Lung Ta Zen

« Pour aimer il faut être libre, pour être libre il ne faut pas avoir peur » Zen, bouddhisme libertaire, méditation, tantrisme, action non-violente, thérapie, pyschologie, Bandes dessinées zen, bien être

samedi 28 mars 2009

Chimères

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Chimères tomes 1 2 & 3. Une BD de de Béhé & Mosdi



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L'histoire d'un psychotique qui sort d'un internement de longue durée depuis son enfance mais qui reste traumatisé, surtout par les femmes.
Mais histoire surtout de son esprit, de l'esprit humain et des chimères qui y logent.




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Avec une part de science fiction le récit nous entraîne dans des réalités parallèles qui en fait vivent parmi nous ou en nous. Imaginaires qui nous permettent de fuir la réalité quand celle ci devient trop douloureuse mais qui finalement nous emprisonnent.



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Mais ici les fantasmes deviennent bien réels à moins que la vision de la réalité ne soit reconstruite en fonction des fantasmes ?



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La mythologie grecque est source de la recomposition de ces fantasmes tout en faisant partie de la construction de la propre histoire "réelle" du héros.


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Le dessin de Béhé est vraiment au service de l'histoire renforçant les émotions et la sensualité du récit.




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Le déroulement de ce récit qui revient plusieurs fois sur les mêmes épisodes mais avec des niveaux de conscience différents, on passe du rêve à la réalité, de la mythologie à l'époque contemporaine, tout cela implique de lire les trois tomes à la suite pour ne pas perdre le fil de la lecture, mais cela se lit très rapidement, tellement on est saisi par son histoire.



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On en sort en se posant la question, quelle chimère doit on rencontrer et tuer pour prendre le risque de retrouver ses souvenirs ?


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mercredi 4 février 2009

Petit traité d'histoire des religions par Frédéric Lenoir

lenoir

Un très bon livre qui dresse un panorama facile à lire mais précis des religions, d'une manière historique, mais aussi en tenant compte de critères sociologiques et psychologiques. Ainsi se détache un processus humain de la religiosité qui est intéressant.
Ainsi à la lecture de son livre, on voit que Frédéric Lenoir, se basant sur ses recherches et celles d'autres historien va décomposer l'histoire des religions en 4  tournants "axiaux" qui vont créer des changements dans les pratiques religieuses humaines. Ces transformations tirent leurs origines dans un processus de rationalisation & de désenchantement du monde qui va progressivement "arracher" l'humain de la nature.

Au départ, (Paléolithique) l'humain est cueilleur, chasseur & nomade. Mais au Néolithique apparaissent les 1ères sédentarisation (+/- 12000 ans avant notre ère), l'invention de l'agriculture, de l'élevage. Les religions dominantes sont de transmission orale, c'est l'animisme aussi appelé chamanisme. L'humain ne se pose de question sur ce qu'est la nature, car il en fait partie intégrante, uni à chaque autre composante par des liens existentiels. Tout est esprit et l'homme fait des échanges "spirituels" pour vivre (comme de demander à l'esprit des animaux d'accepter de se faire tuer par lui pour le nourrir). La nature est la mère, les êtres vivants des frères.

Le second tournant est lors de l'apparition de l'écriture, de l'émergence des Cités Etats & des organes de pouvoir qui vont avec, vers les - 3000. Les religions deviennent polythéistes. Les regroupements d'humains en cité sont séparées de la nature, l'homme commence à domestiquer le monde végétal et animal, pour son propre compte. Chaque groupe a ses dieux dominants, mais dans ce polythéisme on retrouve partout l'adoration d'une déesse mère et du taureau, symbolisant la fertilité et l'abondance. L'humain est toujours englobé dans la nature, mais il se sent un rôle particulier qui est de permettre au monde de maintenir, de ne pas retourner au chaos, par l'accomplissement de rituels. Ceux ci devenant de plus en plus compliqués vont être petit à petit accomplis une prêtrise qui va se professionaliser et prendre ou participer au pouvoir.

Le troisième changement est au milieu du 1er millénaire avant notre ère quand se constituent les grands empires, ceux ci entraînent une vision plus universelle du monde et de ses habitants qui va voir se développer de nouvelles formes religieuses plus basées sur une éthique construite sur l'observation des lois physiques, l'humain devient observateur de la nature pour la comprendre  et bâtir un système d'explication de type religieux. Ces balbutiements philosophiques & scientifiques le coupe encore plus de la nature, mais il ne cherche pas à la dominer ni l'exploiter mais à en trouver une finalité. Le monothéisme apparaît, l'homme peut rencontrer directement Dieu sans passer par la nature ou les systèmes compliqués d'offrandes confisquées par les prêtres.

