vendredi 13 mars 2009
Résolution du Parlement européen - Tibet 12 mars 2009
Les députés européens ont demandé le 12 mars 2009 à Pékin de renouer le dialogue sur une "autonomie réelle" du Tibet au lendemain de l'adoption d'un texte similaire par la Chambre des représentants américaine.
Dans un hémicycle où de nombreux eurodéputés ont arboré ces
derniers jours un drapeau tibétain, le Parlement a adopté, par 338 voix
contre 131 et 14 abstentions, un texte qui "prie instamment le gouvernement chinois de considérer le mémorandum sur une autonomie réelle pour le peuple tibétain, présenté en novembre 2008 [1], comme une base de discussion sur le fond".
Les eurodéputés demandent aussi aux 27 Etats membres de l'UE de faire une déclaration demandant à Pékin "l'ouverture d'un dialogue constructif" et mentionnant explicitement ce mémorandum.
Présenté en novembre 2008 aux autorités chinoises par les émissaires du Dalaï Lama, ce mémorandum a été rejeté par Pékin qui le considère comme une remise en question de l'intégrité territoriale chinoise.
La commissaire européenne aux Affaires étrangères, Benita Ferrero-Waldner, a regretté, lors d'un débat, le fait que les discussions en 2008 entre Pékin et les émissaires du Dalaï Lama n'aient "pas apporté de résultats substantiels".
Elle a rappelé elle aussi "la nécessité pour les deux parties de reprendre rapidement le dialogue", soulignant qu'il s'agissait du "meilleur moyen d'éviter la frustration et la violence chez les jeunes Tibétains".
Le vote du Parlement européen intervient peu après des protestations de Pékin contre l'adoption par la Chambre des représentants américaine d'une autre résolution de soutien au Tibet.
Invité
en marge de la session du Parlement à Strasbourg, le représentant à
Paris et Bruxelles du Dalaï Lama, M. Tashi Wangdi, avait appelé le 10
mars les journalistes à faire pression sur Pékin pour obtenir le droit
d'aller librement au Tibet, un appel relayé par les eurodéputés qui
demandent le libre accès au Tibet aux médias étrangers et aux
observateurs indépendants.
Les journalistes étrangers ne peuvent pas se rendre librement dans la "région autonome du Tibet".
Cependant, selon les règles en vigueur depuis deux ans, ils sont
autorisés à circuler normalement dans les régions tibétaines proches.
Mais, ces derniers jours, de nombreux journalistes étrangers ont
rencontré les mêmes difficultés dans ces zones, ce qui a suscité des
protestations du Club des correspondants étrangers de Chine et de
groupes de défense des Droits de l'Homme.
Source : AFP 12 mars 2009
[1] Voir les points principaux dans l'article Synthèse du Mémorandum sur l'autonomie effective du peuple tibétain.
jeudi 12 mars 2009
Manifestations pour le Tibet dans le monde - mars 2009
Le
10 mars, exilés tibétains et sympathisants de la cause du Tibet ont
manifesté à travers le monde pour célébrer le 50ème anniversaire du
soulèvement antichinois et de la fuite en exil du Dalaï Lama le 10 mars 1959.
Résumé très sommaire de cette journée.
Europe
Autriche : les mairies de 190 communes arboraient un drapeau du Tibet.
Belgique
: A Bruxelles, plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux
exilés tibétains, ont manifesté dans le quartier des institutions
européennes et à proximité de l'ambassade de Chine.
Par ailleurs 200 municipalités belges ont hissé le 10 mars le drapeau tibétain en signe de solidarité.
France : à Paris,
près d'un millier de manifestants ont défilé de Montparnasse à la Place
de l'Alma, proche de l'Ambassade de Chine. De nombreuses autres
manifestations avaient lieu également en France, le 10 mars ou les
jours proches.Voir la liste plus détaillée.
- A Strasbourg, à l'initiative de l'eurodéputé
italien libéral Marco Cappato, plusieurs centaines de députés européens
ont siégé en session plénière avec un drapeau tibétain posé devant eux
ou glissé en guise de foulard dans la poche de leur veste.
Invité en marge de la session plénière à Strasbourg, le représentant à Bruxelles (et Paris) du Dalaï Lama, M. Tashi Wangdi, a appelé les journalistes à faire pression sur Pékin pour obtenir le droit d'aller "librement au Tibet, pour rencontrer ouvertement les gens" afin de se faire une idée de la situation.
"Nous voulons que la communauté internationale sache la vérité",
a-t-il souligné, afin qu'elle puisse faire la part des choses entre les
deux versions qui circulent, celle du gouvernement tibétain en exil
selon lequel 'les droits fondamentaux ne sont pas respectés, l'autonomie qui nous a été accordée n'est pas mise en oeuvre' et celle du gouvernement chinois, selon lequel 'tout va bien, les gens sont heureux, dansent et fêtent' " au Tibet, a-t-il dit au cours d'un point presse.
