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Lung Ta Zen
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Lung Ta Zen
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11 février 2008

L’HEUREUSE VOLUPTÉ DES LIBIDOS JOYEUSES

volupte

« Au commencement bruit le liquide amniotique.
Alors mon petit corps nage en eaux tièdes et bouge avec la lenteur d'une âme animée par de très légers souffles. La chair tourne dans l'élément aquatique à la manière lente d'une planète évoluant dans un lointain cosmos, presque immobile, ou à la façon d'une méduse flaccide dans l'obscurité des fonds sous-marins, quasi hiératique. Le seul trouble provient d'influx qui tracent dans mes organes le passage d'énergies vitales. Dans le confinement de cet univers salé, poisson des origines ou vertu marine incarnée, j'obéis intégralement aux affects, pulsions, émotions et autres instincts de ma mère.
Son sang, son souffle, son rythme obligent mon sang, mon rythme, mon souffle. Évidence de La Palice: tous les corps, masculins et féminins, procèdent de cette immersion primitive dans un ventre de femme.

 

Hypothèse: tous les corps, masculins et féminins, aspirent selon le principe de modalités confuses aux retrouvailles avec ces voluptés primitives, quand la vie excelle et que triomphe sans partage la force des puissances vitales.

 

Pressions de l'intérieur de la chair maternelle contre mon dos, mes reins, ma nuque, mes fesses d'enfant porté et suspendu dans l'eau; mémoires de limbes dans ma fibre informée par la lymphe, les nerfs, les muscles; lumières en camaïeux de rouges, roses, oranges semblables aux feux des éclosions planétaires ou aux brasiers des explosions stellaires; parfums volatile et fragrances infinitésimales, mais inscrits dans la matière placentaire comme ces senteurs maritimes qui abîment heureusement l'air et l'éther des géographies côtières; bruits sourds, graves, répétés, doux, ronronnements épais, constitués de très basses fréquences; sons du dehors et roulements du dedans, clapotis de la physiologie maternelle et rumeur du monde:

 

je cligne la paupière, vacille avec une extrême lenteur, modifie ma posture - et connais ma première érection. Début d'une longue histoire placée sous le signe de l'éternel retour. »

 

Michel Onfray




Ma vie dans la vie

Tout cet espace que j'ai mis
entre moi et la vie
dans ma soif infinie
de comprendre qui je suis .

Tout cet espace mon corps le crie
pour que je renoue à travers lui
à la saveur de ce nid
où s'exprimais ma vie dans la vie .

Lilou

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Commentaires
B
le problème est que ...la gravité étant ce qu'elle est, sans "vigilance" et à force d'herrance on ne peut plus se soulever!<br /> <br /> Merci pour ce rappel de ..conscience, tellement vrai!
L
Je trouve la sensualité spirituelle dans tous les textes d'Onfray, même qd il parle d'Athéologie<br /> L'humain est fait d'esprit, je ne crois pas qu'il le nie, ce contre quoi sa vie s'élève c'est contre la religiosité, le refus du corps, du matériel<br /> <br /> L'Abbé Pierre disait qu'il était impatient de "mourir" pour rencontrer Dieu (il le disait en d'autres termes)<br /> Je ne suis pas pressé, ni de savoir ce que j'étais avant (le saurais je ?) ne ce que je serai après (serais "quelque chose" ?)<br /> <br /> apprendre à vivre cet instant, qui est le seul, fugitif et fragile que je vis, me suffit déjà comme programme ;-)<br /> <br /> bises
L
Ne pas refaire le chemin à l'envers (est ce possible ? Ne serait ce pas un leurre ?)<br /> Mais prendre conscience de cet appel à cet "éternel retour" pour éviter de tomber ds le leurre<br /> <br /> chaleureusement
L
Iconoclaste, certes ! Souleveur de débats tumulteux ? C'en est la suite logique.<br /> Et c'est pour tout cela que je l'apprécie (entre autres)<br /> <br /> Maintenant qt à lire les mots en oubliant l'auteur, c'est possible et même souhaitable qd je lis du Céline par exemple, pour Onfray, c'est plus difficile pour moi, puisque lui même dit que l'oeuvre d'un philosophe doit reposer sur sa vie, et il la cite à chaque fois d'une manière adequate en exergue de chacun de ses livres.<br /> <br /> Ce que je souhaite partager ? :<br /> Cet "éternel retour" qui nous guide tout au long de notre vie.<br /> Le Paradis n'est peut être pas devant nous, mais derrière nous ;-)<br /> Cette expérience du corps mêlé d'esprit que nous cherchons à reproduire ou retrouver.<br /> <br /> bises
A
Vraiment curieux ce texte de Michel Onfray qui reflète une sensualité spirituelle que je ne lui connaissais pas. Moi j'aimerais connaître ce que j'étais avant même d'habiter le ventre de ma mère. Je crois que seule la mort me l'apprendra. Je t'embrasse.
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