Enfin la dernière évolution importante se trouve vers les années 1500 avec l'apparition de la modernité et la sortie de la nature qui aboutit à son instrumentalisation, son exploitation tout cela aux seules fins de satisfaire l'homme par des échanges commerciaux et un consumérisme de plus en plus important. Progressivement l'homme se coupe de ses racines religieuses et morales imposées pour se retrouver seul à bâtir une éthique qui ne suit pas les progrès scientifiques d'exploitation de la nature.

Pour Frédéric Lenoir on ne peut aller plus loin dans ce processus, puisque pour lui le religieux est l'expérience, la croyance en plusieurs niveaux de réalités, et ici non seulement la nature est vécue comme seulement matérielle, mais l'humain lui même perd de son intériorité.

Et pourtant il nous montre qu'on est dans une période de changements avec désir de vivre le religieux en passant par les émotions et le corps (que ce soit des mouvements charismatiques chrétiens, le soufisme dans l'islam, la méditation dans le bouddhisme) et par un désir de se relier à un cosmos vivant et enchanté dans un néochamanisme qui n'a plus besoin obligatoirement d'un milieu naturel pour s'épanouir. L'image de Dieu change, d'une vision anthropomorphique nous passons à un dieu énergie qui n'est plus au "ciel" mais au centre de l'homme...

Que la Force soit avec vous !

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mardi 30 septembre 2008

Je n’ai plus peur de rien

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Peinture de Célia Gouveiac ©

Je n’ai plus peur de rien

La guerre la plus dure,

C’est la guerre contre soi-même.

Il faut arriver à se désarmer.

J’ai mené cette guerre pendant des années,

Elle a été terrible. Mais je suis désarmé.

Je n’ai plus peur de rien car l’amour chasse la peur.

Je suis désarmé de la volonté d’avoir raison,

De me justifier en disqualifiant les autres.

Je ne suis plus sur mes gardes,

Jalousement crispé sur mes richesses.

J’accueille et je partage.

Je ne tiens pas particulièrement

A mes idées, à mes projets.

Si l’on m’en présente de meilleurs, ou plutôt non,

Pas meilleurs, mais bons, j’accepte sans regrets.

J’ai renoncé au comparatif.

Ce qui est bon, vrai, réel, est toujours bon pour moi,

Le meilleur. C’est pourquoi je n’ai plus peur.

Quand on a plus rien, on n’a plus peur.

Si l’on se désarme, si l’on se dépossède, si l’on s’ouvre

Au Dieu-Homme qui fait toutes choses nouvelles,

Alors, Lui efface le mauvais passé et nous rend

Un temps neuf où tout est possible.


ATHENAGORAS 1er

Patriarche œcuménique de l’Eglise de Constantinople (1886-1972)

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dimanche 18 novembre 2007

Quelle cravate mettre pour faire plaisir à ma mère ?

cravateS

Je vais continuer à faire mon « pignou » (comme diraient mes filles) dans le prolongement des deux précédents billets où je disais que nous n’avions qu’à faire face, quoi que nous soyons. Je sais que dans notre société de la « réussite » il nous faut sans cesse progresser, changer, nous améliorer. Et le « new âge » est parfois un détournement de pratiques traditionnelles pour nous permettre de répondre à ces demandes sociétales fortes. Ainsi différentes techniques nous permettront de mieux « démonter » notre être pour le rebâtir plus beau, en meilleure santé, avec une sexualité plus performante, un pouvoir d’agir plus considérable etc...

 

Alors ces billets semblent, avec une humeur maussade, aller contre ces principes du « plus et mieux ». Mais il me semble que c’est confondre « ordre » & « classement », ce qui est tout à fait typique de notre époque politique actuelle.

 

Pour reprendre une métaphore de Saint Exupéry le rangement, c’est de prendre des pierres et de les aligner par taille, origine, matériaux etc... L’ordre serait de les assembler d’une manière qui pourrait sembler aléatoire mais qui finirait par révéler un Temple. Prenons un champ de métaphore très prisé par les médias ces jours-ci : une gare. Si vous vous élevez, vous voyez les gens courir en tout sens, cela ressemble à un mouvement brownien et pourtant chaque individu sait très bien ce qu’il fait là & où il va.