Des femmes tibétaines arborant le costume traditionnel, qui
souhaitaient distribuer des tracts aux députés européens, n'ont pas pu
pénétrer dans l'hémicycle, a déploré M. Cappato.
Italie : à Rome, le Colisée a été illuminé à l'issue d'une manifestation à laquelle ont participé quelques centaines de personnes. "Nous remercions la municipalité de Rome pour le soutien à notre initiative et avoir illuminé le Colisée", a déclaré le président de la communauté tibétaine en Italie, Thubten Tenzin.
Pays-Bas : à La Haye, environ 250 personnes ont défilé en direction de l'ambassade de Chine.
République Tchèque : dans ce pays, qui assure actuellement la présidence de l'Union européenne, le drapeau tibétain a été hissé à Prague sur le Parlement ainsi que sur de nombreux bâtiments publics à travers le pays.
A l'Assemblée,
des écologistes, membres de la coalition au pouvoir, ont hissé les
couleurs tibétaines malgré les mises en garde répétées des diplomates
européens dans la perspective d'un prochain sommet UE-Chine prévu en
mai à Prague.
Suisse : plus d'un millier de personnes ont défilé sans incident à Berne aux abords de l'ambassade de Chine.
Dans tout le pays, quelques 120 Hôtels de Ville et bâtiments officiels arboraient un drapeau du Tibet.
Amériques
Canada
: quelques centaines d'exilés tibétains et de sympathisants ont
manifesté dans plusieurs villes canadiennes, devant le Parlement à Ottawa, et près d'un millier à Toronto près du consulat chinois.
Etats-Unis
: des centaines d'exilés brandissant des drapeaux tibétains et
américains ont manifesté devant la Maison Blanche et l'ambassade de
Chine, où ils ont été rejoints par l'un des plus célèbres dissidents
chinois, Wei Jingsheng. Parmi les manifestants, Ngawang Sandrol, jeune religieuse arrêtée à l'âge de 13 ans et emprisonnée en 1992 pour avoir psalmodié "Longue vie au Dalaï Lama", a raconté comment elle avait été torturée à l'électricité.
"Forte de ma propre expérience, je sais qu'il est utile que des
gens libres, dans des pays libres, fassent pression sur le gouvernement
chinois", a-t-elle affirmé.
- Le département d'Etat américain a exprimé sa "profonde préoccupation" concernant les Droits de l'Homme au Tibet et a pressé la Chine de "revoir" une politique qui a nui aux populations. "Nous
pressons la Chine de revoir sa politique au Tibet, qui a créé des
tensions à cause de son impact négatif sur la religion, la culture et
le mode de vie tibétains", poursuit le texte.
- La Maison Blanche s'est dite "inquiète"
pour le respect des Droits de l'Homme au Tibet tout en appelant les
autorités chinoises et les représentants du Dalaï Lama à ouvrir un "dialogue substantiel".
- La Chine a réagi vivement : "Nous sommes très mécontents et
nous nous y opposons fermement, et nous avons fait des démarches
officielles auprès des Etats-Unis", a indiqué Ma Zhaouxu, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. "La
question tibétaine ne regarde que la Chine, et le gouvernement et le
peuple chinois s'opposent à ce que d'autres pays utilisent cette
question pour interférer dans nos affaires intérieures", a déclaré M. Ma. [1]
Asie - Pacifique
Australie : des heurts ont opposé des manifestants pro-tibétains à la police à Canberra,
où environ 150 personnes s'étaient réunies pour une marche près de
l'ambassade de Chine. Quatre manifestants ont été interpellés, dont
l'un avait jeté ses chaussures sur l'ambassade.
Inde : Plusieurs milliers de Tibétains, ainsi que de très nombreux supporters internationaux, se sont élancés après la déclaration du Dalai Lama faite le matin au Temple principal (McLeod Ganj) pour aboutir dans le centre ville de Dharamsala dans la vallée.
Le soir, une procession aux chandelles a été tenue en mémoire des
victimes du Tibet, avec recueillement au temple principal, avec pour la
première fois, la participation d'une forte délégation chinoise
de la "Federation for a Democratic China" venue à Dharamsala pour
"avoir une compréhension plus profonde et personnelle des souffrances
des exilés tibétains" et demander au Gouvernement tibétain en exil de
se joindre à leur mouvement pour "obtenir un changement politique en
Chine". [2]
Japon
: de nombreux bouddhistes à travers le pays ont organisé une journée de
prières pour la paix au Tibet. Plusieurs centaines de manifestants se
sont également rassemblés à Tokyo.
Népal
: à Kathmandou, des centaines de personnes, incluant des moines, nonnes
et écoliers ont défilé aux cris de "Libérez le Tibet", "Arrêtez les
tueries au Tibet" et "Longue vie au Dalaï Lama".
