autant plus que
l'on se sent bien pour pouvoir l'aborder plus facilement lorsque nous serons en difficulté.
La méditation est un oasis de paix qui irrigue toute notre vie.
Ainsi nous prenons conscience que la paix et la perfection sont déjà en
nous, qu'il n'est pas nécessaire de les chercher ailleurs. Par ailleurs
nous ne rejetons pas les problèmes mais les prenons comme des moyens de
réaliser notre vraie nature. Tout est impermanent, rien ne dure. Certes ni les
petites joies de la vie quotidienne, mais ni non plus les soucis.
Lors de cette pratique de pleine lune, nous avons une grille constituée de cristaux qui est activée par un dordje en cristal lors de la récitation du mantra de Sangye Menla
Nous y déponsons les noms des personnes en souffrance que nous connaissons ainsi que symboliquement tous les êtres, pour leur dédier cette pratique. Si vous avez des dédicaces particulières pour des personnes qui souffrent vous pouvez prendre contact avec nous par mail.
J'aurais l'occasion dans un futur billet de revenir sur cette pratique pour donner plus de détail sur les visualisations possibles.
samedi 15 novembre 2008
BOUDDHISME : NON-SOI
La difficulté de vivre de notre société vient principalement d'un paradoxe : nous sommes passés d'une société où l'appartenance au groupe était la règle à une société ou l'individu devient le centre de tout. Mais parallèlement la notion d'interdépendance (donc dépendance aux autres et aux groupes) est devenue évidente par la mondialisation et le développement des moyens de communication.
L'individu n'est plus enfermé dans un groupe (classe sociale, caste, profession) mais doit dépenser beaucoup d'énergie pour pouvoir accéder à des groupes (sélection) ou pour y rester (éviter d'être déclassé). En même temps, par cette interdépendance globale, il se retrouve à l'intersection obligée de nombreux ensembles et du coup subit des tas de contraintes différentes, voir paradoxales. Les grandes philosophies manichéennes (bien / mal) y ont, soit perdu de leur influence, car non adaptée à cette fluidité de statut, ou au contraire ont renforcé leurs dogmes, en devenant un semblant d'îlot traditionnel protégé mais lui aussi porteur de paradoxes, puisqu'il ne peut échapper à cette interdépendance.
Pour moi le bouddhisme (m')apporte des éléments sur lesquels je peux baser mon expérience de vie dans ce contexte. Ses principes sont basés sur une logique rigoureuse (que je ne développerai pas ici, car ce serait trop long) qui est en même temps conceptuelle et pragmatique, (m')apportant justement une profonde aide sur la capacité de vivre dans le paradoxe dont je parle ci-dessus.
(cliquer pour agrandir)
© Tsai Chih Chung
Un des principaux points du bouddhisme est en effet le "vide" ou la "vacuité". Ce terme a beaucoup prêté à confusion quand il est arrivé en Europe principalement par le retour des premiers missionnaires partis courageusement en Chine ou au Japon, et a fait du bouddhisme une "religion" nihiliste. Mais il faut le comprendre plus dans le sens du leitmotiv de l'Ecclesiaste : "Vanité des vanités, tout est vanité", tout est étymologiquement "vain", vide, sans réalité (l'hébreu parle de "hével" : la buée).
(dessin déjà paru sur ce blog)
On va parler dans le bouddhisme ainsi de "non-soi", là encore cette expression fut vue au début, en occident, comme une vision nihiliste de l'humain. Mais c'est en fait une conception assez révolutionnaire pour l'époque (et toujours) qui veut dire qu'aucune réalité ne renferme en elle-même une existence indépendante et complète. Tout est impermanent et interdépendant. Les choses se transformant tout le temps on ne peut jamais leur trouver une identité intrinsèque permanente.
Ainsi dans chaque objet le bouddhisme voit toutes les relations qui lui ont permis de venir sous cette forme jusqu'à nous et qui font que par la loi d'entropie déjà il change. C'est une vision holistique puisqu'en chaque situation, objet, être on voit la totalité des choses qui la composent et lui ont permis d'être, ici.
