dimanche 18 novembre 2007
Quelle cravate mettre pour faire plaisir à ma mère ?

Je vais continuer à faire mon « pignou » (comme diraient mes filles) dans le prolongement des deux précédents billets où je disais que nous n’avions qu’à faire face, quoi que nous soyons. Je sais que dans notre société de la « réussite » il nous faut sans cesse progresser, changer, nous améliorer. Et le « new âge » est parfois un détournement de pratiques traditionnelles pour nous permettre de répondre à ces demandes sociétales fortes. Ainsi différentes techniques nous permettront de mieux « démonter » notre être pour le rebâtir plus beau, en meilleure santé, avec une sexualité plus performante, un pouvoir d’agir plus considérable etc...
Alors ces billets semblent, avec une humeur maussade, aller contre ces principes du « plus et mieux ». Mais il me semble que c’est confondre « ordre » & « classement », ce qui est tout à fait typique de notre époque politique actuelle.
Pour reprendre une métaphore de Saint Exupéry le rangement, c’est de prendre des pierres et de les aligner par taille, origine, matériaux etc... L’ordre serait de les assembler d’une manière qui pourrait sembler aléatoire mais qui finirait par révéler un Temple. Prenons un champ de métaphore très prisé par les médias ces jours-ci : une gare. Si vous vous élevez, vous voyez les gens courir en tout sens, cela ressemble à un mouvement brownien et pourtant chaque individu sait très bien ce qu’il fait là & où il va.
Si nous pensons que certaines de nos parties ne sont pas
valables et devraient être changées, modifiées en mieux, nous passons à côté de
la vie dans le moment présent pour nous projeter dans un futur qui n’existe pas. Pour
reprendre une nouvelle fois une citation de Saint Exupéry :
« Tu es fait de matériaux disparates, mais il faut t'inventer pour te découvrir. De même que celui-là, qui a détruit sa maison avec la prétention de la connaître, ne possède plus qu'un tas de pierres, de briques et de tuiles, ne retrouve ni l'ombre ni le silence ni l'intimité qu'elles servaient, et ne sait quel service attendre de ce tas de briques, de pierres et de tuiles, car il leur manque l'invention qui les domine, l'âme et le cœur de l'architecte. Car il manque à la pierre l'âme et le cœur de l'homme. »
C’est pourquoi je dis qu’il ne s’agit pas d’attendre à être « mieux », mais qu’il s’agit « d’être » tout simplement. Comme le dit Nisargadatta Maharaj : « Si vous avez besoin de temps pour réussir, votre but ne peut être que faux. Le Réel est toujours avec vous. Il n’est pas nécessaire d’attendre pour être ce que vous êtes. »
Mais si la méditation pour moi, est porteuse de paradoxe, puisqu'il faut « ne
rien faire » ! C’est justement le paradoxe qui nous offre la possibilité d'éveil.
C’est
aussi pourquoi de grands maîtres (je pense à Ikkyu et bien d’autres) pouvaient
paraître comme « fous » dans leurs comportements.
Dans l’école de Paolo Alto on voit le double lien (Watzlavick) qui peut rendre fou puisque toutes les solutions seront mauvaises (ex : ma mère m'a offert deux cravates, laquelle vais je mettre pour lui faire plaisir ? j'en mets une, elle me voit et me dit "et alors, l'autre elle ne te plaisait pas ?") mais pourtant ce même double lien va être utilisé en tant qu’outil thérapeutique afin de permettre aux membres du système de trouver UNE AUTRE VOIE puisque les deux proposées sont impossibles à réaliser.
Le paradoxe c'est la troisième voie.
Et pour finir sur le fait de ne pas chercher à changer, mais d’accepter ce qui est , qui peut être va justement permettre d’une manière paradoxale de changer, je citerai Carl Rogers : « Il existe un curieux paradoxe : quand je m’accepte tel que je suis, alors je peux changer. »
La troisième voie
Celle qui me dit : je suis ni malade , ni guérie,je suis ici.