 

Si nous pensons que certaines de nos parties ne sont pas valables et devraient être changées, modifiées en mieux, nous passons à côté de la vie dans le moment présent pour nous projeter dans un futur qui n’existe pas. Pour reprendre une nouvelle fois une citation de Saint Exupéry :

 

« Tu es fait de matériaux disparates, mais il faut t'inventer pour te découvrir. De même que celui-là, qui a détruit sa maison avec la prétention de la connaître, ne possède plus qu'un tas de pierres, de briques et de tuiles, ne retrouve ni l'ombre ni le silence ni l'intimité qu'elles servaient, et ne sait quel service attendre de ce tas de briques, de pierres et de tuiles, car il leur manque l'invention qui les domine, l'âme et le cœur de l'architecte. Car il manque à la pierre l'âme et le cœur de l'homme. »

 

C’est pourquoi je dis qu’il ne s’agit pas d’attendre à être « mieux », mais qu’il s’agit « d’être » tout simplement. Comme le dit Nisargadatta Maharaj : « Si vous avez besoin de temps pour réussir, votre but ne peut être que faux. Le Réel est toujours avec vous. Il n’est pas nécessaire d’attendre pour être ce que vous êtes. » 

 

Mais si la méditation pour moi, est porteuse de paradoxe, puisqu'il faut « ne rien faire » ! C’est justement le paradoxe qui nous offre la possibilité d'éveil.
C’est aussi pourquoi de grands maîtres (je pense à Ikkyu et bien d’autres) pouvaient paraître comme « fous » dans leurs comportements.

Dans l’école de Paolo Alto on voit le double lien (Watzlavick) qui peut rendre fou puisque toutes les solutions seront mauvaises (ex : ma mère m'a offert deux cravates, laquelle vais je mettre pour lui faire plaisir ? j'en mets une, elle me voit et me dit "et alors, l'autre elle ne te plaisait pas ?") mais pourtant ce même double lien va être utilisé en tant qu’outil thérapeutique afin de permettre aux membres du système de trouver UNE AUTRE VOIE puisque les deux proposées sont impossibles à réaliser.

Le paradoxe c'est la troisième voie.

Et pour finir sur le fait de ne pas chercher à changer, mais d’accepter ce qui est , qui peut être va justement permettre d’une manière paradoxale de changer, je citerai Carl Rogers : « Il existe un curieux paradoxe : quand je m’accepte tel que je suis, alors je peux changer. »

 



La troisième voie

Celle qui  me dit : je suis ni malade , ni guérie,je suis ici.
Pour juste ouvrir la porte ..
du nouveau en soi
Tel un magicien qui, suivant la joie,
fait surgir de ce qui s'en va
la force de ce qui naîtra.

quand je me pose simplement..là bas .

Là bas

Des choses de ce monde
je m'éloigne parfois
et l'on dit à la ronde
que l'oubli est en moi.

C'est qu'ailleurs je me pose
tout simplement là bas
où les mots ni les choses
n'ont plus d'effet sur moi.

Quelque part je m'entraîne
à naître de moi même
en cueillant çà et là
ce qui parle tout bas .

Je n'ai pas trouvé mieux
pour vivre ici bas
que de voiler mes yeux
en oubliant mes pas .

C'est un déchirement
qui capte la lumière
un cri parfois strident
qui m'apprend à me taire .

Lise

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mercredi 14 novembre 2007

FAIRE DE SON MIEUX AVEC LA OU ON EN EST

fairedesonmieux

Je lis sur  le net de beaux articles sur « le monde il est beau, le monde il est joli, soyons amour, gloire et beauté ». Bon je sais que je suis capricorne ascendant taureau, donc un affreux terre-à-terre ! Mais à chaque fois que je lis cela je suis pris entre deux sentiments. D’abord une joie de préférer voir des idées lumineuses qui se répandent plutôt que des pensées de violence, ensuite l'inquiétude de se demander si ces personnes vivent bien dans le même monde que moi ou si elles se leurrent au risque de leurrer d’autres.

Mon côté matérialiste athée (et néanmoins sur le sentier de la spiritualité) me fait dire « attention à l’idéal », il éloigne de la réalité ! 

Si nous regardons la Shoah, elle a eu lieu au milieu de pays de culture chrétienne qui prône l’amour du prochain. Robert Antelme disait (cité par Michel Onfray) : « Chaque fois qu’on me parlera de charité chrétienne, je répondrai Dachau. ».

