samedi 20 décembre 2008
Profiter des fêtes de famille
Pour un grand nombre de personnes, les fêtes de famille sont un fardeau plus qu'un plaisir. Malgré le désir de s'amuser, on y vit souvent un profond ennui, une sombre solitude ou des colères plus ou moins retenues.
C'est parce que nous ne disons pas les choses importantes aux personnes qui nous importent le plus que nous vivons ce sentiment d'isolement et d'être étranger envers elles. C'est parce que les émotions qui nous habitent sont immobilisées derrière un mur de silence (et souvent une indifférence qui n'est qu'apparente) que nous tombons dans l'ennui. C'est parce que nous n'arrivons pas à faire une place adéquate à nos frustrations importantes que nous en venons à devenir agressifs avec ceux qui nous sont chers.
Les rencontres familiales traditionnelles sont une occasion remarquable de sortir du silence pour raviver nos relations avec les personnes qui nous importent le plus. La tradition veut qu'on y rencontre "la famille au complet" et qu'on y échange des souhaits et des cadeaux. Si on veut en profiter, ces coutumes peuvent servir de prétexte pour faire des pas importants qu'il serait plus difficile de faire en temps normal.
Il ne s'agit pas d'entreprendre une longue séance de "lavage de linge sale en famille", ni de se "décharger le coeur" de tout ce qu'on a toléré en silence depuis des années. Il s'agit plutôt de retrouver, au centre de soi, la vérité non dite qui ouvrira la porte au renouvellement du lien. Une fois ce besoin identifié, il s'agit de lui faire une place satisfaisante qui tienne compte de l'ensemble de la situation: mes désirs et mes limites, la personnalité de l'autre, les autres personnes qui sont sur place, etc.
Quelques exemples:
- Une carte de souhaits où on exprime notre désir de rapprochement à la personne dont on se trouve plus loin qu'on le voudrait.
- Pour accompagner un cadeau: un petit mot bien choisi où on exprime l'admiration, l'estime ou la reconnaissance qu'on dissimule habituellement.
- Ajouter un mot qui traduit bien nos sentiments à un geste rituel comme l'accolade.
- Dans les échanges de souhaits: proposer, à la personne avec laquelle on a un vieux conflit, une rencontre spéciale pour tenter de le résoudre enfin.
Comment procéder
Préparation (à l'avance, au moins la veille)
- Identifier ce qui a le plus d'importance dans notre relation actuelle avec chaque personne.
- Pour chaque personne, cerner le besoin qui est en cause: ce qu'on voudrait, ce qui nous manque, ce qu'on espère.
- Formuler par écrit ce qu'on aurait à dire sur la question à la personne concernée.
- Vérifier s'il s'agit d'un reproche . Si oui: reformuler d'une façon qui traduise mieux notre besoin sans se cacher sous un reproche.
- Vérifier si nous sommes prêt à assumer cette expression. Il est normal de trouver qu'il y a un risque, que c'est compromettant, qu'on pourrait être ému ou émouvoir: l'important est d'être prêt à vivre avec ce risque et les réactions.
- Choisir la façon d'exprimer ce message. Est-ce que je veux le dire de vive voix et profiter du moment spécial que cela créera entre nous? Est-ce que je préfère le laisser discrètement par écrit et nous donner à tous deux un peu plus de temps d'apprivoisement? Peu importe la méthode choisie, pourvu qu'elle respecte à la fois ce que je veux exprimer et les deux personnes impliquées.
Exécution :
- Décider quel est le moment le plus opportun.
- 2.Passer à l'action. Une fois la décision bien prise, il s'agit de la suivre. Ce ne sera pas plus facile ni moins nécessaire dans un an! Mais attention: toute expression de ce genre doit être faite sans "l'aide" de l'alcool. Le courage puisé dans la boisson est illusoire; il nous laisse ensuite incapables d'assumer réellement ce que nous avons fait.
Heureuses retrouvailles!
Pour lire l'article en entier ou d'autres outils, le site RedPsy
jeudi 18 septembre 2008
I love your blog
Je ne suis pas du tout chaîne et compagnie, mais comme une de mes chères filles m'a décerné une "récompense" :
, je ne peux pas ne pas répondre à cette demande.