Pour juste ouvrir la porte ..
du nouveau en soi
Tel un magicien qui, suivant la joie,
fait surgir de ce qui s'en va
la force de ce qui naîtra.
quand je me pose simplement..là bas .
Là bas
Des choses de ce monde
je m'éloigne parfois
et l'on dit à la ronde
que l'oubli est en moi.
C'est qu'ailleurs je me pose
tout simplement là bas
où les mots ni les choses
n'ont plus d'effet sur moi.
Quelque part je m'entraîne
à naître de moi même
en cueillant çà et là
ce qui parle tout bas .
Je n'ai pas trouvé mieux
pour vivre ici bas
que de voiler mes yeux
en oubliant mes pas .
C'est un déchirement
qui capte la lumière
un cri parfois strident
qui m'apprend à me taire .
Lise
mercredi 14 novembre 2007
FAIRE DE SON MIEUX AVEC LA OU ON EN EST
Je lis sur le net de beaux articles sur « le monde il est beau, le monde il est joli, soyons amour, gloire et beauté ». Bon je sais que je suis capricorne ascendant taureau, donc un affreux terre-à-terre ! Mais à chaque fois que je lis cela je suis pris entre deux sentiments. D’abord une joie de préférer voir des idées lumineuses qui se répandent plutôt que des pensées de violence, ensuite l'inquiétude de se demander si ces personnes vivent bien dans le même monde que moi ou si elles se leurrent au risque de leurrer d’autres.
Mon côté matérialiste athée (et néanmoins sur le sentier de la spiritualité) me fait dire « attention à l’idéal », il éloigne de la réalité !
Si nous regardons la Shoah, elle a eu lieu au milieu de pays de culture chrétienne qui prône l’amour du prochain. Robert Antelme disait (cité par Michel Onfray) : « Chaque fois qu’on me parlera de charité chrétienne, je répondrai Dachau. ».
Sur le net nous avons souvent tendance à nous reconstruire une personnalité idyllique (voir article Inventerre) & tout est amour sous le clavier. La réalité quotidienne de chacun est souvent différente, faite pour l’un d’histoire familiale difficile qui le poursuit, pour l’autre de vie de couple en difficulté, pour certains du rôle de parents désemparés, pour d’autres de vie sociale isolée ou de corps de souffrance.
La méditation n’est pas d’abandonner, rejeter son être, son histoire, son milieu pour devenir un ange idéal. La méditation c’est faire face à cela & l’accepter tel quel. C’est entrer en accord avec ce que l’on est.
Ce n’est pas changer, fuir, quitter, c’est être là où on (en) est, pleinement, tel qu’on est, avec vigilance et attention et comme le dit le Dalaï Lama : « L’important c’est de faire de son mieux. ».
Qu'ai je à apprendre de si grand, de si beau, pour qu'à la dernière
heure du dernier jour je puisse être en amour avec moi même..?
Juste à rester tel quel..
En quittant ce que je pense être, ce que je dois être, ce que je veux être ..pour retrouver le simple habit de ce que je suis.
Et cela je l'apprend chaque jour ici par ces mots qui tissent le chemin..
Chaque
fois que je sais taire en moi celui qui si souvent décide de mon regard
sur le monde à travers ce qui lui est utile..et qui a pris l'habitude
de parler à ma place .
Faire de son mieux..oeuvrer..pour quitter justement le " mieux" qui parle de nous à l'envers..
Chacun fait à chaque instant un pas à sa manière..même maladroit..c'est un pas.
Juste un pas ..mais un pas en amour ..en amour de soi..comme une rencontre qui dit :
" qui peut te blesser, sinon toi même ".
mercredi 7 novembre 2007
Aime ôter
Ainsi voyagent les mots..portant en eux..la force de vie ..chaque fois que nous savons ..les rencontrer.
Mot = M.O.T.=Aime Oter..
Pour devenir plus fort..