Sur le net nous avons souvent tendance à nous reconstruire une personnalité idyllique (voir article Inventerre) & tout est amour sous le clavier. La réalité quotidienne de chacun est souvent différente, faite pour l’un d’histoire familiale difficile qui le poursuit, pour l’autre de vie de couple en difficulté, pour certains du rôle de parents désemparés, pour d’autres de vie sociale isolée ou de corps de souffrance.

La méditation n’est pas d’abandonner, rejeter son être, son histoire, son milieu pour devenir un ange idéal. La méditation c’est faire face à cela & l’accepter tel quel. C’est entrer en accord avec ce que l’on est.
Ce n’est pas changer, fuir, quitter, c’est être là où on (en) est, pleinement, tel qu’on est, avec vigilance et attention et comme le dit le Dalaï Lama : « L’important c’est de faire de son mieux. ».


Qu'ai je à apprendre de si grand, de si beau, pour qu'à la dernière heure du dernier jour je puisse être en amour avec moi même..?
Juste à rester tel quel..

En quittant ce que je pense être, ce que je dois être, ce que je veux être ..pour retrouver le simple habit de ce que je suis.

Et cela je l'apprend chaque jour ici par ces mots qui tissent le chemin..
Chaque fois que je sais taire en moi celui qui si souvent décide de mon regard sur le monde à travers ce qui lui est utile..et qui a pris l'habitude de parler à ma place .

Faire de son mieux..oeuvrer..pour quitter justement le " mieux" qui parle de nous à l'envers..
Chacun fait à chaque instant un pas à sa manière..même maladroit..c'est un pas.
Juste un pas ..mais un pas en amour ..en amour de soi..comme une rencontre qui dit :
" qui peut te blesser, sinon toi même ".

Lilou

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mercredi 7 novembre 2007

Aime ôter

4elements

Ainsi voyagent les mots..portant en eux..la force de vie ..chaque fois que nous savons ..les rencontrer.

Mot = M.O.T.=Aime Oter..

Pour devenir plus fort..

T.R.O.F = Terre- héros- Feu
Fort= F.O.R.T = Feu- Eau- Air- Terre

"On part de l'expérience concrète pour élever héroiquement notre conscience vers le feu des mondes invisibles, puis le mot fort se retourne..alors  seulement on peut ensemenser la terre d'or nouveau ."

Lilou

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mercredi 3 octobre 2007

LE SENS DE LA VIE

le_sens_de_la_vie

© Chapatte

Catherine Clément fait parler d’une manière très touchante, Théo qui est atteint d’une leucémie et qui part en voyage (peut être le dernier) :

« L'angoisse lui serra le cœur. Le pire, c'était que Maman ne supporterait pas. Et que peut-être Théo ne la reverrait plus. Non! La seule solution, c'était de ne pas mourir. »

Cela donne un éclairage je trouve, sur ce qu’on peut faire de nos vies.
Qu’importe ce qu’on obtient, mais la détermination claire est importante pour donner sens à notre vie. Il est plus important de faire que d’y arriver (et surtout de ne pas tenter) suivant le Dalaï Lama :

« L'important, c'est de faire de son mieux. Que l'on arrive ou non, c'est une question différente. Même si l'on n'atteint pas ce que l'on cherche dans cette vie, cela ne fait rien. Du moins, on aura tenté de façonner une vie meilleure, fondée sur davantage de compassion et moins d'égoïsme. j'en suis fermement persuadé. »

Néanmoins ce n’est pas pour cela qu’il faut passer une vie de dilettante, car si ce que l’on fait de notre vie, détermine le sens qu’elle aura, quand il nous apparait qu’elle a un sens, alors on ressent bien qu’il ne nous faut pas perdre de temps, mais de faire  de chaque instant un pas en ce sens. Ce que Lama Thoubtèn Zopa Rinpoché décrit ainsi :

« Puisque nous avons cette occasion incroyable de développer notre esprit et d'apporter le bonheur à d'autres êtres vivants, il est extrêmement important de ne pas gaspiller les inestimables années, mois, semaines, jours, heures, minutes ou même secondes qu' il nous reste à vivre. C'est notre attitude qui détermine si notre vie a un sens ou pas. Si notre attitude est malsaine, nous gaspillons notre temps et notre vie n'a aucun sens. S'i notre attitude est saine, si notre souhait est d'amener paix et bonheur aux autres êtres, notre vie prend tout son sens. »


Fleur de vie

Tel un bouquet de fleurs des champs
la vie se cueille..en passant .
Ce n'est pas la grosseur du bouquet qui lui donne son sens, mais l'attention délicate mise dans le choix de chaque brin.
Cueillie en amour..une seule fleur suffit pour exprimer notre talent .
Qu'elle soit la première ou la dernière..elle est unique .