Alors Merci Rosa, et à mon tour (si j'ai bien compris, et à mon corps défendant ;) ) de désigner 7 autres blogs :
- celui de mon ami Zafu, qui je suis sûr sera aussi motivé que moi pour continuer cette chaîne ;)
- de mes amies Ariaga, Juliette, Mutti, Arthémisia, Nad, Anne-Marie, Lilou, Rose, Mocka, Marie-Eve, et bien que je puisse ainsi continuer longtemps (cela permet au moins de voir toutes les personnes avec qui on a des contacts chaleureux par le net) j'arrête là puisqu'il ne fallait en citer que 7. Vous me direz qu'il y en a plus que 7, mais comme Rosa en avait mis moins ... c'est cela l'esprit de famille ;)
Toutes et Tous, j'en suis sûr, seront enthousiasmés par une telle démarche & d'avoir eux mêmes à mettre cette magnfique récompense sur leur blog et d'en désigner 7 autres chacun ! (et s'il vous plait ne soyez pas vaches, ne me retournez pas la pareille pour ce genre de chaîne, je ne sais plus si je l'ai dit, mais je ne suis pas très joueur ;) )
Je vous embrasse tous et toutes, cités ou non, et je vous retrouve en début de semaine prochaine, ayant à participer à m'occuper de la préparation de notre week-end zen !
Je vous souhaite à vous aussi un beau week-end
lundi 2 juillet 2007
LA DEMEURE DES DIEUX

"Temple racine" photo © Estelle Rollin
Tcheuky Sengyé, dans « Le temple tibétain & son symbolisme » (Editions Claire Lumière, 1998) nous révèle qu’une « maison, un manoir, un château sont le fruit de l'intelligence, de l'imagination et de l'habileté des humains, bâtis pour le confort et l'agrément de cette vie. Un temple se veut, quant à lui, le reflet terrestre d'une réalité divine, la projection dans la matière pesante de ce monde de l'impalpable lumière d'un autre monde. Ainsi le temple de Jérusalem était-il l'image de la Jérusalem céleste et le Potala de Lhassa la représentation du Pot al a divin, demeure d'Avalokiteshvara.
Le nom même qu'utilisent les Tibétains pour désigner le temple, "lhakhang", en dit assez sur ce qu'il représente, puisqu'il signifie simplement "Demeure (khang) des Dieux (lha)".
C'est pourquoi, entrer dans un temple, c'est entrer dans le lieu qui préfigure notre propre vie divine. »
Et en lisant cela je pensais à notre façon de « voir » les humains & d’être en capacité de les aider si nécessaire.
Pour aider quelqu'un sans chercher à projeter sur lui nos propres désirs (nous aimerions qu’il soit de telle ou telle manière) il est nécessaire de faire preuve d’empathie ou de compassion (deux mots d’origine grecque pour l’un & latine pour l’autre qui veulent dire la même chose : rentrer dans la souffrance de l’autre).
C’est tenir compte de l’interdépendance qui nous régit, et sentir que sa souffrance nous touche aussi. D’ailleurs nous sommes tous sensibles aux mêmes besoins de base, aux mêmes manques (nourriture, boisson, chaleur, abri, affection, amour, sexualité...) même si c’est à des niveaux différents.
Pour aider quelqu'un il faut donc prendre conscience & entrer en cette souffrance. Mais de même qu’à l’entrée des temples tibétains il y a des peintures représentant les « Lokapalas » (les protecteurs), qui sont chargés de faire peur et d’empêcher des êtres malfaisants d’entrer, de la même manière la souffrance n’est qu’une antichambre de la personne, il faut donc savoir aller plus loin et voir en la personne ce noyau d’humanité sur lequel nous sommes tous bâtis et qui nous unit tous.
Centre Spirituel qui pourra se révéler quand les peurs et les souffrances auront baissé leurs gardes.
Même la « pire des personnes » possède ce noyau. Nous pouvons ne pas admettre les actes négatifs que fait cette personne & néanmoins voir ce cœur vivant, symboliquement cette « demeure des dieux ».
Si nous ne sommes pas en capacité de le voir nous ne pourrons pas aider, mais seulement juger.
mardi 26 juin 2007
FAIRE L'AMOUR S'APPREND
Il y a des évidences et qui ne le sont pas.
Par exemple avoir une relation sexuelle est quelque chose d’évident (cela fait partie de nos besoins primitifs, issus du « cerveau reptilien »), pas besoin de l’apprendre. Mais savoir communiquer dans un couple, dans une relation intime, avoir des relations sexuelles respecteuses et enrichissantes, et ce, pendant un temps qui peut s’étaler sur quelques années, cela est beaucoup plus complexe.