T.R.O.F = Terre- héros- Feu
Fort= F.O.R.T = Feu- Eau- Air- Terre
"On part de l'expérience concrète pour élever héroiquement notre conscience vers le feu des mondes invisibles, puis le mot fort se retourne..alors seulement on peut ensemenser la terre d'or nouveau ."
Lilou
mercredi 3 octobre 2007
LE SENS DE LA VIE
Catherine Clément fait parler d’une manière très touchante, Théo qui est atteint d’une leucémie et qui part en voyage (peut être le dernier) :
« L'angoisse lui serra le cœur. Le pire, c'était que Maman ne supporterait pas. Et que peut-être Théo ne la reverrait plus. Non! La seule solution, c'était de ne pas mourir. »
Cela donne un éclairage je trouve, sur ce qu’on peut faire de nos vies.
Qu’importe ce qu’on obtient, mais la détermination claire est importante pour donner sens à notre vie. Il est plus important de faire que d’y arriver (et surtout de ne pas tenter) suivant le Dalaï Lama :
« L'important, c'est de faire de son mieux. Que l'on arrive ou non, c'est une question différente. Même si l'on n'atteint pas ce que l'on cherche dans cette vie, cela ne fait rien. Du moins, on aura tenté de façonner une vie meilleure, fondée sur davantage de compassion et moins d'égoïsme. j'en suis fermement persuadé. »
Néanmoins ce n’est pas pour cela qu’il faut passer une vie de dilettante, car si ce que l’on fait de notre vie, détermine le sens qu’elle aura, quand il nous apparait qu’elle a un sens, alors on ressent bien qu’il ne nous faut pas perdre de temps, mais de faire de chaque instant un pas en ce sens. Ce que Lama Thoubtèn Zopa Rinpoché décrit ainsi :
« Puisque nous avons cette occasion incroyable de développer notre esprit et d'apporter le bonheur à d'autres êtres vivants, il est extrêmement important de ne pas gaspiller les inestimables années, mois, semaines, jours, heures, minutes ou même secondes qu' il nous reste à vivre. C'est notre attitude qui détermine si notre vie a un sens ou pas. Si notre attitude est malsaine, nous gaspillons notre temps et notre vie n'a aucun sens. S'i notre attitude est saine, si notre souhait est d'amener paix et bonheur aux autres êtres, notre vie prend tout son sens. »
Fleur de vie
Tel un bouquet de fleurs des champs
la vie se cueille..en passant .
Ce n'est pas la grosseur du bouquet qui lui donne son sens, mais l'attention délicate mise dans le choix de chaque brin.
Cueillie en amour..une seule fleur suffit pour exprimer notre talent .
Qu'elle soit la première ou la dernière..elle est unique .
Lilou
vendredi 7 septembre 2007
POURQUOI PHILOSOPHER ?
Pourquoi philosopher ? Pourquoi chercher un sens à la vie ? Et même pourquoi réfléchir ? On sent nul, petit, incompétent. Ce que l’on pense ne changera pas le monde, cela ne sert à rien.
De même que lorsqu’on débute la méditation, on s’aperçoit surtout que notre esprit n’est pas capable de rester longtemps dans le présent, mais que s’apercevoir de cela, c’est déjà être plus attentif à ce qui se déroule dans le moment présent, commencer à se poser ces questions, c’est commencer à se poser les bonnes questions, c’est commencer à philosopher.
Pourquoi le faire ? Parce que personne ne peut le faire à notre place, donc parce que c’est notre responsabilité, à notre niveau, à n’importe quel niveau.
Il n’y a pas de petit niveau. « Je n’ai pas de fonctions sociales ou professionnelles importantes ». Mais être père ou mère de famille, être le voisin présent, être l’oreille qui écoute en cas de difficulté... Seraient ce des niveaux négligeables ? Inférieurs à être directeur d’une entreprise ?
