Lung Ta Zen

« Pour aimer il faut être libre, pour être libre il ne faut pas avoir peur » Zen, bouddhisme libertaire, méditation, tantrisme, action non-violente, thérapie, pyschologie, Bandes dessinées zen, bien être

mercredi 11 mars 2009

Zen & chi kung (Qi Gong) le coeur de la pratique

qigongmaster

J’ai commencé le chikung (qi gong) il y a plus de 25 ans en lisant des livres !

J’ai ainsi découvert d’abord Mantak Chia, mais après quelques mois de pratiques je ne me sentais pas assez sûr de moi et j’ai petit à petit abandonné. Les exercices que je faisais me paraissaient trop simples par rapport aux explications données, plus tard je verrai que j’étais pourtant sur la bonne voie.

Puis quelques années après m’intéressant beaucoup à l’alimentation je suis tombé sur un livre de Michel Oliver coécrit avec Shigeru Uemura, celui pratiquant d’arts martiaux enseignait de manière simple la posture de l’arbre qui ne m’a plus quittée depuis.
En même temps que cette posture je me livrais aux visualisations enseignées par Mantak Chia.

J’ai ensuite augmenté mes pratiques par des exercices plus en mouvement grâce aux livres de Wan der Heyoten, ce fut là que j’abordais les sons et les souffles liés aux organes.

Puis encore quelques années, il y a juste 20 ans, j’ai rencontré Christian Quentin qui m’enseigna les tao du chi kung statiques de Guo Bing Sen, mais lorsque je lui parlais de mes pratiques de visualisation pendant les postures, il me conseilla de rester sans agir, de laisser passer tout ce qui apparaissait, ce furent mes premières vraies expériences de zen (bien que ce fut plus un ritsu zen qu’un za zen).

Enfin il y a quelques années j’ai pris contact directement avec un enseignant des chi kung de mantak chia pour approfondir cette pratique.
Mon travail quotidien est d’abord d’étirements, puis des six sons, du sourire intérieur, du réchauffement du hara et enfin de techniques pour faire circuler l’énergie interne. Mais in fine, le centre de la pratique est la méditation où on laisse circuler l’énergie seule, voie du silence comme le zen.

On retrouve dans la pratique du bouddhisme tantrique tibétain, des pratiques de préparation à la méditation (appelé Chiné) qui va permettre d’atteindre le calme mental, mais ensuite avec la seconde partie (Lhakthong) on laisse surgir tout ce qui vient, rien n’est à rejeter ou pertubant, nous rentrons dans le Mahamudra ou ce qu’on appelle aussi du nom d’une autre voie dans le bouddhisme : le dzogchen.

Dans tous ces exercices qu’on effectue (et je pense qu’on pourrait sûrement l’élargir à d’autres pratiques que je connais moins, comme l’oraison dans le christianisme) le coeur de la pratique reste le moment de silence, ou le mental n’a plus rien à faire qu’à laisser faire, le fameux « lâcher prise », rien ne surgit de perturbant, tout est, la pratique assise silencieuse, ZAZEN.

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mardi 6 janvier 2009

Pratique du Bouddha Médecin

sangye_menla

Sangye Menla - Bouddha Médecin-


Dans notre groupe, nous pratiquons pour ceux qui le souhaitent, à la pleine lune, la pratique tantrique tibétaine du Bouddha Médecin (Sangye Menla) pour avoir des pensées pour toutes les souffrances des êtres vivants.
Suivant les dogmes tibétains il faut avoir reçu l'initiation" pour pouvoir mettre en oeuvre cette pratique, mais Tulku Thondup  donne les principes de cette pratique accessibles à tous. Ainsi il est possible de participer à ce rituel même sans avoir reçu l'initiation.(Ceci dit en tapant "initiation sangye menla" dans Google on obtient les dates et lieux où seront dispensée cette cérémonie en 2009, sûrement qu'il y en pas loin de chez vous).

Pour le bouddhisme l'attachement au "moi" est la source de toutes les perturbations émotionnelles et mentales qui entraînent elles-mêmes les maux physiques. Mais l'esprit possède le pouvoir de guérir la douleur & d'engendrer la joie. Pour cela il faut développer une manière de vivre saine, une attitude positive.

