Un article intéressant. Vivant entre autres avec une maladie (fibromyalgie) dont un des sympômes est la douleur continuelle diffuse et aléatoire et ayant décidé (depuis un an) de stopper les anti-douleurs, morphiniques, benzodiazépine etc... (tout en me réservant la possibilité d'en reprendre si je le sens ainsi) j'ai pu remarquer plusieurs choses.

  1. Avec la prise de ces produits, la douleur restait présente mais en plus j'avais les effets secondaires très importants et plutôt opposés à une démarche bouddhiste (perte de conscientisation de l'instant présent), maintenant la douleur reste présente, mais sans les effets secondaires
  2. en méditation il peut arriver qu'on ait mal (genoux, dos etc...) alors si cela n'est pas insupportable, on peut rester avec cela, comme le disait un ami c'est comme en anglais "ça fait mal" (it's hurt) plutôt que "ça ME fait mal", ce qui permet une mise à distance émotionnelle avec la douleur sans la nier. Donc j'essaye de mettre en oeuvre ce principe dans la vie courante (appuyé sur la pratique quotidienne de la méditation)
  3. la méditation n'est pas une relaxation (il existe des méthodes spécifiques) mais si la relaxation est nécessaire à mon avis pour accéder à la méditation, celle ci entraîne aussi un état plus ouvert et spacieux et donc plus relaxé, donc moins de douleurs dues aux tensions
  4. enfin il faut faire la différence entre souffrances et douleurs. La douleur c'est un signal neurologique neutre qui indique un problème dans le corps ou qui peut être issu d'un dysfonctionnement neurologique ou endocrinal (hypothèses pour la fibromyalgie). La souffrance c'est tout le côté émotionnel qu'on va ajouter à la douleur. Or la méditation permet de s'ouvrir à l'esprit tel qu'il est, dénué d'appropriation égotique, et quand on est en contact avec l'esprit tel qu'il est , le mental n'a plus le même pouvoir pour nous entraîner dans ses "histoires" romanesques. Les émotions telles les vagues de la mer, fluctuent sans problème majeur, ne s'accrochant pas au sable de la plage, de la même manière ne s'accrochent pas aux douleurs pour en faire de la souffrance.



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Les adeptes de la méditation zen seraient moins sensibles à la douleur que les personnes qui ne pratiquent pas la méditation, selon les résultats d'une étude montréalaise.

L'étude a été menée auprès de 13 sujets pratiquant la méditation selon le bouddhisme zen4 et d'un groupe témoin constitué de 13 personnes étrangères à cette pratique. Selon les résultats, le groupe méditation avait un seuil de tolérance à la douleur plus élevé que les participants du groupe témoin. De plus, la méditation leur aurait permis de réduire de 18 % l'intensité de la douleur.

Les participants ont été soumis à un test de résistance à la douleur. Une plaque chauffante a été appliquée sur leurs mollets. Par la suite, la chaleur de la plaque a été augmentée progressivement, jusqu'à la limite du tolérable pour chacun.

C'est en respirant plus lentement que les adeptes de la méditation zen arriveraient à augmenter leur seuil de tolérance à la douleur. Les participants du groupe méditation prenaient en moyenne 12 respirations à la minute comparativement à 15 pour les autres sujets.

La souffrance selon le bouddhisme

Ce n'est pas par hasard que les scientifiques s'intéressent aux effets de la méditation bouddhique sur la douleur. Les fondements mêmes du bouddhisme reposent en effet sur l'existence de la souffrance et sur les moyens permettant de la transcender, ce qui est résumé dans les quatre nobles vérités de l'enseignement de Gautama, le Bouddha historique :

  • Dukkha, la première noble vérité, enseigne que l'existence, telle que nous la connaissons, est souffrance ;
  • Samudaya, la deuxième noble vérité, révèle l'origine de la souffrance : l'avidité et l'ignorance ;
  • Nirodha, la troisième noble vérité, énonce que la cessation de la souffrance est possible ;
  • Magga, la quatrième noble vérité, indique le chemin menant à la cessation de la souffrance : le « noble sentier octuple » ou « sainte voie aux huit membres ».

L'enseignement traditionnel du bouddhisme met en parallèle ces quatre nobles vérités et la démarche du médecin puisque ce dernier énonce d'abord un diagnostic, recherche la cause de la maladie, voit si la guérison est possible et prescrit finalement un remède. Les résultats de l'essai montréalais indiquent que l'enseignement bouddhique pourrait ne pas être qu'allégorique puisque sa pratique pourrait avoir de réels effets analgésiques.


Pierre Lefrançois

Source : www.passeportsante.net (d'après Forum.)