Voilà la réponse que nous en fait André Compte-Sponville :
« N'importe qui peut faire des mathématiques à votre place (puisque, par hypothèse, il trouvera, s'il trouve, le même résultat auquel vous pourriez parvenir), et c'est pourquoi, sauf goût particulier ou nécessité de gagner votre vie, vous n'avez aucune raison de faire des mathématiques vous-même. Il n'y a pas de sot métier, mais nul n'est tenu de les faire tous. Les mathématiques, de ce point de vue, sont un métier: on peut en laisser la tâche à d'autres.
La philosophie, non. Ou si la philosophie est aussi un métier, qui a ses professionnels (ceux qui l'enseignent, qui publient des livres...), elle est d'abord une dimension constitutive de l'existence humaine. Vous n'êtes pas obligé, et c'est heureux, de faire des cours ou des livres de philosophie.
Mais personne ne peut philosopher à votre place: ce que je pourrais avoir trouvé, et quand bien même cela me satisferait totalement, ou ce que Kant ou Hegel ont pu trouver, et quel que soit leur génie, rien ne prouve que cela vaille pour vous!
Il faut donc vous y mettre personnellement, et c'est ce qu'on appelle philosopher... »
Devenir..
juste un peu plus chaque jour ..
responsable de sa vie .
Entrer..
juste un peu plus chaque instant ..
dans la vie .
Dénouer ..
juste un peu plus chaque fois..
les noeuds de nos pensées.
Je ne sais pas..
si cela s'appelle..
philosopher.
C'est peut être..
une manière..
d'Aimer .
© Lilou
jeudi 16 août 2007
trois principes de base
Mao Zedong, à l’époque où on l’appelait encore Mao Tsé Toung et où les jeunes ne confondaient pas sur une étagère, le "Petit livre rouge" avec le plan de Paris, proposait trois armes pour vaincre : Le parti, l’armée et l’unité de tous les révolutionnaires. Je préfère les trois points que nous propose John Welwood:
« Un chemin complet de développement intérieur, qui aborde à la fois notre psychologie personnelle et notre plus profonde nature spirituelle, doit impliquer l'ensemble de ces trois principes :
Le lien à la terre,
le lâcher prise et
l'éveil du cœur
qui contrecarrent les obstacles de l'échappatoire spirituelle, de l' enfermement égocentrique et de la distraction anesthésiante.
L'élément central d'un tel chemin serait une pratique de la présence d'esprit, telle que la méditation, qui nous aide à être en lien avec ces trois principes.
Parallèlement à cela, une méthode d'examen psychologique est extrêmement utile pour aborder les schémas inconscients et les complexes émotionnels qui interfèrent avec une vie plus authentique, avec le lien avec la terre, l'ouverture et le cœur. »
vendredi 10 août 2007
DES BUCHERONS ET LA REPUTATION

"Lenhador" ~ 1978 ~ Óleo: 60x73cm par © Orlando Mattos
« Depuis l'antiquité, la Lumière de la Voie
Est claire, même aujourd'hui.
On discute, chacun prétendant
Qu'il succède le plus correctement à l'Esprit de Lin-tsi.
Devant et derrière ma demeure
Des bûcherons chantent sur le sentier.
Souvenir de la mélodie de la flûte
De mon pays natal, au sud de la montagne. »
La difficulté en général et surtout quand nous prenons conscience des différents « mois construits » qui sont en nous c’est que nous allons désigner celui ou ceux qui nous conviennent, comme « idéal » et nous allons chercher à vivre en accord avec eux.
C’est d’ailleurs toute la force et le piège de la « pensée positive ». Face aux difficultés de la (notre) vie nous allons tenter fabriquer un moi idéal et de vivre en harmonie avec cette image. Mais c’est encore une image virtuelle et fausse supplémentaire à laquelle nous nous soumettons.