Lilou

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vendredi 7 septembre 2007

POURQUOI PHILOSOPHER ?

etre_different

Pourquoi philosopher ? Pourquoi chercher un sens à la vie ? Et même pourquoi réfléchir ? On sent nul, petit, incompétent. Ce que l’on pense ne changera pas le monde, cela ne sert à rien.

De même que lorsqu’on débute la méditation, on s’aperçoit surtout que notre esprit n’est pas capable de rester longtemps dans le présent, mais que s’apercevoir de cela, c’est déjà être plus attentif à ce qui se déroule dans le moment présent, commencer à se poser ces questions, c’est commencer à se poser les bonnes questions, c’est commencer à philosopher.

Pourquoi le faire ? Parce que personne ne peut le faire à notre place, donc parce que c’est notre responsabilité, à notre niveau, à n’importe quel niveau.
Il n’y a pas de petit niveau. « Je n’ai pas de fonctions sociales ou professionnelles importantes ». Mais être père ou mère de famille, être le voisin présent, être l’oreille qui écoute en cas de difficulté... Seraient ce des niveaux négligeables ? Inférieurs à être directeur d’une entreprise ?

Voilà la réponse que nous en fait André  Compte-Sponville :

« N'importe qui peut faire des mathématiques à votre place (puisque, par hypothèse, il trouvera, s'il trouve, le même résultat auquel vous pourriez parvenir), et c'est pourquoi, sauf goût particulier ou nécessité de gagner votre vie, vous n'avez aucune raison de faire des mathématiques vous-même. Il n'y a pas de sot métier, mais nul n'est tenu de les faire tous. Les mathématiques, de ce point de vue, sont un métier: on peut en laisser la tâche à d'autres.

La philosophie, non. Ou si la philosophie est aussi un métier, qui a ses professionnels (ceux qui l'enseignent, qui publient des livres...), elle est d'abord une dimension constitutive de l'existence humaine. Vous n'êtes pas obligé, et c'est heureux, de faire des cours ou des livres de philosophie.
Mais personne ne peut philosopher à votre place: ce que je pourrais avoir trouvé, et quand bien même cela me satisferait totalement, ou ce que Kant ou Hegel ont pu trouver, et quel que soit leur génie, rien ne prouve que cela vaille pour vous!
Il faut donc vous y mettre personnellement, et c'est ce qu'on appelle philosopher...
»


Devenir..
juste un peu plus chaque jour ..
responsable de sa vie .

Entrer..
juste un peu plus chaque instant ..
dans la vie .

Dénouer ..
juste un peu plus chaque fois..
les noeuds de nos pensées.

Je ne sais pas..
si cela s'appelle..
philosopher.

C'est peut être..
une manière..
d'Aimer .

© Lilou

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jeudi 16 août 2007

trois principes de base

orangeoutange

Mao Zedong, à l’époque où on l’appelait encore Mao Tsé Toung et où les jeunes ne confondaient pas sur une étagère, le "Petit livre rouge" avec le plan de Paris, proposait trois armes pour vaincre : Le parti, l’armée et l’unité de tous les révolutionnaires. Je préfère les trois points que nous propose John Welwood:

« Un chemin complet de développement intérieur, qui aborde à la fois notre psychologie personnelle et notre plus profonde nature spirituelle, doit impliquer l'ensemble de ces trois principes :

  1. Le lien à la terre,

  2. le lâcher prise et

  3. l'éveil du cœur

qui contrecarrent les obstacles de l'échappatoire spirituelle, de l' enfermement égocentrique et de la distraction anesthésiante.

