Lung Ta Zen

« Pour aimer il faut être libre, pour être libre il ne faut pas avoir peur » Zen, bouddhisme libertaire, méditation, tantrisme, action non-violente, thérapie, pyschologie, bien être

samedi 19 avril 2008

Esprit d'éveil : Enseignement & pratique

Une journée zen à Nantes le samedi 3 mai 2008

 

Nous proposons une journée zen à Nantes combinant des méditations et des enseignements. La journée sera animée par Éric Rommeluère, enseignant zen.

La date et les horaires :

Le samedi 3 mai 2008 de 9 h à 17 h 30 (sous réserve de modifications). La journée se déroulera comme suit :

 

- 8 h 30 - 8 h 50 : ouverture des portes, accueil
- 9 h 00 - 9 h 30 : Instructions sur la méditation

- 9 h 45 - 10 h 15 : méditation assise (zazen)
- 10 h 15 - 10 h 30 : méditation marchée (kinhin)
- 10 h 30 - 11 h 00 : méditation assise
- 11 h 00 - 11 h 15 : méditation marchée

- 11 h 15 - 12 h 15 : enseignement
- 12 h 30 - 14 h 30 : déjeuner, repos

- 14 h 30 - 15 h 00 : méditation assise
- 15 h 00 - 15 h 15 : méditation marchée
- 15 h 15 - 15 h 45 : méditation assise
- 15 h 45 - 16 h 00 : méditation marchée

- 16 h 00 - 17 h 00 : enseignement
- 17 h 30 : clôture de la journée

Il est recommandé d'apporter son coussin de méditation. Nous n'acceptons pas de participation partielle. Chaque participant apporte un plat à partager pour le repas de midi.

L'adresse :

Centre Tchenrezik, un petit lieu méditatif en ville permettant d'accueillir une douzaine de personnes. Attention donc, le nombre de places est limité. Le centre se trouve au 18 rue du Pélican 44400 Rezé.

 

 

Tramway : ligne 3, Arrêt Espace Diderot. Suivre la rue du Château de Rezé puis, dans le prolongement, la rue Maurice Jouaud jusqu'à la rue du Pélican sur la gauche. Plan Google Maps.

L'enseignant :

Éric Rommeluère a pris les vœux bouddhistes en 1981, pratiquant notamment une dizaine d'années avec le moine japonais Ryôtan Tokuda. En 2001, il a reçu la transmission du maître zen Gudô Wafu Nishijima rôshi.

La participation :

Elle est fixée à 35 euros (25 euros pour les frais, 10 euros pour l'enseignement). Il est nécessaire d'être membre de l'association Un Zen Occidental pour se joindre à la journée (20 euros la cotisation annuelle valable de date à date).

Pour s'inscrire :

Il suffit de se pré-inscrire en ligne [cliquez]. Vous recevrez ensuite par courrier électronique un bulletin d'inscription au format PDF à nous retourner dûment complété avec votre règlement par voie postale.

Des questions complémentaires ?

Vous pouvez nous écrire à l'adresse info@zen-occidental.net ou nous téléphoner au 01 40 44 53 94. Vous pouvez également joindre Frédéric Baylot, notre correspondant nantais, soit par courrier électronique lungta@free.fr soit par téléphone au 06 67 62 93 53.

 

 

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samedi 26 janvier 2008

ATISHA

atisha

« Pendant plusieurs années, le roi Yeshe Od essaya de faire venir le célèbre pandit Atisha au Tibet, mais celui-ci était tellement populaire en Inde que les monastères refusaient de le laisser partir. Yeshe Od décida alors de se rendre au Turkestan afin de trouver suffisamment d'or pour appuyer sa requête. Il tomba, hélas, aux mains du peuple garlok, dont le roi demanda comme rançon l'équivalent en or du poids de Yeshe Od. Jangchub Od, le neveu de Yeshe Od, parvint à réunir la presque totalité de la rançon demandée et la présenta au roi des Garloks.
Le poids de la tête manquant, le roi refusa la rançon. Yeshe Od put toutefois s'entretenir avec son neveu. Comparant les dix années qu'il pouvait peut-être encore espérer vivre, s'il était libéré, avec les immenses bénéfices que pourrait apporter la venue d'Atisha au Tibet, il demanda à son neveu d'envoyer la somme réunie aux monastères indiens avec le message qu'en plus de cet or, c'était la vie d'un roi qui avait été offerte pour qu' Atisha puisse venir enseigner au Tibet. Yeshe Od mourut entre les mains des Garloks, mais le don qu'il avait fait de sa propre personne allait permettre de poser l'une des plus fortes fondations de tout le bouddhisme tibétain.