Malgré la vision de nos empêchements, de nos défaillances nous nous disons « je fais comme si cela n’existait pas et je vais penser autrement » (c’est aussi des pratiques en thérapies brèves) mais c’est nier les émotions négatives en nous et risquer qu’elle rejaillissent avec encore plus de force plus tard, et d’autant plus si on est dans le « faisons comme si »
Je voudrdais ici, citer Skakti Gawain, qui alors que son livre "Tecniques de visualisation créatrice" était un best seller mondial vivait des expériences douloureuses jusqu'à ce qu'elle se dise "Je vis plus dans l'intérêt d'essayer de contrôler ma vie, et de faire arriver les choses d'après ce que je pensais. Il était temps que je commence à m'entraîner à l'abandon à l'univers"
Quelqu’un qui serait capable de transcender la réalité et de réellement vivre la positivité dans un contexte négatif, cela serait différent, mais la plupart nous tartinons le négatif de « positif » en sachant qu’en dessous c’est le cloaque.
Pour Chögyam Trungpa il s’agit « d’une attitude irréaliste de se dire «Oublions le mal et faisons semblant d'être bons.», cela relève du matérialisme spirituel. »
En fait cette démarche « positive » est basée sur notre recherche du plaisir immédiat, fut il spirituel.
En final nous nous pétrifions dans une opinion toujours plus fausse de la réalité et nous sommes loin de la « vue profonde » nous rendant encore plus rigide d’une manière réactionnelle. Chögyam Trungpa parle « d’accomplir l'egoïté, par opposition à atteindre l'éveil. »
Que permet al méditation ? c’est d’essayer de vivre ce que nous sommes ! Pour cela nous tentons de mettre de la conscience sur notre confusion, notre douleur, sans faire de cette démarche une réponse.
Il s’agit d’un processus global, systémique, et non pas d’un objectif à atteindre, c’est un travail sur nous-mêmes, sur notre existence, un travail psychologique sans chercher de réponse, mais en voyant les choses telles qu'elles sont - en voyant ce qui se passe dans notre tête simplement.
Mettre de la lumière sur l’inconscient, de la conscience sur l’ombre ou comme le dit Trungpa : « transformer notre confusion - le chaos et la névrose qui se perpétuent dans notre esprit - en une nouvelle base d'investigation. »
Et toujours nous explorons plus, et heureux de mettre le doigt sur ce qui pose problème en nous. C’est un processus qui consiste à aller toujours plus loin, à creuser toujours davantage sans la moindre référence à la spiritualité, à un sauveur, au bien ou au mal - sans la moindre référence à quoi que ce soit.
Nous ne nous attachons pas aux résultats, & nous continuons plus loin jusqu’à ce que Trungpa appelle « le point où il n'y a pas de réponse. Où il n'y a même pas de question. A un certain stade, la question et la réponse meurent simultanément. »
Nous n'avons plus d'espoir, plus de projection, Chögyam Trungpa nomme cela « l’espoir transcendant, l'essence de lafolle sagesse ».
Cette transformation consiste à fendre la surface du plan psychique, puis à couper au travers d'une nouvelle couche, puis d'une autre, ceci indéfiniment, en creusant toujours plus profond. Comme nous le disions dans le billet du 6/08 : il s’agit de renverser les idoles (Nietzsche).
mercredi 1 août 2007
« CONNAIS-TOI TOI-MEME ET TU CONNAITRAS ['UNIVERS » (FRONTON DE L'ANTIQUE TEMPLE DE DELPHES)

© http://www.pileface.com/sollers/
« Une vieille légende hindoue raconte qu'il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher en un endroit où il leur serait impossible de le retrouver: Le problème fut donc de trouver un tel endroit.
Les dieux mineurs furent convoqués en un conseil pour résoudre ce problème. Ils proposèrent d'abord d'enterrer la divinité de l'homme dans la terre. Mais Brahma répondit: "Non, cela ne suffit pas, car l'homme creusera et la trouvera ".
Les dieux répliquèrent: "Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans."
Mais Brahma répondit à nouveau: "Non, car tôt ou tard, l'homme explorera les profondeurs des océans, et il est certain qu'un jour; il la trouvera et la remontera à la surface."