L'élément central d'un tel chemin serait une pratique de la présence d'esprit, telle que la méditation, qui nous aide à être en lien avec ces trois principes.
Parallèlement à cela, une méthode d'examen psychologique est extrêmement utile pour aborder les schémas inconscients et  les complexes émotionnels qui interfèrent avec une vie plus authentique, avec le lien avec la terre, l'ouverture et le cœur.
»

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vendredi 10 août 2007

DES BUCHERONS ET LA REPUTATION

trabalhador
"Lenhador" ~ 1978 ~ Óleo: 60x73cm par © Orlando Mattos

« Depuis l'antiquité, la Lumière de la Voie
Est claire, même aujourd'hui.
On discute, chacun prétendant
Qu'il succède le plus correctement à l'Esprit de Lin-tsi.
Devant et derrière ma demeure
Des bûcherons chantent sur le sentier.
Souvenir de la mélodie de la flûte
De mon pays natal, au sud de la montagne.
»

Ikkyu

La difficulté en général et surtout quand nous prenons conscience des différents « mois construits » qui sont en nous c’est que nous allons désigner celui ou ceux qui nous conviennent, comme « idéal » et nous allons chercher à vivre en accord avec eux.
C’est d’ailleurs toute la force et le piège de la « pensée positive ». Face aux difficultés de la (notre) vie nous allons tenter fabriquer un moi idéal et de vivre en harmonie avec cette image. Mais c’est encore une image virtuelle et fausse supplémentaire à laquelle nous nous soumettons.
Malgré la vision de nos empêchements, de nos défaillances nous nous disons « je fais comme si cela n’existait pas et je vais penser autrement » (c’est aussi des pratiques en thérapies brèves)  mais c’est nier les émotions négatives en nous et risquer qu’elle rejaillissent avec encore plus de force plus tard, et d’autant plus si on est dans le « faisons comme si »

Je voudrdais ici, citer Skakti Gawain, qui alors que son livre "Tecniques de visualisation créatrice" était un best seller mondial vivait des expériences douloureuses jusqu'à ce qu'elle se dise "Je vis plus dans l'intérêt d'essayer de contrôler ma vie, et de faire arriver les choses d'après ce que je pensais. Il était temps que je commence à m'entraîner à l'abandon à l'univers"

Quelqu’un qui serait capable de transcender la réalité et de réellement vivre la positivité dans un contexte négatif, cela serait différent, mais la plupart nous tartinons le négatif de « positif » en sachant qu’en dessous c’est le cloaque.

Pour Chögyam Trungpa il s’agit « d’une attitude irréaliste de se dire «Oublions le mal et faisons semblant d'être bons.», cela relève du matérialisme spirituel. »

En fait cette démarche « positive » est basée sur notre recherche du plaisir immédiat, fut il spirituel.

En final nous nous pétrifions dans une opinion toujours plus fausse de la réalité et nous sommes loin de la « vue profonde » nous rendant encore plus rigide d’une manière réactionnelle. Chögyam Trungpa parle « d’accomplir l'egoïté, par opposition à atteindre l'éveil. »

Que permet al méditation ? c’est d’essayer de vivre ce que nous sommes ! Pour cela nous tentons de mettre de la conscience sur  notre confusion, notre douleur, sans faire de cette démarche une réponse.
Il s’agit d’un processus global, systémique, et non pas d’un objectif à atteindre, c’est un travail sur nous-mêmes, sur notre existence, un travail psychologique sans chercher de réponse, mais en voyant les choses telles qu'elles sont - en voyant ce qui se passe dans notre tête simplement.
Mettre de la lumière sur l’inconscient, de la conscience sur l’ombre ou comme le dit Trungpa : « transformer notre confusion - le chaos et la névrose qui se perpétuent dans notre esprit - en une nouvelle base d'investigation. »

Et toujours nous explorons plus, et heureux de mettre le doigt sur ce qui pose problème en nous. C’est un processus qui consiste à aller toujours plus loin, à creuser toujours davantage sans la moindre référence à la spiritualité, à un sauveur, au bien ou au mal - sans la moindre référence à quoi que ce soit.
Nous ne nous attachons pas aux résultats, & nous continuons plus loin jusqu’à ce que Trungpa appelle « le point où il n'y a pas de réponse. Où il n'y a même pas de question. A un certain stade, la question et la réponse meurent simultanément. »

Nous n'avons plus d'espoir, plus de projection, Chögyam Trungpa nomme cela « l’espoir transcendant, l'essence de lafolle sagesse ».

Cette transformation consiste à fendre la surface du plan psychique, puis à couper au travers d'une nouvelle couche, puis d'une autre, ceci indéfiniment, en creusant toujours plus profond. Comme nous le disions dans le billet du 6/08 : il s’agit de renverser les idoles (Nietzsche).

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