 

Lorsque Atisha arriva au Tibet, il lui fut demandé de dispenser l'enseignement le plus adapté au peuple tibétain. Il composa alors le court texte de la Lampe pour la voie de l'éveil, dans lequel il parvint à synthétiser l'ensemble de la doctrine du Bouddha sous une forme facilement abordable.

 

Au cours des siècles, des centaines de commentaires de la Lampe pour la voie de l'éveil, qui sont autant de façons de présenter le système de pratique établi par Atisha, allaient être composés par les maîtres tibétains. Ils sont connus sous le nom de Lam Rim ou «  étapes de la progression vers l'éveil ».

 

L'importance d' Atisha pour le bouddhisme tibétain ne sera jamais assez soulignée.

 

Il  a en fait véritablement insufflé à toute la tradition tibétaine cet esprit d'inséparabilité des différents aspects de la pratique, symbolisé par la devise: « Une pratique externe de la discipline éthique (le Hinayana), une pratique interne de l'esprit altruiste d'éveil (le Mahayana) et une pratique secrète du mantra secret (le Vajrayana). »

 

Tenzin Gyatso



Un chant sacré
Un " Je " se crée comme un chant se crée .

Lorsque je maîtrise la note et l'instrument
et que je m'accorde à chacun
à travers la mélodie
tout en vibrant de ma propre résonance .

En un jeu secret comme un chant sacré .
  Lilou


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dimanche 20 janvier 2008

Si le remède est bon, la maladie sera guérie

guerison

« La Vérité n'a pas d'étiquette : elle n'est ni bouddhiste, ni chrétienne, ni hindoue, ni musulmane. La vérité n'est le monopole de personne. Les étiquettes sectaires sont un obstacle à la libre compréhension de la Vérité, et elles introduisent dans l'esprit de l'homme des préjugés malfaisants.

Cela est vrai non seulement en matière intellectuelle et spirituelle, mais aussi dans les relations humaines. Quand, par exemple, nous rencontrons un homme, nous ne le voyons pas comme un individu humain, mais nous mettons sur lui une étiquette l'identifiant en tant qu'Anglais, Français, Allemand, Américain ou Juif, et nous le considérons avec tous les préjugés associés dans notre esprit à cette étiquette.

Les gens affectionnent tellement les appellations discriminatoires qu'ils vont jusqu'à les appliquer à des qualités et à des sentiments humains communs à tout le monde. C'est ainsi qu'ils parlent de différentes « marques» de charité, par exemple de charité bouddhiste ou de charité chrétienne, et méprisent d'autres marques de charité. Mais la charité ne peut pas être sectaire. La charité est la charité, si c'est de la charité. Elle n'est ni chrétienne, ni bouddhiste, ni hindoue ou musulmane.

L'amour d'une mère pour son enfant n'est ni bouddhiste, ni chrétien ni d'aucune autre qualification. C'est l'amour maternel.

Pour comprendre la Vérité, il n'est pas nécessaire de savoir si l'enseignement vient du Bouddha ou de quelqu'un d'autre. L'essentiel est de voir la chose, de la comprendre.

Si le remède est bon, la maladie sera guérie. Peu importe de savoir qui l'a préparé et d'où il vient. »

Walpola Rahula




Du remède aux saveurs

Essayez donc d'attraper un parfum
les bruits de la forêt
le murmure de l'eau
le rayon de soleil
ou la brise d'été
la couleur du ciel
et toutes ces idées
que vous voyez passer.

Essayez donc et vous comprendrez
qu'à vouloir tout saisir
l'humain oublie d'exister
et suivant ses désirs
s'obstine à chercher
le trésor qui coule à ses pieds
Tant la saveur de la vie
ne se laisse enfermer .

  Lilou

 

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mercredi 16 janvier 2008

la voie du Bouddha

bud1


"Le bouddhisme a été pensé, au cours du XIXe siècle, comme une religion nihiliste, invitant à une célébration du néant et à la lassitude de vivre.
Pour Nietzsche, le bouddhisme, affirmant la souffrance qui marque toute existence et voulant nous en délivrer, se dresse contre la vie, contre le vouloir-vivre, que le philosophe tente, de toutes ses forces, de préserver. (Le Nouvel Observateur, hors-série n° 50, avril-juin 2003, p. 21 souligne à juste titre que Nietzsche est, par ses efforts pour se libérer du ressentiment, bien plus proche du bouddhisme que Schopenhauer.)
Alors que le Bouddha montre tout au contraire comment nous délivrer de la maladie pour libérer, en nous, la vie.