Alors les dieux mineurs conclurent: "Nous ne savons pas où la cacher car il semble n'exister aucun endroit sur terre ou dans la mer que l'homme ne puisse atteindre un jour:"
Brahma dit alors: ."Voici ce que nous ferons de la divinité de l'homme: nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c'est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher:"
Depuis ce temps-là, conclut la légende, l'homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui. »
Le cheminement spirituel commence quand l'humain prend conscience qu'il n'est pas le « JE », l’ego, la personnalité qu’il croit être depuis toujours mais qu’il est une nombre important de petits "moi" changeant selon son âge, l'activité du moment, le contexte dans lequel il est.
Et ce cheminement, ce travail est d’arriver à ne plus s'identifier à cette fausse « unique » personnalité ou à l'un de ses petits "moi" mais à prendre conscience de tous, de leur impermanence et de leurs interdépendances entre eux et avec le monde qui le précède et qui l’entoure.
mercredi 25 juillet 2007
SUPERMARCHE SPIRITUEL
Bonjour
Des pbs informatiques (entre autres) font que je ne peux aller que très ponctuellement sur le net, d'où l'absence de billets ces jours ci
Merci de vos commentaires , même si je ne peux y répondre
chaleureusement
Quand on cherche à s’écarter d’un résultat simplement matériel, la vie semble tout à coup assez confuse avec ses coups du sort, ses difficultés, ses plaisirs. Mais c’est ce trouble intérieur qui nous fait rechercher des réponses dans des voies spirituelles, ésotériques ou religieuses.
Lorsque j’ai emprunté ces démarches personnellement, je l’ai fait comme je le faisais dans la vie « courante & matérielle » , c’est à dire que je cherchais ce qui pouvait m’intéresser, ce qui pouvait m’aider, ce qui pouvait me faire devenir « meilleur ».
En fait j’ai longtemps utilisé ces voies comme des supermarchés,j’ai pu y faire pas mal de courses, et j’ai acheté bien des choses dont je suis riche, certaines étaient finalement inutiles, d’autres difficiles à avaler, et bien d’autres agréables, voir me donner une satisfaction plus ou moins durable sur le moment.
Je cherchais en fait des pouvoirs, le saint Graal , la potion magique à Astérix...
C’est la même chose pour la méditation, on peut méditer pour « obtenir » quelque chose qui semble nous manquer.
Mais en fait de rechercher à l’extérieur de moi, quelque chose de limité, limite déjà ses possibilités sur moi même. Et cela peut même devenir encore plus angoissant, car après avoir cheminé dans de tels mouvements, avoir acquis de telles choses, on se retrouve toujours dans nos mêmes limites et face à nos mêmes obstacles, ce qui est déprimant.
Le problème est que nous cherchons avec évidence, à avoir ce qui nous fait du bien et à fuir ce qui semble ne pas nous en faire, mais la vie continue de nous envoyer des contextes qui ne sont pas positifs, la fuite semble donc impossible, nous retournons à la case départ, déçus, quand certains ne tombent dans des addictions pour combler ce manque de bien être.
En fait la méditation n’est pas quelque chose qui nous apporte un « plus » mais au contraire l’expérience d’une absence de but, de gain, de perte, une ouverture à ce qui est.
C’est abandonner toutes nos idées sur ce qu’on est, sur ce qui est , sur ce qui nous fait du bien, ce qui ne nous en fait, ce que nous ignorons, pour accepter tout ce qui se présente, et faire avec (ce qui ne veut pas dire « ne rien faire »)
C’est en quoi la méditation au delà du fait de l’accrocher à une religion ou une philosophie est une praxis, un passage à l’acte sur la réalité pour bouger avec elle au lieu de lutter contre elle.