« Notre société consacre beaucoup plus d'énergie à l'apprentissage de la conduite automobile qu'à celui d'une sexualité épanouie et joyeuse. Quel symbole chargé de sens !
Si notre culture appliquait à l'apprentissage de la conduite automobile les attitudes qu'elle a développées à propos de l'apprentissage de la sexualité, un candidat conducteur s'installerait au volant dans le garage et cherchant à découvrir seul comment marche cet engin tout à fait inconnu.
Les moins doués se contenteraient de faire "vroum, vroum" sans arriver à mettre le moteur en marche; les plus doués arriveraient sans doute, après des années d'efforts, à sortir du garage.
Quant à se débrouiller dans la circulation...
La comparaison manque peut-être de subtilité mais elle reflète les choix du groupe social auquel nous appartenons: des milliers d'heures pour acquérir toujours plus de savoir et rien, ou presque, pour apprendre à vivre des relations humaines de qualité (apprivoiser l'amour, les émotions, son propre corps, la sensualité et la sexualité).
Les conditionnements culturels vont aboutir à ce que les hommes se sentent obligés, pour être "de vrais mecs"(?), de faire "comme s'ils savaient". Ils n'oseront généralement pas dire à leur partenaire: "Écoute, je connais peu mon corps et encore moins le tien. J'ai peul; je suis intimidé. Veux -tu que nous apprenions ensemble ?"
Et ces mêmes conditionnements aboutiront souvent à ce que les femmes s'imaginent que les hommes "savent".
Que de regrettables malentendus!
Apprendre à faire l'amour est sans fin, c'est un choix qui consiste à se dire: "Pour que notre vie sexuelle reste vivante, avec des changements et des découvertes à l'opposé de la routine et de l'ennui, prenons du temps pour découvrir cela". »
Ajanta & Serge Vidal-Graf, Mais tu ne m’avais jamais dit çà !, la communication intime dans le couple, Editions Jouvence, 1998
vendredi 8 juin 2007
ETRE BOUDDHISTE DANS LES LIVRES OU SUR UN COUSSIN
Au delà des querelles de ceux qui ont du temps à perdre en blabla stériles, de savoir si le bouddhisme est une religion ou une philosophie, pour moi c’est une pratique.
Et ces dernières années, le bouddhisme est très à la mode, poser ses fesses sur un zafou fait très sérieux et zen. Faire zen c’est faire cool.
Mais si c’est pour s’enfermer sur soi, sur sa pratique (qui ne correspond d’ailleurs peut être à rien dans le bouddhisme ?) cela est vraiment du temps perdu. Si on ne reste pas ouvert sur la vie, sur les autres, sur ses proches jusqu’à progressivement tous les humains, nous sommes de bien piètres bouddhistes.
La pratique n’est pas tant le temps passé en méditation que ce que nous faisons et comment nous sommes, dans la vie ! Quelle ouverture aux autres, à leurs souffrances, à leurs bonheurs, avons nous réellement ?
« En examinant les mœurs des autres, nous apprenons non seulement à les connaître, mais nous ne sommes plus si certains que les nôtres sont les plus excellentes. »
René Descartes
Quelqu'un qui connaîtrait par cœur les « Trois Corbeilles » serait encore bien loin de la réalisation s’il n’avait pas une pratique de compassion concrète. On voit trop de bouddhistes plein de compassion « sur le papier » mais dès qu’ils vivent quelque chose de difficile qui ne pensent qu’à « pourrir la vie » de leur prochain ! (je parle de vécu !)
« Un simple souhait pour le bien du monde l’emporte sur l’adoration du Bouddha : combien plus s’il s’y joint l’effort de donner à tous les êtres tout le bonheur ! »
Shantideva - La Marche à la lumière – Bodhicaryavatara – Ed Les Deux océans – 1987
La vie est LE Maître, elle est autant à préserver qu’elle nous préserve et nous enseigne.
« Quiconque sauve une vie sauve le monde entier. »
Steven Spielberg
vendredi 18 mai 2007
PRENDRE DE SOIN DE SOI ET DES AUTRES

Couple d'Anhk, bijou symbolique créé par Georges Geyduschek ©
Pour mon retour (très progressif, car beaucoup de mails et de commentaires, tous très riches, et auxquels je ne répondrai que petit à petit pour le faire calmement) j’ai préparé deux textes, pour prendre de soin de soi et des autres, les deux étant intimement liés comme vous l’avez vous même écrit dans les derniers commentaires.