Le bouddhisme ne porte aucune atteinte à l'existence, mais cherche, au contraire, à la délivrer de ce qui entrave son déploiement. Il œuvre à nous défaire des klesha.
Les klesha sont les facteurs mentaux qui perturbent l'esprit et qui, produisant un état de confusion, poussent à commettre des actions négatives, sources de souffrance. Ils ne s'opposent nullement à la raison, mais à un état de paix et de clarté d'esprit.
On en distingue généralement trois: la volonté de saisir, l'avidité ou l'attachement, celle de rejeter ou l'agression, et celle d'ignorer, c'est-à-dire refuser d'accorder son attention à quelque chose ou quelqu'un.Tous les autres klesha sont déduites de ces trois principales.

Le bouddhisme est un cheminement offert aux hommes pour les aider à se délivrer de toutes les formes de manipulation qui travestissent leur rapport à ce qui est. Rien en lui n'est pessimiste: contrairement à ce qu'affirmait Schopenhauer, il ne cesse de montrer des voies de libération pour mieux la célébrer.
Le bouddhisme nous apprend à développer une attention plus fine à ce que nous vivons, faisant apparaître nos stratégies habituelles de fuite - tentatives que l'on pourrait nommer avec Pascal de «divertissements ».

Une soif nous pousse, comme malgré nous, dans une course en avant.
Elle rend impossibles une spontanéité et une présence véritables.
Cette soif n'est jamais comblée car paradoxalement elle ne désire rien de réel; rien ne peut donc réussir à la satisfaire.

Le bouddhisme, profondément non dualiste, ne rejette rien et certainement pas la souffrance. Il nous apprend à la reconnaître.
La souffrance ne doit justement pas être évitée, mais honnêtement reconnue. Elle est inévitable. La fuir est vain. Pour cette raison, chercher le confort sans être d'abord entré en rapport à ce que nous sommes ne nous conduit qu'à l'égarement.

Chogyam Trungpa insistait sur l'importance pour chacun de célébrer sa vie.
Il disait :
"S'il vous plaît, réjouissez-vous de la vie! Que vous soyez en forme ou déprimé n'a pas d'importance. S'il vous plaît, appréciez votre vie!. »
Hugo von Hofmannsthal disait lui : «La joie exige toujours plus d'abandon, plus de courage, que la douleur. Dans cette mesure même, s'abandonner à la joie signifie précisément défier les ténèbres inconnues. »
Nous n'avons pas à être constamment sur le qui-vive ou à nous sentir coupable. Il est possible de s'abandonner au présent avec joie, ici et maintenant. Voilà le cœur de l' enseignement bouddhiste ! Être.

La tradition bouddhiste ne prêche pas « l'abandon du désir» car celui-ci peut nous permettre de nous ouvrir, de célébrer et d'épouser plus justement le monde. Mais il importe d'abandonner la lutte, la saisie qui accompagne l'attachement, le souci de prendre pour soi.
Il s'agit d'avoir en-vie de quelque chose. "

Fabrice Midal




Avoir en-vie

Dans toute larme il y a
une parcelle de Joie .
il suffit de la cueillir
la réchauffer entre ses doigts
pour la voir jaillir
et assécher de son éclat
cette larme posée là.

Dans toute vie il y a
une étincelle de Joie.
chacun est libre de la cueillir
pour la déposer en soi
et chaque jour la voir grandir
comme une lumière fidèle
guidant ses pas .

Lilou


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lundi 17 décembre 2007

LE KARMA

karma
Peinture de Nicolas Roerich

Le karma est un mot sanscrit qui veut dire « action ». Toutes nos actions physiques, mentales ou émotionnelles laissent une empreinte en nous. Ces empreintes, telle des graines plantées sous terre, finiront par porter leurs fruits, c’est à dire qu’elles sont causes d’expériences futures.

Une graine positive (qui favorise la vie) apportera un fruit positif, soit un contexte agréable à vivre pour nous. Une graine négative (actions qui vont contre la vie) apportera un fruit fait d’épreuves difficiles à vivre.

La croyance bouddhiste en orient est que ces expériences peuvent survenir sur le terme de plusieurs vies. Pour moi c’est une croyance, c’est à dire qu’il ne s’agit pas d’un fait scientifique, mais d’une construction mentale, une hypothèse qui donne sens à sa vie. La considérant comme une croyance, c’est à chacun de décider s’il partage ou non cette croyance, si cela est aidant ou non pour lui à mener une vie plus spacieuse.

