samedi 19 avril 2008
Esprit d'éveil : Enseignement & pratique
Une journée zen à Nantes le samedi 3 mai 2008
Nous proposons une journée zen à Nantes combinant des méditations et des enseignements. La journée sera animée par Éric Rommeluère, enseignant zen.
La date et les horaires :
Le samedi 3 mai 2008 de 9 h à 17 h 30 (sous réserve de modifications). La journée se déroulera comme suit :
- 8 h 30 - 8 h 50 : ouverture des portes, accueil
- 9 h 00 - 9 h 30 : Instructions sur la méditation
- 9 h 45 - 10 h 15 : méditation assise (zazen)
- 10 h 15 - 10 h 30 : méditation marchée (kinhin)
- 10 h 30 - 11 h 00 : méditation assise
- 11 h 00 - 11 h 15 : méditation marchée
- 11 h 15 - 12 h 15 : enseignement
- 12 h 30 - 14 h 30 : déjeuner, repos
- 14 h 30 - 15 h 00 : méditation assise
- 15 h 00 - 15 h 15 : méditation marchée
- 15 h 15 - 15 h 45 : méditation assise
- 15 h 45 - 16 h 00 : méditation marchée
- 16 h 00 - 17 h 00 : enseignement
- 17 h 30 : clôture de la journée
Il est recommandé d'apporter son coussin de méditation. Nous n'acceptons pas de participation partielle. Chaque participant apporte un plat à partager pour le repas de midi.
L'adresse :
Centre
Tchenrezik, un petit lieu méditatif en ville permettant d'accueillir
une douzaine de personnes. Attention donc, le nombre de places est
limité. Le centre se trouve au 18 rue du Pélican 44400 Rezé.

Tramway : ligne 3, Arrêt Espace Diderot. Suivre la rue du Château de Rezé puis, dans le prolongement, la rue Maurice Jouaud jusqu'à la rue du Pélican sur la gauche. Plan Google Maps.
L'enseignant :
Éric Rommeluère a pris les vœux bouddhistes en 1981, pratiquant notamment une dizaine d'années avec le moine japonais Ryôtan Tokuda. En 2001, il a reçu la transmission du maître zen Gudô Wafu Nishijima rôshi.
La participation :
Elle est fixée à 35 euros (25 euros pour les frais, 10 euros pour l'enseignement). Il est nécessaire d'être membre de l'association Un Zen Occidental pour se joindre à la journée (20 euros la cotisation annuelle valable de date à date).
Pour s'inscrire :
Il suffit de se pré-inscrire en ligne [cliquez]. Vous recevrez ensuite par courrier électronique un bulletin d'inscription au format PDF à nous retourner dûment complété avec votre règlement par voie postale.
Des questions complémentaires ?
Vous pouvez nous écrire à l'adresse info@zen-occidental.net ou nous téléphoner au 01 40 44 53 94. Vous pouvez également joindre Frédéric Baylot, notre correspondant nantais, soit par courrier électronique lungta@free.fr soit par téléphone au 06 67 62 93 53.
Comment changer son regard sur des évènements douloureux.
Carte de voeux © Mécénat Chirurgie Cardiaque
(Tout d'abord je vous prie de m'excuser de mon peu de présence sur le blog, et aussi du coup de la longueur des billets, mais cela vous laisse une semaine pour les lire ;-) )
La vie sera toujours composée de plaisirs & de douleurs entremêlés. La clé de la sérénité repose donc en nous, dans la façon dont notre esprit aborde notre existence. Souvent pris dans le stress de la vie quotidienne, le travail, la famille, nous disons « que nous n’avons pas le temps, pas le choix de faire autrement ! » et nous continuons à vivre angoissés, malheureux, déprimés. Et parfois la « vie » nous fait un cadeau, elle nous offre une épreuve particulière (décès d’un proche, départ de quelqu'un avec qui nous étions en relation, maladie, perte d’un emploi, d’une maison, dépression...) qui tout à coup, va nous faire voir l’existence autrement, fragile et précieuse.
Dans le bouddhisme il existe entre autres, deux grandes façons d’aborder les évènements pour élargir sa conscience. Elles sont vraiment très différentes mais ne s’opposent pas et peuvent même être vues d’une manière complémentaire. La première je l’ai surtout vue dans le bouddhisme Tibétain et principalement dans l’école Gelougpa, et la seconde plus dans le zen et aussi dans le Dzogchen Tibétain.