Les émotions ne sont ni bonnes ni mauvaises, mais l'expression de besoins non satisfaits dont nous devons être à l'écoute. Nous savons, en tant qu'adultes, que tous nos besoins ne pourront pas être satisfaits, en restant à leur écoute nous devons apprendre à voir quels sont nos besoins fondamentaux et ceux qui sont issus de l'avidité de notre mental.

Sangye Menla est une source de pouvoir pour celui qui en a reçu l'initiation et qui en fait la pratique régulièrement.La source de pouvoir est un moyen habile, pour reprendre la terminologie tibétaine bouddhiste, pour éveiller notre énergie en vue de la guérison.
Mais on peut aussi utiliser l'image, la présence d'un être spirituel (Bouddha, Jésus, Marie,...), d'une déité ( Sangye Menla, Déesse Mère...), d'un maître, d'un archétype (comme l'amour), d'un élément naturel (le soleil, la lumière la chaleur...), toute énergie en qui nous avons toute confiance et qui peut nous inspirer.
Cette source de pouvoir doit être quelque chose d'important pour nous, mais on peut aussi renforcer cette importance en y pensant quotidiennement, en en faisant le point de focalisation de notre méditation quotidienne.
Quand on parle de la visualiser , on veut surtout dire la ressentir comme présente face à nous, en nous.

Assis tranquillement, les yeux mi-clos,  dans un endroit confortable on laisse son corps respirer tranquillement.

De cette source de pouvoir, située au dessus de notre tête, émane une lumière chaude et bienfaisante qui s'écoule sur nous et nous apporte des bienfaits surtout là où nous souffrons, transformant ces afflictions en lumière et en paix.
Nous pouvons aussi éventuellement imaginer cette lumière flamboyante qui sort de notre main et poser la main sur la zone mal en point.
Si nous avons de la tristesse, des angoisses, nous pouvons les visualiser sous forme de nuages noirs, qui sont chassés par la lumière, toutes nos perturbations s'écoulent de nous vers la terre, nous en libérant, comme le gaz carbonique est transformé par la photosynthèse dans la nature.

Cette lumière nous entoure et nous protège. Notre corps devient lui même lumineux ou peut même emprunter l'image de cette source de pouvoir.

La lumière irradie de notre corps et s'élargit pour apporter l'apaisement à nos proches qui souffrent & que l'on peut visualiser face à nous.

Pour ceux qui ont une pratique régulière de la méditation (et qui ont dajà abordé les deux faces de la méditation tels que les voient les Tibétains : le calme mental et la vision pénétrante, cette dernière permettant de percevoir la véritable nature des choses, alors tout est parfait comme il est)  peuvent voir cette aura lumineuse s'élargir pour intégrer symboliquement tout l'univers et tous les êtres qui souffrent.

Je ne sais pas dire si une telle pratique est efficace sur les personnes que l'on visualise, il n'y a pas d'études scientifiques là dessus. Mais ce que je peux dire, c'est que si une personne précise sait que vous pensez à elle, elle pourra imaginer être en contact avec cette énergie déployée et en fait libérer sa propre énergie de guérison.

Par ailleurs c'est une pratique qui est surtout importante pour celui qui la fait, car il intègre ainsi le fait de pratiquer quotidiennement  pour le bonheur de tous les êtres.
Ainsi dans le quotidien on peut conscientiser qu'on irradie cette même chaleur aussi bien lorsqu'on est seul assis ou qu'on marche dans la rue, que lorsqu'on écoute quelqu'un, qu'on lui parle, qu'on lui sert la main, qu'on le regarde. A chaque fois qu'on allume une lumière, une bougie, qu'on voit le soleil on pense que cette lumière se répand partout dans les ténèbres et y apporte le pouvoir de guérison.

Ces méditations ne permettent peut être pas de mofifier les situations, mais a par contre le pouvoir de transformer notre regard et notre attitude envers elles et de nous rendre plus paisibles et plus heureux.

C'est pourquoi cette méditation, comme toute méditation doit être pratiquée régulièrement & d'autant plus que l'on se sent bien pour pouvoir l'aborder plus facilement lorsque nous serons en difficulté.