Mais de toutes les manières, que les fruits prennent plusieurs vies ou années pour mûrir ne remet pas en cause le principe de cette loi de cause à effet. Loi qu’on peut démontrer et rencontrer à tout moment. D’un point de vue humain c’est même un mécanisme qu’on connaît bien maintenant, par exemple par les liens que fait le système neurovégétatif autonome entre le (dys)fonctionnement des organes d’avec les émotions.

Donc ce que nous vivons n’est pas une « punition », donnée par quelqu'un d’extérieur à nous, mais le résultat de ce que nous avons fait dans un contexte donné.

La principale cause de ce karma est la « saisie du soi ». Toutes nos perturbations mentales, émotionnelles & physiques en découlent. C’est à dire que nous nous centrons trop sur un personnage mythique que nous prenons pour le « JE » (& hélas pas comme un jeu de construction), alors que c’est un assemblage transitoire et changeant de phénomènes, relié à toute vie qui l’entoure.

On dit qu’il y a trois types d’actions que nous pouvons mettre en œuvre. Cette répartition tient compte d’une manière graduelle, de ce qui favorise ou pas la vie :

  1. les actions dites « vertueuses » qui vont être le don, la patience, la sérénité, l’écoute, la disponibilité, la solidarité, l’éthique
  2. les actions dites « non- vertueuses », comme évidemment tuer, mais aussi voler, ne pas respecter les êtres, imposer des pratiques sexuelles à une personne non consentante, le mensonge, le  bavardage inutile, les paroles blessantes, la convoitise, la jalousie, la méchanceté
  3. et les actions dites « neutres » qui sont les actions quotidiennes qui ne participent ni de l’un ni de l’autre, c’est à dire sans motivation ou effet de nuire ou de faire du bien.

Quand nous prenons conscience de cela, nous cherchons à ne plus créer (ou le moins possible) de contexte négatif qui irait à contre sens de la vie, de la joie, du bonheur, de façon à ne pas se créer d’autres situations difficiles à traverser.

Mais la méditation permet d’aller plus loin, car elle nous permet de prendre conscience que même les actions vertueuses peuvent être perturbées par la saisie de soi (je peux vouloir être bénévole dans une association caritative parce que j’ai besoin de reconnaissance suite à un manque particulier).




Qui parle en moi ?

Nous sommes si nombreux
à dire " je"
De ces "je " pressés
prompts à gesticuler
pour mieux retomber
épuisés.

Se poser la question
pour comprendre la raison
de leur obstination
c'est dénouer les  fils
et tisser la trame
qui touche à notre âme .

Il est au fond de nous
un être de lumière
écoutons le se taire
en un sourire qui dit
simplement: je suis .

Lilou

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lundi 3 décembre 2007

LE VERITABLE TRESOR

cache

« Bodhidharma, né à Sri Lanka vers 500 après Jésus-Christ, était le troisième fils du roi de cette région indienne. A l'âge de huit ans, on pouvait affirmer qu'il avait déjà le satori. Voici pourquoi:

Un jour, son maître, un très grand moine qui s'appelait Hannya Tara, reçut du roi une pierre d'une valeur inestimable.
Le maître demanda aux trois princes: « Connaissez-vous quelque chose d'une valeur plus grande que cette pierre dans notre monde ?»

Le prince aîné répondit : «  Seulement vous, Maître avez reçu ce cadeau, Vous êtes en possession du plus beau trésor de la terre. »

Le deuxième prince répondit également: « Même en cherchant toute notre vie, nous ne pourrons trouver dans notre monde, une pierre comparable. »

Bodhidharma, alors âgé de huit ans, dit à son tour:

« C'est un véritable trésor, un trésor inestimable, mais c'est un trésor de œ monde, un trésor vulgaire.
Aussi, je pense que notre véritable sagesse est d'une grande valeur. Comprendre la valeur de ce trésor est également une forme de sagesse ; néanmoins, cette sagesse n’a pas de profondeur ; comprendre que le diamant est une pierre très précieuse d’une valeur bien plus grande que le bout de verre est de la sagesse sociale. »

Et Bodhidharma continua: « La véritable sagesse est de nous comprendre nous-mêmes.
»

Taisen Deshimaru



Vivre

Epouser la joie
l'accueillir
vibrer à travers elle.

Epouser la peine
l'accueillir
vibrer à travers elle.