Auparavant, un millier de Tibétains s'étaient rassemblés dans un
monastère, sous très haute sécurité, pour y prier et réclamer la paix
au Tibet.
Taiwan
: Le Parti Démocrate Progressif (DPP), actuellement parti d'opposition
à Taiwan, a organisé une "journée du Tibet" en soutien à la "lutte pour
la liberté au Tibet", et a parrainé une soirée de veille pour les morts
au Tibet depuis l'invasion de 1950.
Sources diverses dont AFP, correspondant Dharamsala, et autres, 11 mars 2009
mercredi 11 mars 2009
Des Centaines de Drapeaux tibétains au Parlement européen
vu sur le site BuddhaChannel.tv
Plusieurs centaines de députés européens ont siégé mardi avec un drapeau tibétain posé devant eux ou glissé en guise de foulard dans la poche de leur veste, afin de marquer à leur façon le 50ème anniversaire de l’occupation du Tibet par la Chine.
Quelque 400 drapeaux ont été distribués dans l’hémicycle, a précisé un porte-parole de l’eurodéputé italien libéral Marco Cappato, à l’origine de l’initiative.
Invité en marge de la session plénière à Strasbourg, le représentant à Bruxelles du dalaï lama, Tashi Wangdi, a appelé les journalistes à faire pression sur Pékin pour obtenir le droit d’aller "librement au Tibet, pour rencontrer ouvertement les gens" afin de se faire une idée de la situation.
"Nous voulons que la communauté internationale sache la vérité", a-t-il souligné, afin qu’elle puisse faire la part des choses entre les deux versions qui circulent, celle du gouvernement tibétain en exil selon lequel +les droits fondamentaux ne sont pas respectés, l’autonomie qui nous a été accordée n’est pas mise en oeuvre+ et celle du gouvernement chinois, selon lequel +tout va bien, les gens sont heureux, dansent et fêtent+" au Tibet, a-t-il dit au cours d’un point presse.
Des femmes tibétaines arborant le costume traditionnel, qui souhaitaient distribuer des tracts aux députés européens, n’ont pas pu pénétrer dans l’hémicycle, a déploré M. Cappato.
Dans un discours diffusé mardi de son lieu d’exil de Dharamsala, dans le nord de l’Inde, le dalaï lama, chef spirituel du bouddhisme tibétain, a accusé la Chine d’avoir fait du Tibet un "enfer", et réitéré sa revendication d’une "autonomie significative" pour son pays natal.
Source : AFP
mardi 24 février 2009
Statues de rat et de lapin contre droits de l'humain
Pékin a officiellement demandé mardi l'annulation de la vente aux enchères de deux sculptures chinoises dans le cadre de la dispersion de la collection Pierre Bergé-Yves Saint Laurent. (Reuters/Régis Duvignau)
Cette demande intervient au lendemain du rejet d'une requête déposée en ce sens par une association culturelle devant le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris.
Les sculptures du XVIIIe siècle, une tête de rat en bronze et une autre de lapin, font partie de la collection accumulée par l'homme d'affaires et le couturier, dont la vente a commencé lundi soir à Paris.
Les autorités chinoises réclament les deux oeuvres, volées par les puissances occidentales pendant les guerres de l'opium au XIXe siècle.
"L'administration d'Etat de l'Héritage culturel a officiellement informé le commissaire-priseur de notre vive opposition à la vente, et a clairement demandé son annulation", a déclaré mardi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Ma Zhaoxu.
Il a rejeté l'offre de Pierre Bergé de restituer les sculptures contre un assouplissement de la politique des droits de l'homme en Chine. "Utiliser le prétexte des droits de l'homme pour violer le droit fondamental à la culture du peuple chinois est tout simplement ridicule", a-t-il dit à la presse.
Evaluées entre 8 et 10 millions d'euros chacune, les deux sculptures ornaient la fontaine zodiacale du palais d'été de l'empereur Qianlong, à Pékin.
L'Association pour la protection de l'art chinois en Europe (Apace) avait assigné en référé la maison Christie's -- chargée des enchères -- pour tenter de bloquer la vente.
Interrogé par Reuters à propos de cette démarche, Pierre Bergé s'était déclaré "protégé complètement par la loi", avant de proposer un marché à Pékin. "Moi, je suis prêt à offrir ces têtes en bronze au gouvernement chinois, tout de suite", avait-il dit. "Il leur suffit de déclarer qu'ils vont appliquer les droits de l'homme, rendre la liberté aux Tibétains et accepter le dalaï-lama sur leur territoire."
Plus de 700 objets -- meubles, pièces d'orfèvrerie, sculptures et tableaux -- sont dispersés lors de la vente Pierre Bergé-Yves Saint Laurent, décidée par l'homme d'affaires après la mort du couturier, le 1er juin 2008.
Liu Zhen, avec Elizabeth Pineau à Paris, version française Jean Décotte