« Imagine toi épanoui, satisfait, heureux, prospère et reconnu. Ouvre vraiment tes yeux et ton coeur à la bonté, à la beauté et à la prospérité environnantes. Imagine le monde se transformer en un lieu rayonnant de bonheur, prospère, où chacun puisse s'épanouir et resplendir. »
Shakti Gawain, Un instant, une pensée. Le Souffle d’Or, 1989
Une autre pratique, destinée à la personne que l’on aime, en couple, en famille, un(e) proche à qui on tient :
« Aimer, c'est être; être aimé, c'est être reconnu par l'autre. Si vous aimez quelqu'un et si vous continuez à ignorer sa présence, ce n'est pas de l'amour véritable. Peut-être n'avez-vous pas l'intention de l'ignorer, mais votre manière d'agir, de regarder, de parler ne manifeste pas ce désir de reconnaître la présence de l'autre.
Quand on est aimé, on veut que l'autre reconnaisse notre présence, et ceci est une pratique très importante. Il faut s'arranger pour que vous puissiez faire cela: reconnaître la présence de celui ou de celle que vous aimez plusieurs fois chaque jour.
Pour atteindre ce but, il faut aussi pratiquer l'unicité du corps et de l'esprit. Pratiquez la respiration consciente trois fois, cinq fois, sept fois; vous vous dirigez alors vers cette personne, vous la regardez avec pleine conscience, avec le sourire, et vous commencez à prononcer ce « mantra »: « Chéri(e), je sais que tu es là, et j'en suis très heureux. »
Thich Nhat Hanh, Vivre en pleine conscience, Editions Terre du Ciel, 1997
jeudi 15 mars 2007
L’AMOUR QUI FRUCTIFIE
PHOTO RETIREE A LA DEMANDE DE SON AUTEUR
"Coup de foudre" (physalis) par Ossiane © L'Oeil Ouvert
On a tous besoin d’amour, et le besoin d’avoir plus d’amour. De même que nous nous projetons souvent dans le futur (plus tard je pourrai… je ferai… ce sera…) de même nous considérons qu’à cause de notre passé et dans notre présent nous n’avons jamais assez d’amour, créant ainsi plus de souffrance que celle existante, inhérente à la vie, a contrario de l’amour que nous pouvons malgré tout avoir déjà aujourd’hui.
On peut certes débuter une thérapie pour aller chercher dans le passé pourquoi on a ce sentiment de ne pas avoir été assez aimé, qu’est ce qui nous a rendu malheureux dans notre enfance.
Mais ce qu’il faut savoir c’est que nous sommes tous dans ce manque.
Ce que Freud appelle le sentiment océanique, cette émotion particulière, ce sentiment d'illimité, d'infini, d'éternité, qui pour lui est lié au moi primitif du nourrisson qui ne fait pas la différence entre son moi & celui de sa mère et même le monde extérieur. L’adulte sentirait alors son « moi » comme un ego réduit par la réalité, trop dure à vivre et conserverait la nostalgie de ce moi absolu issu du mental émotionnel infantile.
Quand on a compris que tout le monde recherche ce besoin de plus d’amour, on peut donner de son amour d’une manière aussi illimitée qu’on souhaite en recevoir.
Ainsi dans nos relations sociales, comme dans celles familiales, comme dans celles conjugales, le tout n’est pas de « s’aimer » mais de le montrer par toutes sortes d’attentions : compliments, félicitations, douceur, tendresse, poésies, musiques, couleurs, célébrations (comme disent nos amis Québécois), cadeaux, passions, mystères, renouveau, étreintes, embrassades, méditations.
Plus vous recevrez ainsi un amour intense, plus vous en recevrez en retour, plus vous en dépensez, plus il fructifie.
lundi 5 février 2007
L’INTIMITE

Acrilyque par Denise Faith ©
« L’intimité, c’est de pouvoir déposer des rêves & des projets dans les possibles de l’autre…
Avec l’espoir d’en réaliser quelques-uns ensemble.
Vivre en couple dans la durée,
c’est apprendre à créer & à vivre une intimité personnelle (reconnue par l’autre) & une intimité commune (respectée par chacun)
Il faut du temps, beaucoup de temps pour créer une intimité harmonieuse.
Il faut beaucoup de temps & d’amour pour respecter l’intimité parfois proche de l’autre,
& quelquefois plus lointaine. »
Jacques Salomé, Eloge du couple, Albin Michel, 1998