Juste s'attacher à vibrer
de notre propre résonance
au monde .

lilou


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mercredi 21 novembre 2007

LES TROIS SEIGNEURS DU MATERIALISME

yinyang

© Tao du Jardinage

Le moi égocentrique se renforce par trois auto-processus que les Tibétains appellent « les trois seigneurs du matérialisme » comme nous l’indique Chögyam Trungpa:

  1. Le 1er est le Seigneur de la forme. C’est le désir de créer un monde artificiel qui éviterait au corps toute fatigue et tout effort. Ainsi actuellement la tendance est de manger « mou » (Nutella, nuggets, steaks hachés...), de boire doux (Coca...), de ne pas marcher (ascenceur, escalator, voiture..), de se « cultiver » vautré sur son canapé etc. Mais ce « Seigneur » n’est pas tant l’effet que le désir névrotique d’y accéder.
  2. Le 2ème Seigneur est celui de la « Parole ». C’est l’intellect qui construit des systèmes qui nous rassurent et nous enferment. Toutes les constructions en « isme » (du libéralisme au marxisme, mais aussi dont le bouddhisme ! - terme qui n’existe d'ailleurs pas traditionnellement au Tibet.) qui nous permettent d’être tranquillisés face aux évènements imprévus en ayant toujours un avis figé. Il nous empêche de nous ouvrir à l’autre, de comprendre d’autres points de vue, de voir le monde tel qu’il est.
  3. Le dernier est le « Seigneur de l’Esprit ». C’est en fait tous les efforts faits par la personnalité égotique pour récupérer à son profit toute pratique qui tendrait à l’ouvrir à la conscience de l’interdépendance & de l'impermanence. Ainsi ce sont toutes les expériences « new age » basées sur des pratiques traditionnelles, mais détournées pour renforcer le moi (être plus performant, meilleure mémoire, mieux réussir, avoir un corps idéal, une santé sans faille, une sexualité débordante...)

Ces « trois Seigneurs » sont trop puissants pour être annihilés en s’opposant à eux. Quoiqu’on fasse pour lutter contre eux, on leur offre une nourriture qui les rend plus forts, plus rigides.

La méditation est un outil non-violent, c’est le « laisser être ». On ne lutte plus contre, mais on laisse s’épuiser ces Seigneurs dans leurs combats incessants, jusqu’à ce que de guerre lasse, apparaisse une qualité saine et d’éveil, déjà présente en nous &  qui était camouflée par ces « Seigneurs », par leur agitation. Avec le non-faire de la méditation on s’éloigne de toute construction pour fuir l’effort, on s’ouvre à tous les points de vue, on ne lutte plus, on suit le courant de la vie.

On découvre cet espace large et confortable où les opposés sont complémentaires (symbole du Tao : le Yin & le Yang).

J’aime cette phrase de Christiane Singer pour le définir : « Le lieu où tout est réconcilié, où les lions lèchent les yeux des biches, où la vie et la mort se prennent dans les bras et pleurent en silence ».



Sans effort
"donner naissance à un rêve "

Pour naître je dois savoir suivre..
Pour suivre je dois savoir quitter
l'habitude que j'ai de décider
du cours des choses.
Pour quitter il me faut être résolu
et confiant dans ma capacité
à saisir le nouveau.

et mon ouvrage prend forme .

J'ai fait un rêve..
j'étais guérie.
J'ai pris mon rêve..
je l'ai suivi.
j'ai quitté l'idée ..
de vouloir guérir.
pour mieux plonger..
dans ce que j'étais.
J'y ai trouvé
la joie d'exister.
ainsi..je suis née .

A chaque instant , quelque part , quelque chose en nous ,ne demande qu'à naître ..écoutons le

lilou

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lundi 10 septembre 2007

LAISSER TOUTE CHOSE

laissertoutechosejpg

La vacuité n’est pas de vivre dans un monde idéalisé, libre de toute contrainte, connaissant un bonheur d’image d’Epinal. La vacuité c’est de trouver le bonheur dans l’instant tel qu’il est sans perdre sa capacité d’action pour aider toute forme de vie.
Chercher la réponse à l’extérieur de soi, que ce soit dans des biens matériels ou des acquisitions spirituelles est du même niveau. Voilà ce qu’en dit Eckhart avec ses mots de chrétiens :

«  Certains cherchent la paix dans les choses extérieures, dans un lieu, dans un mode de faire, dans la société des hommes ou dans les œuvres, en partant vivre ailleurs ou dans la pauvreté ou dans l'abaissement, si grand que ce soit, ou quoi que ce soit, tout cela n'est pourtant rien et ne leur donne pas la paix. Ils cherchent fort mal, ceux qui cherchent ainsi. Plus ils s'éloignent, moins ils trouvent ce qu'ils cherchent. Ils vont comme celui qui a perdu sa route: plus il s'éloigne, plus il s'égare.

Mais alors, que doit-il faire?

Il doit d'abord se laisser lui-même, ainsi, il aura laissé toutes choses. En vérité, un homme laisserait-il un royaume, voire le monde entier, et se garderait-il lui-même, il n'aurait rien laissé. Oui, et si un homme se laisse lui-même, quoi qu'il garde, richesse, ou honneur, ou quoi que ce soit, il aura laissé toutes choses.