La première pourrait être nommée
« méditation analytique ». Il s’agit d’analyser en fait le plus
objectivement possible le comportement négatif (colère, dépression, envie,
rejet) qui nous anime. Malgré la difficulté des premières tentatives, cette
analyse permet de voir qu’aucune situation n’est en soi totalement bonne ou
mauvaise, que même dans des situations difficiles nous pouvons
trouver un tant soit peu de satisfactions (familiales, relationnelles,
professionnelles, dans ce que nous avons déjà fait..) qui bien souvent apportent
déjà suffisamment de bien-être, si nous étions pas dans un « toujours vouloir
plus ».
Et/ou, que cette difficulté est le pendant d’un bienfait (difficultés à
élever un enfant mais aussi plaisir à d’autres moments, d'avoir un enfant, emploi difficile mais
pas de chômage...). On peut aussi regarder combien de personnes dans le monde
vivent des situations bien plus difficiles que la notre (18000 enfants meurent
chaque jour de faim dans le monde, près d’un milliard d’êtres humain n’a pas
accès à l’eau potable). In fine nous pouvons regarder aussi les éventuels bienfaits que
nous procure en effets secondaires notre souffrance ! Par exemple elle peut
permettre qu’on s’occupe enfin de nous.
Mais comme le dit le Dalaï Lama
« Il ne faut pas confondre satisfaction & passivité ! »
c’est à dire que de mener cette analyse ne doit pas nous faire devenir
fataliste et nous empêcher de nous engager pour améliorer notre sort et celui
de tous les êtres vivants. Et le fait de s’engager, va donner un nouveau sens à
notre vie et transmuter la souffrance morale qui peut exister (Freud parlait de
sublimation, on parle aujourd’hui de résilience).
La seconde voie est plus centrée
sur la conscience et l’attention. En fait là où nous posons notre
attention, là est notre conscience ! C’est le processus qui va permettre par
l’hypnose par exemple, de ne plus sentir de douleurs en déplaçant la conscience.
Richard Moss utilise une métaphore très intéressante : « Imaginez que
votre respiration (ou toute émotion ou douleur) est comme un grand cerf-volant
planant dans le ciel de votre esprit. Ce qui retient le cerf-volant est un fil
que nous pouvons appeler « attention » (si nous lâchons ce fil- relâchons notre
attention - la respiration sort de notre champ de conscience, exactement comme
le cerf-volant tomberait). Ainsi, faites attention à votre
respiration et essayez de devenir conscient de cette attention elle-même. Maintenant,
détournez votre attention de votre respiration et ramenez-la au « fil ».
Qu'expérimentez-vous? Qui ou quoi tient le fil de votre attention ? »
En fait
quand on pratique ce genre d’attention les réponses qui viennent à qui ou quoi
tient le fil se rejoignent paradoxalement de « rien » à « un grand tout spacieux».
Cette pratique peut être menée sur toute émotion qui surgit du passé, toute
peur du futur ou toute douleur du présent, et qui tient le fil est toujours
dans le présent, ineffable.
Et finalement dans le monde de l’impermanence dans
lequel nous vivons, cet espace vide et
plein à la fois, que nous trouvons au bout du « fil » (attention) est
toujours là et signe peut-être le mieux ce que pourrait être le moi ou le non-moi
(non ego) ou mieux encore : la vacuité.
Peut être nos premiers pas
concrets vers la sagesse ?
Poser le vide
Ce à quoi je m'attache
devient ma réalité
aussi longtemps que je le tiens.
Si "je" lâche le fil
où va ma souffrance ?
"je" prend le risque de la perdre
et en la perdant
que reste-t-il de " je " ?
Lâcher le fil
c'est d'abord reconnaître
que" je" le tiens
Pour lui donner le droit
d'aller ailleurs.
Là où tout revient au Même
y compris Moi .
Pour que l'un
donne naissance à l'autre
ne faut il pas que ce pose le vide .
Cet espace qui permet d'accueillir
ce qui Est.
Lilou
Mes non-lieux
samedi 12 avril 2008
Il ne reste qu’une solution : plonger !