La méditation est un oasis de paix qui irrigue toute notre vie.
Ainsi nous prenons conscience que la paix et la perfection sont déjà en nous, qu'il n'est pas nécessaire de les chercher ailleurs. Par ailleurs nous ne rejetons pas les problèmes mais les prenons comme des moyens de réaliser notre vraie nature. Tout est impermanent, rien ne dure. Certes ni les petites joies de la vie quotidienne, mais ni non plus les soucis.

Lors de cette pratique de pleine lune, nous avons une grille constituée de cristaux qui est activée par un dordje en cristal lors de la récitation du mantra de Sangye Menla

Nous y déponsons les noms des personnes en souffrance que nous connaissons ainsi que symboliquement tous les êtres, pour leur dédier cette pratique. Si vous avez des dédicaces particulières pour des personnes qui souffrent vous pouvez prendre contact avec nous par mail.

J'aurais l'occasion dans un futur billet de revenir sur cette pratique pour donner plus de détail sur les visualisations possibles.

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samedi 13 septembre 2008

In Theo Me

(cliquer pour agrandir)

in_the_meo

tiré de "Indian Dream" de Maryse et Jean-François Charles
4 tomes aux éditions Casterman

dimanche 16 mars 2008

Une journée du Dalaï Lama

dalai_lama

dessin © Gonzo

« Vers neuf heures, nous raconte-t-il, je vais à mon bureau si j'ai des gens à voir. Sinon, je travaille sur les textes. Je me remets en mémoire les écrits que j'ai étudiés dans le passé et j'approfondis les' commentaires des grands maîtres des diverses écoles du bouddhisme tibétain. Je réfléchis aux enseignements et je médite un peu.
Vers quatorze heures, je déjeune.
Puis, jusqu'à dix-sept heures, je m'occupe des affaires courantes. Je rencontre les élus du peuple tibétain, les ministres du gouvernement en exil et autres fonctionnaires et je reçois des visiteurs.
Vers dix-huit heures, je prends le thé. Si j'ai un creux à l'estomac, je demande la permission au Bouddha et croque quelques biscuits (rires...).
Enfin, je récite mes prières du soir, et je m'endors vers neuf heures. C'est le moment le plus agréable de la journée! Je dors tranquillement jusqu'à trois heures et demi le lendemain matin.
»
Matthieu Ricard


Journée

Du lever du soleil
Au coucher du soleil.

Ouvrir les yeux
Participer à la vie
En nourrissant la vie
En nous et autour de nous.

Puis comme une fleur
Referme ses pétales
Se recueillir
En remerciant ce jour .

Alors peut venir
le repos du juste .

Lilou


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samedi 23 février 2008

SAVOIR MANGER LA VIE COMME UNE MANDARINE

fidelity

"Fidelity" Dessin © Steven Weiss

Pour faire suite au billet « L’heureuse volupté des libidos joyeuses » & parler de cet « éternel retour » qui peut nous permettre de vivre la vie d’une façon voluptueuse pour autant que notre libido soit « joyeuse ». Car à l’inverse cela peut être vécu comme manque. En fonction de l’un ou de l’autre cela pourra nous apporter contentement ou frustrations.

C’est notre capacité à vivre l’instant présent comme entier et exaltant qui nous permet de trouver sens (la vie) dans ce que nous faisons. Etre entièrement dans ce que nous faisons, comme le dit Thich Nhat Hann : « Une mandarine est composée de plusieurs quartiers. Si vous ne savez pas apprécier un seul quartier, vous ne pourrez pas manger une mandarine. En revanche, si vous savez manger un seul de ses quartiers, alors vous pourrez certainement la manger tout entière. »

C’est à dire qu’au lieu de vivre l’instant comme entier, nous pensons que nous arriverons à le vivre entier, si « l’autre » nous comble. Et toute l’histoire amoureuse de l’humain, des grands amours de Roméo & Juliette aux tromperies vaudevillesques, va reposer sur cette méprise : l’autre peut nous compenser ce manque.