Un saint commente cette parole de saint Pierre:

« Vois, Seigneur, nous avons laissé toutes choses »

- et pourtant il n'avait rien laissé de plus qu'un simple filet et sa barque. Le saint dit : Celui qui laisse volontiers une petite chose laisse non seulement celle-là, il laisse tout ce que les gens du monde peuvent acquérir et même ce qu'ils peuvent désirer. Car celui qui laisse sa volonté et lui-même a laissé toutes choses aussi véritablement que si elles avaient été sa libre possession et qu'il les ait possédées en toute propriété. Car ce que tu ne veux pas désirer, tu t'en es totalement dépouillé et tu l'as laissé pour Dieu.
C'est pourquoi Notre-Seigneur dit: « Bienheureux les pauvres en esprit » - c'est-à-dire dans leur volonté. Que nul n'en doute: s'il y avait une meilleure manière de faire, Notre-Seigneur l'eût indiquée! De même qu'il a dit: «Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il se renonce d'abord lui-même

Et voilà les mots que mets Shantideva pour parler de cette pratique de la vacuité :

« Celui qui désire une protection rapide
Pour les autres et pour lui-même
Doit pratiquer ce mystère sacré:
L ‘échange de soi-même avec autrui.
»


Se laisser soi même..
quand j'agis ..en me posant sur l'instant avec legèreté par un acte qui n'est plus dicté que par le lieu et le moment.

Lilou

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vendredi 31 août 2007

LE SYMBOLISME EXTERIEUR DU TEMPLE TIBETAIN

Ces renseignements sont tirés d’un autre livre de Tcheuky Sengué.
Ces informations ne se retrouvent pas toutes de la même manière sur tous les temples, tout dépend aussi du contexte (ils sont souvent construits sur et  contre une montagne), il peut y avoir plus de marches, plus de piliers etc... ce sont les termes génériques, un apprentissage mnémotechnique des enseignements. De  la même manière je n’ai retenu que certains symbolismes, mais c’est beaucoup plus complet  :

gompa_la_tsomoriri
(Toutes les photos de ce billet sont des photos personnelles)
Gompa près du Lac Tsomoriri

Les marches du porche symbolisent les "quatre attentions parfaites":

  • attention parfaite au monde extérieur,

  • attention parfaite au corps,

  • attention parfaite aux sensations,

  • attention parfaite aux phénomènes mentaux.

hemis_gompa
Hémis Gompa

Les quatre piliers sur le devant du porche représentent les "Quatre Nobles Vérités":

  • vérité de la souffrance,

  • vérité de l'origine de la souffrance,

  • vérité de la cessation,

  • vérité du chemin.

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La porte d'entrée symbolise l'entrée sur le chemin de la libération.

stock_gompa
Stok Gompa

La frise rouge en haut représente la capacité qu'a le dharma d'établir les êtres dans les champs de manifestation pure, les paradis créés par l'esprit des Bouddhas.

Les fenêtres correspondent à la "vision illimitée" qui perçoit simultanément dans toutes les directions.

Au Tibet, il arrive que, devant la façade du temple, soit tendue une grande pièce de tissu noir. Tissée en épaisse laine de yak, elle n'a d'autre fonction que de protéger du froid intense régnant sur les hauts plateaux.

toit_gompa

Le toit représente la fin de toute souffrance.

Surmontant la masse souvent imposante d'un temple, brillent sur le toit plusieurs ornements recouverts d'or qui ne sauraient manquer d'attirer l'œil: une roue flanquée de deux biches, des bannières de victoire et un pignon doré.

LA ROUE FLANQUÉE DES DEUX BICHES est posée en borduré du toit, de manière à être très visible.
La roue elle-même, qui transmet une idée de mouvement, de propagation sur la Terre entière, symbolise l'enseignement du Bouddha, le dharma, on l'appelle donc une Roue du Dharma.
Ses huit rayons représentent l'Octuple Noble Sentier (vue juste, pensée juste, parole juste, effort juste, moyens de subsistance justes, attention juste, absorption juste, action juste).
Les biches, quant à elles, rappellent les circonstances dans lesquelles le Bouddha, selon l'expression consacrée, mit en mouvement pour la première fois la Roue du Dhanna, c'est-à-dire donna son premier enseignement.