"Le vrai plongeon des Goudes" 1998 Bas-relief par Luc Dubost ©
La plupart des religions partent en général de la notion de faute, de « chute » de déchéance, et disent donner les moyens de retrouver cet état premier et de nous sortir de notre condition humaine de souffrance. Cette notion de « péché originel » (qui peut porter d’autres noms suivant les religions) nous poursuit toute notre vie d’une manière inconsciente & au lieu de nous accepter comme des êtres déjà accomplis, nous allons toute notre vie chercher à compenser ce manque, cette perte, cette chute, par des actions, pensées, dans le monde spirituel, psychologique ou matériel.
Ainsi pour moi, le mouvement new age tout en apportant des outils efficaces (souvent tirés de longues traditions) et adaptés au monde occidental, va pourtant dans le même sens, en nous instillant que le meilleur est possible pour nous tous. La voie de la pensée positive, la « loi d’attraction » (qui fait beaucoup parler d’elle en ce moment avec le film américain « Le Secret ».) nous montrent que ce que nous expérimentons & qui peut être nommé « négatif » est lié à notre façon d’être, de penser (ce qui n’est pas faux en soi), et qu’en changeant, tout disparaîtra pour vivre dans une condition « idéale ». Mais chercher cette condition « idéale » c’est montrer qu’il y a en nous des facettes à « renier » (oublier, laisser tomber, etc...) pour trouver « mieux ». Toute technique, religieuse, new age ou autre nous pousse à chercher la solution hors de nous (pour combler ce manque présumé).
Ce que je ressens de la pratique de la méditation silencieuse, c’est qu’elle ne se pose pas en tant que technique (même si des techniques peuvent être proposées parfois) mais comme une ouverture à notre totalité, à cet être accompli que nous sommes déjà comme le dit John Welwood : « Ton être même est le maître parfait. Reconnaissant ta nature, porte cela en ton coeur. » Et dans cet espace d’amour & ouverture nous pouvons accueillir toutes nos parties, même celles que le « professeur » a ancrées en nous, toutes ces contraintes qui nous limitent. Et c’est en demeurant présent à tous ces aspects que nous pouvons créer une nouvelle relation avec eux. Et c’est de la qualité de ce contact que nous allons créer que va dépendre la souffrance qui en résultera ou pas. Comme le dit Richard Moss « Lorsque nous sommes conscient d’une insatisfaction, l’aspect de nous qui est conscient n’est pas lui-même insatisfait ».
N’ayons pas peur des « personnages de théâtres » créés par le professeur. Un vieil Italien cité par Christiane Singer disait « La loi fondamentale : à la longue il ne vaut pas la peine d’avoir été filou. » Je dirais que la peur qu’on nous a insufflée ne paye pas à long terme. Seul reste l’ouverture, l’amour, ce que plus loin, toujours Christiane Singer dit : « La seule chose qui vaille le jeu est d’avoir aimé. » Et souvent il nous faut atte(i)ndre une épreuve (maladie, décès d’un proche, séparation, approche de la mort...) pour nous en rendre compte.
Alors le mieux est de limiter les techniques pour accéder directement à cet espace d’amour. Car même chercher à « atteindre » cet espace c’est encore se créer un manque.
Il ne reste qu’une solution : plonger !
Ici & Maintenant.
Plonger
Comme un voile posé sur le monde aveuglé
mon esprit à forgé cette réalité
qui sans cesse me heurte
et que je prend pour vraie .
Tel un enfant abandonné
qui s'épuise à vouloir changer
le film qui constitue sa vie
sans savoir que l'auteur c'est lui .
Quand fatigué de chercher
je sais m'arrêter
pour de ma main toucher
simplement ce qui Est .
En cessant de trembler
pour seulement Aimer
cette vie qui me porte
et la manifester.
Comme l'enfant apprend à marcher
comme l'oiseau apprend à voler
je suis en train d'exister .
En quittant toute idée
de comment cela doit être
pour simplement plonger .
Lilou
jeudi 3 avril 2008
En quoi la méditation peut-elle être troublante ? -2-
Dans le dernier billet je parlais de la façon de se libérer de ce « professeur ». Mais que nous enseigne-t-il principalement ? Je disais qu’il nous amenait à rechercher la reconnaissance d’un groupe d’appartenance. Bien sûr nous recherchons tous de la reconnaissance, celle ci nous est vitale, comme l’amour, comme l’eau et la nourriture. Mais ce « professeur » nous amène à nous conduire non pas tel qu'en Soi-même nous pourrions le faire mais tel qu’il « faut » le faire, tel qu’il nous a inculqué qu’il fallait le faire, pour paraître en accord avec le groupe.