Voilà ce qu’en dit Gérard Leleu :

 « Dans l'histoire d'une vie, la survenue d'une infidélité du conjoint est, dans le domaine des faits malheureux - au moins pour ceux qui s'investissent beaucoup dans l'amour -, un événement marquant au même titre que l'apparition d'une maladie sérieuse, la perte d'un enfant ou la survenue d'une guerre. De façon générale, l'infidélité est considérée par l'ensemble des humains comme un fait important, voire grave. Elle constitue le thème de la plupart des œuvres littéraires, théâtrales ou cinématographiques.

Pourquoi tant d'histoires? Pourquoi ces drames?

Après tout, qu'y a-t-il de dramatique à apprendre que notre partenaire couche avec une autre personne, voire l'aime? Est-ce pire que de savoir qu'elle lui parle, qu'elle regarde avec elle un cerisier en fleurs, qu'elle dîne avec elle? Oui, pourquoi cette importance? Pourquoi cette souffrance, une souffrance grave et même infinie, d'ordre quasiment existentiel, métaphysique ?

C'est que l'infidélité touche à quelque chose de très sensible et de très profond en chacun de nous: notre rêve d'absolu, qui est d'être aimé exclusivement et éternellement, et réciproquement d'aimer sans partage et sans fin. En un mot: vivre le « grand amour ».

Mais ce rêve lui-même d'où nous vient-il?

Il vient d'un « grand manque» qui taraude l'homme en permanence et le pousse sa vie durant à chercher ce qui pourrait l'en délivrer. Toute destinée humaine peut se résumer à cette interrogation: que faire de ce manque? Le manque, Lacan l'a bien décrit, c'est « cette impression d'insatisfaction teintée d'anxiété que nous ressentons tout au long de notre vie et qui nous pousse à rechercher l'objet miraculeux qui mettra un terme à cet état de manque et à cette quête».

Impression d'incomplétude qui nous habite et nous fait aspirer à on ne sait quelle complétude; comme il est trop angoissant de ne pas savoir, on fait comme si on savait : ce qui manque c'est « l'autre». « Il existe un besoin "en autre"comme il existe un besoin en eau ou en protéines », confirme Jean,.Didier Vincent . C'est le « besoin vital de se relier à un partenaire qui sache recevoir notre amour..., un partenaire qui puisse être le réceptacle de notre désir d'aimer et d'être aimé », précise Jacques Salomé, qui poursuit: « Il y a en chacun une place pour l'être attendu, espéré, rêvé, qui saurait nous comprendre, nous aimer inconditionnellement».

Du manque à l'absolu, il n'y a qu'un pas, d'où cette « croyance quasi-universelle fondée sur l’évidence d'un amour unique, permanent et sans faille »...

« Cette mythologie qui nous fait espérer et rechercher l'homme ou la femme de notre vie est liée à la certitude que nous sommes capables [...] d'accueillir des amours inaltérables, survivantes aux promesses, résistantes aux illusions, à l'usure du temps, etc. , ajoute Salomé. Ce « grand rêve » sans cesse effiloché, toujours retissé, c'est l'espoir fou de combler enfin le manque originel et de retrouver la plénitude.

Reste à savoir ce qui a creusé le manque et engendré cette nostalgie d'une part manquante, nostalgie qui transforme notre vie en une quête inlassable? Pour le comprendre, il nous faut remonter aux origines de notre existence: notre vie dans le ventre maternel et notre enfance. »



Je t'aime , tu m'appartiens

Ainsi nous conjuguons en vain
à tous les temps par tous les lieux
cet amour où nous cherchons le lien
qui nous ferait aimés des Dieux .

Comme un piège sans retour
que nous posons jour après jour
et qui nous enferme à double tour
dans la prison de notre amour .

Il suffirait de presque rien
une parole ou un sourire
pour que l'autre sur ce chemin
devienne une lumière vivre .

Mais pour poser ce petit rien
il me faut faire le chemin
qui me conduit au point
où en moi je m'appartient .

  Lilou

Posté par Lung Ta à 14:37 - La vie, union de l'amour & de la sagesse - Commentaires [17] - Permalien [#]
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lundi 18 février 2008

RECEVOIR LE GOUT DE SAVOURER

Saveur_d_autrefois

« Quand un compagnon me demande: «Mais Dieu, qu'est-ce que cela veut dire?.