D'un autre côté, la possibilité de voir individuellement la réalité sous cette forme systémique permet de résoudre le paradoxe dont je parlais au début : nous sommes des individus ramenés à nous-mêmes (Le Bouddha disait "soyez des îles à vous-mêmes), ensembles. Nous sommes solitaires et solidaires à la fois.
En même temps puisque les choses ne reflètent pas la réalité, les concepts sont obligatoirement limités et limitants, le bouddhisme, et principalement le zen, nous oblige à avoir une vision, une vie pragmatique, non pas centrée sur des théories spéculatives mais sur l'expérience directe. La possibilité d'éprouver la réalité d'une manière immédiate non conceptuelle est offerte par la méditation en action : l'expérience ("Quand tu manges, mange ! Quand tu marches, marche !).
On cherche ainsi à être libre, ouvert dans l'instant, authentique (étymologiquement celui qui est responsable, celui qui fait autorité).
jeudi 6 novembre 2008
BOUDDHISME : NON-AGIR
Le bouddhisme est né en Inde du Nord (près de la frontière Népalaise) il y a 2500 ans, à la même époque d'autres grands penseurs spirituels sont apparus comme Zarathustra, Confucius, Pythagore.
L'inde d'alors était une ancienne civilisation qui a été envahie en +/- 1500 avant JC par les Indos-Européens , guerriers nomades venus par l'Afghanistan et dont la culture reposait sur trois classes qu'on retrouvera dans la culture indienne : la classe des prêtres, des guerriers et du peuple.
Bien qu'appartenant à l'aristocratique classe des guerriers, Siddharta le Bouddha, profondément novateur viendra justement semer une révolution parmi ce système, cassant les classes. Il alla plus loin puisqu'il ne reconnaissait pas non plus les bases dogmatiques des Védas, cette religion amenée par ce peuple indo-européen. Il refuse de reconnaître l'Atman, l'âme, Brahman, le concept de Soi Suprême & combattit le régime des castes
C'est d'ailleurs cette opposition à cette culture qui fit que le bouddhisme après son apogée sous l'empereur Ashoka (de +/- 300 à 200 avant Jésus-Christ) disparut bien vite. La dernière grande université bouddhique (Nalanda) qui va décliner à compter du IX° siècle va disparaître au XII°siècle suite à l'invasion musulmane, ayant essaimé au Tibet & chine entre autres (des étudiants venaient de Birmanie, Indonésie).
On peut dire que le règne d'Ashoka représente ce qui est de plus élevé dans la mise en pratique du bouddhisme et de la non-violence (Ahimsa) dans la contduite d'une nation. Il propagea les valeurs du bouddhisme (non-violence, compassion, végétarisme, soins aux plus démunis).
Bien qu'il n'ait jamais mené de guerre de religion en cherchant à convertire les peuples par la force (le Dalaï Lama actuel dit encore qu'il faut garder sa religion si elle nous convient), le bouddhisme n'a ensuite pas toujours été du côté des plus faibles. Dans la société théocratique moyenâgeuse du Tibet jusqu'au début du XX° siècle les moines ont été au service pour beaucoup, d'une exploitation du peuple. Le précédent Dalaï Lama (le XIII° : Thubten Gyatso - 1876/1933) avait déjà cherché à moderniser son pays en redonnant les terres au peuple, mais l'aristocratie s'y était opposée pour garder ses privilèges. Le Dalaï Lama actuel (Tenzin Gyatso - 1935/) n'a pas eu le temps de continuer l'oeuvre de son prédécesseur avec l'invasion des Chinois qui "libérèrent" le peuple de la manière violente que l'on connaît.
Mais au delà de la recherche de la libération de la souffrance d'un point de vue sociétal le bouddhisme est une voie paradoxale qui amène une révolution dans l'ordinaire du quotidien, non en bouleversant le quotidien mais en le vivant pleinement.
C'est pourquoi cette BD cherche à nous montrer qu'il faut s'ouvrir à une autre expérience pour y goûter.