samedi 14 juillet 2007
LA PART DE L’AUTRE
J’avance doucement (à mon rythme) dans ma bande dessinée ( http://rosacruz.canalblog.com/ ) et je prépare déjà l’histoire suivante. Comme elle traite des réalités parallèles, je relis « Un » de Richard Bach (Editions Un monde différent Itée, 1989) et je viens de lire « La part de l’autre » de Eric-Emmanuel Schmitt (Editions Albin Michel, 2001). C’est de ce dernier livre dont je voulais vous parler car il nous concerne tous. Il parle de la part d’ombre que nous avons en nous et qui peut se développer dans certaines circonstances. Et tant que nous n’aurons pas cherché à connaître cette ombre, cette part maudite pour certains ou cet instant obscur pour d’autres...
4ème de couverture :
« 8 octobre 1908: Adolf Hitler recalé. Que se serait-il passé si l'École des beaux-arts de Vienne en avait décidé autrement?
Que serait-il arrivé si, cette minute-là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d'artiste?
Cette minute-là aurait changé le cours d'une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde... »
Extrait :
« - Mais cet Hitler, il était fou, n'est-ce pas ?
- Non. Pas plus que toi ou moi...
- Et les Allemands, derrière, ils n'étaient pas fous non plus?
- Des hommes comme toi et moi.
Bonne nouvelle! C'est donc une rude saloperie d'être un homme.
- Qu'est-ce qu'un homme? reprit le père. Un homme est fait de choix et de circonstances. Personne n'a de pouvoir sur les circonstances, mais chacun en a sur ses choix.
Depuis ce jour, les nuits de l'enfant sont difficiles, et ses journées encore plus. Il veut comprendre. Comprendre que le monstre n'est pas un être différent de lui, hors de l’humanité, mais un être comme lui qui prend des décisions différentes. Depuis ce jour, l'enfant a peur de lui-même, il sait qu'il cohabite avec une bête violente et sanguinaire, il souhaite la tenir toute sa vie dans sa cage.
L'enfant, c'était l'auteur du livre.
Je ne suis pas juif, je ne suis pas allemand, je ne suis pas japonais et je suis né plus tard ; mais Auschwitz, la destruction de Berlin et le feu d'Hiroshima font désormais partie de, ma vie. »
Extraits du « Journal de La Part de l'autre » (Postface du livre) :
« Réduire Hitler à sa scélératesse, c'est réduire un homme à l'une de ses dimensions. C'est lui faire le procès qu’il fit lui-même aux Juifs.
Noircir l'autre pour se blanchir: la pensée même d'Hitler. Et la pensée des gens qui parlent d'Hitler.
Blanchir l'humanité en en excluant Hitler.
Comme si l'inhumanité n'était pas spécifiquement humaine. »
« Un des pré-lecteurs d'Albin Michel se demande, avec justesse, si ce n'est pas un arbitraire total qui conduit l' élaboration de l'Hitler virtuel.
Depuis le premier jour, je réponds à cette question et tout mon livre consiste en cette réponse. Il n'y a aucun arbitraire mais un principe philosophique et une visée éthique: j'élabore un double portrait antagoniste. Adolf H. cherche à se comprendre tandis que le véritable Hitler s'ignore.
Adolf H. reconnaît en lui l'existence de problèmes tandis qu'Hitler les enterre.
Adolf H. guérit et s'ouvre aux autres tandis qu'Hitler s'enfonce dans sa névrose en se coupant de tout rapport humain.
Adolf H. affronte la réalité tandis qu'Hitler la nie dès qu'elle contrarie ses désirs.
Adolf H.apprend l'humilité tandis qu'Hitler devient le Führer, un dieu vivant.
Adolf H. s'ouvre au monde; Hitler le détruit pour le refaire.
Du coup, j'ai fortement envie de privilégier mon deuxième titre, La Part de l'autre, car non seulement il donne le principe du livre mais il en suggère la dimension éthique: poursuite de l'altérité chez Adolf H., fuite de l'altérité chez Hitler.»