Pour dire: « C'est l'amour infini, au-delà de toute mesure, de toute limite.., je prends toujours cet exemple:

«Rappelle-toi, il n'y a pas longtemps, toi et moi, on est rentrés crevés, un soir. On avait froid, on n'avait même pas mangé. On ne rapportait rien à la communauté. Et tu m'as dit: "Père, je suis heureux de ma journée." Parce que nous avions passé tout ce temps à dépanner des petits vieux, à leur aménager un habitat pour qu'ils s'y sentent bien...

Et je lui dis encore:

«N'oublie jamais l'espèce de joie pas comme les autres, cette joie à proprement parler ineffable, indicible, qui chantait dans ton cœur à ce moment ingrat où on avait froid, où on avait faim, et où on avait travaillé pour rien. N'oublie jamais cette intensité de joie incomparable, pour laquelle il n'y a pas de mots. On sait par un simple regard ce que l'on a partagé.

La sagesse c’est sapere, le mot latin « savourer » ; c’est recevoir le goût de savourer. Parce que c’est bon, d’aimer. Je dis à mon compagnon :

« Tu pourrais connaître toute la science des bibliothèques du monde entier sur Dieu, tu aurais des idées de Dieu. Tu n’en aurais aucune connaissance. Car, à ce moment-là, tu as rencontré Dieu.
»

Abbé Pierre


Savourer la vie

Quand je suis gourmand
sans être pressé
et me fait curieux
pour devenir gourmet .

J'agis
sans vouloir avancer
et devient l'outil
de ma destinée .

Mon pas
simplement posé
en Amour partagé
a un goût d'éternité .

Lilou


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lundi 11 février 2008

L’HEUREUSE VOLUPTÉ DES LIBIDOS JOYEUSES

volupte

« Au commencement bruit le liquide amniotique.
Alors mon petit corps nage en eaux tièdes et bouge avec la lenteur d'une âme animée par de très légers souffles. La chair tourne dans l'élément aquatique à la manière lente d'une planète évoluant dans un lointain cosmos, presque immobile, ou à la façon d'une méduse flaccide dans l'obscurité des fonds sous-marins, quasi hiératique. Le seul trouble provient d'influx qui tracent dans mes organes le passage d'énergies vitales. Dans le confinement de cet univers salé, poisson des origines ou vertu marine incarnée, j'obéis intégralement aux affects, pulsions, émotions et autres instincts de ma mère.
Son sang, son souffle, son rythme obligent mon sang, mon rythme, mon souffle. Évidence de La Palice: tous les corps, masculins et féminins, procèdent de cette immersion primitive dans un ventre de femme.

 

Hypothèse: tous les corps, masculins et féminins, aspirent selon le principe de modalités confuses aux retrouvailles avec ces voluptés primitives, quand la vie excelle et que triomphe sans partage la force des puissances vitales.

 

Pressions de l'intérieur de la chair maternelle contre mon dos, mes reins, ma nuque, mes fesses d'enfant porté et suspendu dans l'eau; mémoires de limbes dans ma fibre informée par la lymphe, les nerfs, les muscles; lumières en camaïeux de rouges, roses, oranges semblables aux feux des éclosions planétaires ou aux brasiers des explosions stellaires; parfums volatile et fragrances infinitésimales, mais inscrits dans la matière placentaire comme ces senteurs maritimes qui abîment heureusement l'air et l'éther des géographies côtières; bruits sourds, graves, répétés, doux, ronronnements épais, constitués de très basses fréquences; sons du dehors et roulements du dedans, clapotis de la physiologie maternelle et rumeur du monde:

 

je cligne la paupière, vacille avec une extrême lenteur, modifie ma posture - et connais ma première érection. Début d'une longue histoire placée sous le signe de l'éternel retour. »

 

Michel Onfray




Ma vie dans la vie

Tout cet espace que j'ai mis
entre moi et la vie
dans ma soif infinie
de comprendre qui je suis .

Tout cet espace mon corps le crie
pour que je renoue à travers lui
à la saveur de ce nid
où s'exprimais ma vie dans la vie .