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© Tsai Chih Chung
Dans le bouddhisme il y a trois voies d'apprentissage entremêlées que l'on appelle sîla, samâdhi & prajña : la discipline, la méditation & la sagesse.
La discipline c'est celle de rester conscient, présent.
La pratique de la méditation ne cherche pas à séparer le spirituel du quotidien mais au contraire à l'unir (le mot sanscrit Yoga est un mot issu de la langue indo-européenne qui veut dire UNIR , de ce mot est issu notre mot "joug", ce qui unit les boeufs). Nous vivons clivés entre le passé, nos racines, et le futur, qui est important pour prévoir notre vie, entre notre vie intérieure et le monde qui peut être plus ou moins agressif et dont il faut se défendre. La méditation va permettre une nouvelle qualité de relation au monde, une ouverture au moment présent. C'est une pratique où on ne cherche pas à se détacher de ce qui existe, dont nos illusions, mais au contraire à y être totalement présent.
La sagesse n'est pas une démarche intellectuelle mais un déroulement physico-spirituel qui passe par tout l'être du corps à l'esprit sans barrière, sans séparation qui permet de donner aux choses leurs justes valeurs.
Fort de ces trois portes d'accès, l'action est au coeur de la pratique, de la vie, c'est la vie. D'une manière existentialiste nous pouvons dire dans le bouddhisme que nous sommes ce que nous faisons. La sagesse est cette qualité dans la façon d'aborder le monde d'une manière concrète en tenant compte de l'interdépendance et de l'impermanence.
Tout cela est très paradoxal, puisqu'il est question d'abandon et d'action en même temps, en chinois on parle de Wu-Weï : non-agir, agir sans attachement au résultat.
(dessin déjà passé sur ce blog - cliquer pour agrandir)
vendredi 31 octobre 2008
Question sans réponse
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Toutes les BD de Zem sont regroupées sur son blog personnel
(avec traduction en Chinois par Hsin Ying de Buddhachannel.tv pour certaines)
merci et pardon à tous les maîtres et enseignants
dont j’ai abusivement usé & déformé les propos pour ces BD
mardi 28 octobre 2008
BOUDDHISME : Que croire ?
En général on définit une religion comme le phénomène de reconnaissance par l'humain d'un pouvoir, d'un principe ou d'un être supérieur de qui dépend sa destinée par sa création à l'origine ou par son implication dans le quotidien. Cette croyance implique pour l'humain à un respect, une obéissance, voir une soumission. Tout cela variant de niveau suivant les religions.
Le bouddhisme lui rejette l'idée d'un Absolu immuable & éternel et nie l'existence de la moindre entité indépendante et impérissable tel que l'âme ou le soi.
Le Bouddha n'était pas un dieu, mais un être humain comme nous tous et souffrait donc comme nous tous, bien que ses parents, des souverains qui appartenaient à une riche caste aient tout fait au début pour l'empêcher de connaître la souffrance.
Cette nouvelle BD de Tsai Chich Chung commence par démonter la croyance en une personnalité intemporelle et éternelle qu'on l'appelle ego, moi, soi ou âme.
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© Tsai Chih Chung
Bien que particulièrement nihiliste, ce que n'est pas le bouddhisme, Cioran, influencé par Schopenhauer et Nietzsche définit bien ce que nous sommes : "Nous ne sommes que des composés, ces composés se dissolvent, ils n'ont pas de réalité en soi."
Quoique fondamental dans le bouddhisme, c'est quelque chose qu'il est difficile à comprendre tant nous sommes "saisis" par cet notion de "moi", mais il n'est pas nécessaire de l'avoir compris pour entamer la démarche proposée.
L'enseignement de Bouddha, très pragmatique, est centré sur la condition humaine et principalement sur sa souffrance. Il pourrait se résumer en la souffrance & sa transformation en paix et en joie, ce qu'il appelle la Libération. Ce qui est intéressant c'est que son réalisme l'entraîne à dire "n'attendez pas à ne plus souffrir pour vous autoriser à être heureux." Sans ignorer cette souffrance (ce qui serait du refoulement) il enjoint à apprécier les merveilles de la vie pour soi-même et pour le bien de tous.