C’est ce « personnage de théâtre » que nous avons bâti sous ses conseils, que nous présentons au monde, pour que ce « personnage de théâtre » reçoive cette reconnaissance.
La difficulté de la méditation c’est qu’en abandonnant ce « personnage de théâtre » nous nous montrions nous-mêmes tels que nous sommes. Et nous avons peur des conséquences (que cela paraisse déloyal, ne plus être reconnu, ne pas atteindre l’idéal pour lequel on a été programmé etc...). C’est d’ailleurs le sujet paradoxal du célèbre livre de Paolo Coelho : « L’Alchimiste » : un jeune à la conquête de sa « légende personnelle », (mais cet idéal est il si personnel que cela ?) court après du vent, et finalement trouve son "trésor" au pied de l’arbre d’où il est parti !
Certes ce « personnage de théâtre » peut nous donner l’impression de nous aider à vivre. Ainsi je peux être travailleur social pour toute ma vie chercher à sauver des tas de personnes de situations sociales désespérées, comme un membre de ma famille aura pu en vivre il y a des dizaines d’années, voir plus d’un siècle. En cela je suis loyal à des consignes transgénérationnelles, mais le suis-je à moi-même ?
A mon humble avis (qui ne part que de là où je suis) la méditation est d’autant plus bouleversante qu’elle est apurée jusqu’au seul silence de l’instant présent. Bien sûr les rituels peuvent métaphoriquement aider à faire ce travail, mais ils amènent deux risques majeurs : divertir le mental et renforcer le « professeur ».
Par exemple dans le bouddhisme qui est LA pratique même, basée sur la méditation, il y a des conseils judicieux, que l’on appelle les « antidotes » aux actions contraires à l’éveil, mais ces mêmes antidotes peuvent n’être que nourriture du « professeur » & nouveau formatage.
Le « professeur » et notre « personnage de théâtre » ont besoin que notre mental soit tourné vers le passé ou le futur pour vivre. La méditation, en nous donnant l’occasion d’être dans le présent ne laisse plus de prise à ce « professeur » & rend inutile le « personnage de théâtre », elle nous ramène face à Soi-même.
De ce bouleversement peut surgir des émotions très fortes qui peuvent aussi être un piège du professeur (culpabilité, peur, voir « joie exubérante & excessive »...). Ce n’est pas pour autant qu’il faille fuir ou réprimer ces émotions, au contraire même. Mais là encore, retournons à l’instant présent, comme un observateur scientifique, très vigilant à ce qui se passe.
Le « professeur » a besoin de toute votre attention pour survivre en vous, si vous posez votre attention avec recul sur le spectacle, vous ne pouvez plus être en même temps « son personnage » de théâtre. Vous ne pouvez pas être sur scène et dans la salle. C’est une sorte de vampire qui se nourrit de votre (in)attention, offrez lui le sourire de l’instant présent, il disparaît comme un fantôme. Eckhart Tolle dit : « le corps de souffrance peut vous sembler un dangereux monstre ... mais je vous assure que c’est un fantôme minable qui ne fait pas le poids face au pouvoir de votre présence. ».
La méditation est donc cette capacité d’être honnête avec Soi-même en regardant ce qui se passe en nous, partir exactement d’où nous sommes (là où est notre véritable Trésor) sans courir après aucun idéal ou « légende personnelle », en acceptant tout, sans s’accrocher à rien.
Voilà qui ne semble pas rassurant...
FACE AU VIDE
Comme au bord du précipice
Face au vide.
Lorsque je suis reliée à moi même ,
Je pose une main aimante sur celui qui me dit qui je devrais être afin qu'il reste à sa place ..simplement à sa place .
Sans rien exiger de lui, pour qu'il me permettre de sourire à la vie en portant mon attention à ce qui bat en moi.
Comme au bord du précipice,
Face au vide.
Ce qui bat en moi
n'est pas le vide qui m'attire
c'est la vie qui me porte .
Quand je sais où sont posés mes pieds.








