samedi 28 mars 2009
Chimères
Chimères tomes 1 2 & 3. Une BD de de Béhé & Mosdi

L'histoire d'un psychotique qui sort d'un internement de longue durée depuis son enfance mais qui reste traumatisé, surtout par les femmes.
Mais histoire surtout de son esprit, de l'esprit humain et des chimères qui y logent.

Avec une part de science fiction le récit nous entraîne dans des réalités parallèles qui en fait vivent parmi nous ou en nous. Imaginaires qui nous permettent de fuir la réalité quand celle ci devient trop douloureuse mais qui finalement nous emprisonnent.

Mais ici les fantasmes deviennent bien réels à moins que la vision de la réalité ne soit reconstruite en fonction des fantasmes ?

La mythologie grecque est source de la recomposition de ces fantasmes tout en faisant partie de la construction de la propre histoire "réelle" du héros.

Le dessin de Béhé est vraiment au service de l'histoire renforçant les émotions et la sensualité du récit.

Le déroulement de ce récit qui revient plusieurs fois sur les mêmes épisodes mais avec des niveaux de conscience différents, on passe du rêve à la réalité, de la mythologie à l'époque contemporaine, tout cela implique de lire les trois tomes à la suite pour ne pas perdre le fil de la lecture, mais cela se lit très rapidement, tellement on est saisi par son histoire.

On en sort en se posant la question, quelle chimère doit on rencontrer
et tuer pour prendre le risque de retrouver ses souvenirs ?
Commentaires
réelle fantasmagorie
"les fantasmes deviennent bien réels à moins que la vision de la réalité ne soit reconstruite en fonction des fantasmes "
mais n’est-ce pas toujours le cas ? Notre réalité n’est elle pas le fruit des projections de nos "fantômes" ?
PS ce dessinateur a bp de talent, j'aime bien la dernière planche que tu présentes
Tant qu'à avoir des chimères (et qui n'en a pas cf Ambre)) autant qu'elles soient aussi belles que celles dessinées ici ! ;o)
Les souvenirs ne sont-ils pas le plus souvent sélectifs et recomposés ? Qu'avons-nous absorbé d'un évènement, différent pour chacun des témoins ou acteurs ? Et comment nous en servons-nous aujourd'hui pour (impulsion de survie) fortifier notre égocentrisme ?
D'un point de vue pratique, je pencherais pour l'option qui consisterait à le prendre tel qu'il est aujourd'hui pour m'y confronter aujourd'hui, ou même pour celle qui consisterait à identifier, devant un évènement nouveau, la tendance héritée des vécus précédents qui me ferait aborder cet évènement nouveau avec mes vieux réflexes/critères/fantômes et autres chimères. Dans l'idéal ! plus facile à programmer qu'à réaliser...
Au fond, ne serions-nous pas prisonnier jusqu'à ce que nous prenions conscience petit à petit de ce qui se passe en nous à chaque instant?....
Peut-on dire que la prise de conscience libère?...