La "médication" de cette "thérapie" est la méditation (qui a la même origine étymologique), c'est à dire accepter de dépasser ce à quoi on s'accroche pour se lancer dans l'inconnu. On ne peut parler en mots précis de ce qui se passe en méditation (j'aime bien la phrase de St Augustin "verbis igitur nisi verba non discimus" : Par les mots nous n'apprenons que des mots.). C'est en fait une pratique physico-spirituelle où on accepte de lâcher prise vis à vis de nos connaissances habituelles pour être bouleversé, pour sortir de nos fonctionnements habituels. Même s'il est plus facile de parler que de se poser, s'asseoir, se taire & regarder comme je le disais dans ce dessin déjà passé sur le blog :
(cliquer pour agrandir)
voir aussi article ici
mercredi 22 octobre 2008
bouddhisme : Qu'est ce que le zen ?
(cliquer pour agrandir)
Quelques personnes m'ont demandé de parler de mon vécu du bouddhisme, c'est ce que je ferai durant qqs billets épisodiques.
J'ai commencé à pratiquer la méditation dans les années 80 mais la méditation bouddhiste seulement en 1992, pour finalement m'engager plus profondément dans la pratique, on dit prendre refuge, j'aurais l'occasion d'y revenir, en 1996. Ma pratique était à cette époque liée au bouddhisme Tibétain (bouddhismeVajrayana, là aussi je donnerai qqs définitions) mais maintenant elle est centrée sur ce qu'on appelle la méditation silencieuse, la méditation assise : le zazen.
Pour suivre le questionnement de l'excellente BD de Tsai Chih Chung, on peut commencer en se posant la question : qu'est ce que le zen ? Qu'est ce que le bouddhisme ?
En fait pour répondre à cette question, on peut étudier le bouddhisme dans les livres, il y a l'Université Bouddhique Européenne qui dispense des cours, mais pour moi, c'est surtout, profondément une voie de la vie.
Nous avons tous des questions existentielles, des histoires compliquées dont nous aimerions bien trouver les "pourquoi du comment". Le zen nous invite à "entrer" en nous, en pratique, il nous dit "Allons y" tout est là, il faut faire face.
Donc une approche intellectuelle est possible, mais c'est essentiellement une approche pragmatique concrète qui recherche par une pratique physico-spirituelle la véritable connaissance celle qui sert dans la vie quotidienne.
Ce n'est donc pas une pratique magique dont on pourrait attendre des miracles, mais une philosophie ordinaire pour le quotidien. Suzuki, un enseignant zen qui vécut aux USA, disait : « Je pratique l'art de vivre : ma vie est mon oeuvre d'art » .
Pour aller dans le sens de la BD de Tsai Chih Chung, je dirais qu'on appelle parfois le zen aussi la voie de la pleine conscience.
Un des derniers enseignements du Bouddha avant sa mort était celui ci : "quand tu marches, marches ! quand tu manges, manges !" C'est pourquoi on parle d'Eveil dans le bouddhisme, on pourrait parler de rEveil, nous sommes souvent "endormis" dans notre vie, il est temps de nous réveiller.
Kabir, un grand maître indien disait : « Tu dors depuis combien d'années, pourquoi ne pas te réveiller ce matin ? »
Pour ajouter un peu d'humour, un maître zen contemporain enseignait à ses disciples cette dernière maxime du Bouddha et un matin quand ils rentrent dans la cuisine ils voient à leur grande surprise, leur maître en train de manger son petit déjeuner tout en lisant son journal. Alors celui ci leur répond du tac au tac : "Quand vous mangez et lisez, mangez et lisez !" ;)
Pour terminer, c'était aussi le sens de ce dessin que j'ai déjà passé sur ce blog :
(cliquer pour agrandir)