  • Après avoir obtenu l'Eveil sous l'Arbre de la Bodhi à Bodhgaya, le Bouddha, en effet, considérant la profondeur de l'état qu'il avait atteint, pensa tout d'abord qu'il ne servirait à rien d'enseigner, car personne ne pourrait comprendre. Il déclara:
    "J'ai trouvé un Dharma pareil à l'ambroisie, Profond, paisible, simple, incomposé, radieux. Comme nul n'entendrait ce que j'en montrerais, Je demeurerai coi au cœur de la forêt"
    Toutefois, sept semaines plus tard, il reconsidéra son jugement et choisit de communiquer sa découverte. Il décida de guider en premier lieu cinq ascètes qui;-avaient été à ses côtés au cours des six années de terribles austérités auxquelles il s'était précédemment adonné.
    Il alla les retrouver à Samath, en bordure de l' actuelle ville de Bénarès, et leur délivra son premier enseignement, développant le thème des Quatre Nobles Vérités. Ceci eut lieu dans un endroit nommé le Parc des Gazelles (ou Parc des Biches). C'est pour commémorer cet événement que la Roue du Dharma est assistée de deux biches.
    Celles-ci sont non seulement un rappel de la "mise en mouvement" de l'enseignement, mais elles représentent aussi les disciples attentifs, suggérant que le dharma est pour eux source de paix, de douceur et d'humilité.

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Lama Thupstan Wangchuk

LES BANNIÈRES DE VICTOIRE se présentent sous la forme de cylindres métalliques agrémentés de reliefs; elles sont fichées à chaque coin du toit Ces bannières, originellement en tissu, symbolisaient dans l'Inde ancienne la victoire d'une armée sur le camp ennemi.
Elles ont été reprises par la tradition bouddhiste pour représenter la victoire du dharma sur les forces négatives, du spirituel sur le temporel.

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Sur le toit des monastères, on remarque parfois deux sortes de bannières de victoire: les plus fréquentes sont en métal (doré ou non); d'autres sont enrobées de tissu noir et surmontées d'une tête de mort et d'un trident. Ces dernières, appelées "bannières de victoire du cœur" (tib. touk gy gyaltsèn), rappellent davantage la présence des divinités d'aspect farouche connues sous le nom de "protecteurs du dharma".

LE PIGNON D'OR (tib. sertok) (à gauche sur la photo ci dessus) pointe vers le ciel au sommet du petit toit incliné qui surplombe habituellement la terrasse constituant la plus grande partie du toit du temple tibétain.
Les rondeurs et les resserrements du pignon d'or lui donnent une forme très particulière; celle-ci, comme toujours chez les Tibétains, n'est pas seulement le reflet d'une recherche esthétique, mais plutôt d'une symbolique exprimant de nombreuses qualités du dharma (Lotus, cloche, joyaux...)

lama_thupstan_mandjuchri
Lama Thupstan Wangchuk dans la salle de méditation et de réception de son école devant une statue de Mandjushri
(Divinité de la sagesse, invoquée chaque matin avant les cours)

L'UTlLISATlON DE L'OR - Les Tibétains aimaient utiliser pour leurs temples de grandes quantités d'or, dont ils recouvraient non seulement le pignon, mais aussi, quand ils le pouvaient, les toits, les statues ou d'autres objets.
Il n'est pas rare que cette magnificence déroute les Occidentaux, qui voient une sorte de contradiction entre la pauvreté (mais, disons-le, rarement l'indigence) du peuple tibétain et l'utilisation des biens précieux à des fins qu'ils jugent secondaires.
Pourquoi secondaires? Parce qu'ils y voient avant tout une décoration.
Les Tibétains en général, et les Maîtres en particulier, ont une tout autre idée de l'usage de l'or pour les temples. S'il s'agissait simplement d'agrément esthétique, sans doute seraient-ils les premiers à regretter ce déploiement de richesses. Cependant, parer d'or la demeure divine remplit pour eux une fonction bien différente, qui est triple:

  • tout d'abord, en offrant ce qui, aux yeux des hommes, symbolise la richesse, on fait l' apprentissage du détachement;

  • en deuxième lieu, par la valeur de ce que l'on offre, on comprend d'autant mieux la valeur de ceux à qui l'on offre; l'importance de l'offrande donne en elle-même de l'importance au chemin que l'on veut parcourir;

  • en troisième lieu, par l'offrande, on accumule du mérite, autrement dit, on produit du karma positif, facteur, dès cette vie, de bien-être et de bonheur pour l'ensemble des habitants de la planète, facteur encore de bien-être et d'énergie spirituelle pour les vies futures.

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mercredi 29 août 2007

Symbolisme des couleurs

  • Pour répondre (partiellement et succinctement) à une question posée sur les couleurs dans le bouddhisme voici quelques indications concernant ces couleurs sur la représentations des divinités. Ces informations sont principalement tirées du précieux livre de Tcheuky Sengue.