Lilou

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dimanche 3 février 2008

SERENITE ET TRANQUILLITE, UNE VIVANCE AU PRESENT

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Porte du Sud & Sérénité, Acrylique de 90 x 110 cm, par Carmen Meyer ©

« Vivre une vie spirituelle, c'est apprendre et pratiquer la Voie de l'Esprit. La Voie est le chemin universel qui est complète sérénité, complète tranquillité. On l'appelle Esprit.

Cet Esprit, en tant qu'il est sérénité et tranquillité, est la nature originelle de la conscience humaine. Ce chemin est ouvert à tous les êtres, animés et inanimés, pas seulement aux êtres humains. Indifférente au fait de savoir si nous avons conscience d'elle ou non, notre vie est constamment au milieu du chemin universel, de la sérénité, de la tranquillité. La Voie de l'Esprit est constamment toute chose.

Quand vous voyez une chute d'eau de loin, elle vous paraît tranquille, mais, de près, vous voyez qu'elle est sans cesse en mouvement. La nature originelle de la conscience humaine est exactement comme une chute d'eau, sereine et tranquille et en même temps dynamique.

Quand on étudie la psychologie, on essaie de comprendre le fondement de la conscience qu'on appelle l'inconscient. L'inconscient est immense, plein de choses innombrables, parce qu'il est relié au passé, au présent et à l'avenir.

Essayer de se saisir de telles choses, ce n'est rien d'autre que le fonctionnement de la conscience personnelle.
Quand la conscience personnelle comprend la source de l'existence, elle n'a de cesse de la piller comme si elle était immuable et tente de s'en saisir en l'appelant « moi ».

L'ego considère la Voie de l'Esprit comme quelque chose de particulier dont il peut faire l'expérience, et il veut savoir ce qui s'y passe. Mais quoi que l'ego puisse y voir et y prendre, ce n'est que la surface de la Voie de l'Esprit.
Le bouddhisme consiste à étudier directement la sérénité et la tranquillité, et à les pratiquer. En d'autres termes, le bouddhisme se propose de savoir comment on peut être présent à la Voie de l'Esprit, comment on peut être un avec la Voie de l'Esprit, et non comment on peut y prélever des éléments.

Étudier et pratiquer la sérénité et la tranquillité, c'est être un avec le chemin universel en toute conscience.

Nous devons étudier et pratiquer cela parce que nous vivons dans le monde dualiste. Si nous ne nous éveillons pas à cette réalité, nous n'aurons jamais la moindre chance d'éprouver de la gratitude pour cette sérénité, pour cette tranquillité. »

Dainin Katagiri

« Soyez les poètes de votre vie

Soyez les poètes de votre vie
Osez chaque jour mettre du bleu
dans votre regard
de l'orange à vos doigts,
des rires dans votre ventre
et surtout, surtout,
une tendresse renouvelée
à chacun de vos gestes,
une vivance au présent
dans tout vos élans. »

Jacques Salomé



Vivre
Vivre

Epouser la vie
La sentir couler
comme une poignée de sable
qui glisse entre nos doigts.

Unique et différente
à chaque fois
selon la manière
dont elle s'exprime
à travers chaque grain
et selon la manière
dont nous serrons les poings.

Sans cesse renouvelée
et pourtant toujours là
simplement posée
entre nos doigts.

Vive..juste être là
de tout notre poids
intense et léger à la fois.

Lilou


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jeudi 20 décembre 2007

Croyances

croyance

© Fab Briciuse

Pour faire suite à mon billet précédent sur le karma, les croyances ne me semblent pas être un problème en soi.

Nous sommes des êtres de croyances. Nous nous sentons obligés de créer des croyances pour compenser notre manque de (re)connaissance de la réalité. Ces croyances nous rassurent, nous permettent de nous sentir moins seuls, reliés à ceux qui ont les mêmes croyances.

Mais si certaines croyances peuvent nous aider à développer plus de vie (croire en des valeurs comme la solidarité par exemple) d'autres sont aussi limitantes.
D'abord parce qu'elles nous empêchent d'accepter d'autres points de vue, d'autres croyances ensuite parce qu'elles peuvent être imposées par d'autres &/ou des groupes pour nous empêcher d'élargir notre vision & risquer de quitter le groupe.