Dans le bouddhisme tantrique, les couleurs des divinités peuvent se référer aux qualités mentionnées ci-dessous, sans que ce soient des équivalences universelles. Nous les donnons à titre d'indication. Pour chaque couleur, la première signification est le plus souvent associée aux divinités paisibles, la seconde aux divinités irritées.

Le fait qu'une divinité soit d'une couleur ne signifie bien évidemment pas qu'elle ne posséderait qu'une qualité à l'exclusion des autres. Toutes les divinités étant des expressions de l'Eveil, elles en personnifient toutes les qualités. Seule leur apparence, au profit des méditants, en manifeste une plutôt qu'une autre.

csamantabhadra
Samantabhadra (ici en union intime avec sa parèdre Samanthabhadri) représente le Bouddha primordial, celui qui a révélé les tantras. Son corps de couleur bleue comme l'espace et sa nudité, symbolisent le Corps absolu (Dharmakaya) a-delà des formes et des concepts.

  • bleu

-la connaissance du dharmadatou ou de la vacuité;

-l'ignorance purifiée dans la sagesse du dharmadatou (le même symbolisme est souvent attribué au noir, voire au brun sombre, de certaines divinités irritées).

ctchenrezigf
Chenrézi, symbolise la pureté accomplie, c'est l'incarnation de la compassion

  • blanc

-la pureté, l'absence des deux voiles (voile des perturbations internes et voile de l'ignorance);

-la colère transformée en sagesse semblable au miroir.

cdzambala
Dzambhala, un des 4 gands gardiens du monde, il tient un joyau dans la main droite, il écarte la pauvreté.

  • jaune

-la richesse de toutes. les qualités éveillées;

-l'orgueil transformé en sagesse de l'égalité.

cAmitabha
Amitabha, la Lumière Infinie, c'est la sagesse qui perçoit d'une manière simultanée & sans confusion, la vacuité de tous les phénomènes et leur interdépendance, de là naît un amour inconditionnel, impartial & libre pour chaque être.

  • rouge

-le rayonnement de l'amour et de la compassion;

-le désir transformé en sagesse de la distinction.

cGreen_Tara
Tara verte, la Libératrice, c'est la compassion en action d'une manière prompte

  • vert

-l'activité éveillée;

-la jalousie transformée en sagesse accomplissante.

Il est à noter que le bouddha après avoir atteint l’éveil se fit une tenue en cousant différents morceaux de tissus trouvés, pour leur donner une couleur uniforme, il les trempa dans la boue. C’est pourquoi les vêtures des moines bouddhistes sont toujours dans des couleurs « terre », ocre pour les moines d’asie du sud, noir pour les moines japonais, brique pour les moines tibétains, gris pour les moines coréens...

On dit aussi que c’était un symbole de pauvreté, dans la mesure où l'ocre était réputée la teinture la moins onéreuse ???

Sinon dans un mandala, chaque couleur représente un des 5 éléments traditionnels (terre, eau, feu, espace, air)  et aussi une des 5 familles de bouddhas :

  • blanc

Bouddha Vairochana, a l'est ou au centre. Celui qui agit contre ignorance. Il porte la roue des enseignements et son siège est celui du lion.  En effet, il représente le Bouddha en son aspect d'enseignant. Son trône est supporté par des nains mythologiques renommés pour leur puissance physique. Tathagatha de la famille au nom sanscrit de Buddha.

  • bleu

l'espace cosmique

Bouddha Akshobya ou Vajrasattva [tout blanc, celui qui purifie]  Il agit contre le colère et son trône est supporté par des éléphants. Le vajra est son symbole et il est le Tathagatha de la famille nommé Vajra.

  • rouge

l'ouest, Amitabha tenant son bol ou un fleur sur trône lotus, avec paons. Il agit contre la crainte. C'est le Tathagatha de la famille nommé Padma (lotus.)

  • vert

Au nord, Amoghasiddhi sur trone avec supports en forme de shang-shangs [etres moitié oiseau, moitié humain] tiens la croix-vajra. Il agit contre l'orgeuil. Tathagatha de la famille Karma (action.)

  • jaune

Ratnasambhava, Bouddha transcendantal du sud assis sur son trône avec un cheval a chaque coin.

Portant un joyau, il agit contre l'avidité. Tathagatha de la famille Ratna (joyau.)

Vous pourrez trouver ici, une page complète sur les couleurs et les familles des Bouddhas.

Posté par Lung Ta à 19:01 - Dharma - Commentaires [7] - Permalien [#]



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