Sortir de ses croyances demande donc beaucoup de courage comme le dit Etty Hillesum : " Il faut avoir le courage de se détacher de tout, de toute norme et de tout critère conventionnel." Lire la suite de cette citation ICI.





Se détacher
Se détacher de tout
Pour cueillir ce qui est
en un  sourire qui dit :
c'est ainsi.

Qui sait combien de fois je viens ici en croyant que c'est la première fois..
Qui sait combien de fois j'y trouve des mots écris par moi que je ne reconnais pas ..
Qui sait la fragilité de ces moments là où tout s'efface pour renaître en moi..
Et pourtant la vie s'exprime à chaque fois..
Chaque fois que je fais taire en moi celui qui cherche à savoir pourquoi..
Magie de l'instant..tel un présent juste posé là..en un élan de joie.

Quand je n'ai plus rien à perdre..mon coeur retrouve le chemin de la joie vers le nouvel équilibre ..qui m'unit à vous .

Lilou

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mercredi 12 décembre 2007

LE POUVOIR DES PAROLES ECRITES

silence

Je lisais un texte de Zhongfeng Mingben (maître zen chinois du XIII° siècle) traduit par Eric Rommeluère. Le titre en est « Vous ne pourrez jamais comprendre le bouddhisme ». Ce méditant disait qu’écrire sur les Sûtras ne permet pas in fine de comprendre le bouddhisme, bien que beaucoup "d'écrivants" (sic) se posent en tant qu’enseignants. Mais comme on le dit , c’est dans une situation violente qu’on peut voir si nous sommes réellement non-violents, c’est dans les situations quotidiennes, dans les difficultés courantes qu’on voit si un pratiquant met réellement en pratique ce dont il parle, ou si cela n’était qu’intellectuel. Et Zhongfeng Mingben nous propose de nous établir justement dans ce quotidien qui n’est pas idéal, mais EST, de ne pas fuir en avant, mais d’être tout simplement présent, ici & maintenant.

Et comme depuis plusieurs jours je sens bien qu’on ne peut pas passer le gout de l’instant par la parole ou les écrits je me demande si tous ces écrits « bloguesques » (dont principalement les miens) ne sont pas confusants  plus qu’éclairants ?

Pour ramener à la réalité, Nietzsche disait que « L’instinct de la connaissance sans discernement est semblable à l’instinct sexuel aveugle, signe de bassesse. »

Alors ne rien dire ? Ne rien écrire ? C’est semblable à toute la démarche de recherche d’enseignant (maître, gourou suivant la sémantique orientale) qui peut des fois plus enfermer que d’aider à se libérer, si on se crée un attachement au maître (qui enseigne le non attachement !). Mais d’un autre côté si c’est notre imaginaire poétique qui nous fera sortir de nos carcans, il nous faut à certains moments de notre processus de changement, rencontrer la parole de l’autre, orale ou écrite, pour se positionner soi-même.

Alors comme le dit David Brazier « Les paroles écrites peuvent aussi bien représenter une source de confusion que de libération. Si on ne le prend pas au bon moment, l’élixir peut devenir un poison. »

Alors je terminerai par ces mots du même psychothérapeute et pratiquant du zen :  « Soyez prudents » et je rajouterai « soyez imaginatifs ».



Un jeu se crée

Il y a du sacré dans le mouvement
alors soyons prudents
ne convoquons pas en nous
le sage inutilement .

Mais avant que tout parle de nous
sans que nous ayons rien à dire
les mots nous tiennent compagnie
sur le chemin de nos vies .

Curieux dilemme qui nous entraîne
ce que je vis ne peut se dire
ce que je dis ne se vit pas
et l'échange porte mes pas .

Alors pour ne plus avoir peur
de perdre la raison
et trouver la saveur
de l'élan de nos coeurs
comme s'ouvre une fleur..jouons.

Aussi légèrement que le fait un enfant
De tout notre sérieux entrons dans le jeu
pour que notre esprit se pose
tel un parfum de rose
qui suit le son..jouons.

Retouvons la confiance
pour créer l'innocence
avec la patience
de celui qui s'entraîne
à naître de lui même .

Lilou

Posté par Lung Ta à 12:00 - La vie, union de l'amour & de la sagesse - Commentaires [18] - Permalien [#]
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