jeudi 3 avril 2008
En quoi la méditation peut-elle être troublante ? -2-
Dans le dernier billet je parlais de la façon de se libérer de ce « professeur ». Mais que nous enseigne-t-il principalement ? Je disais qu’il nous amenait à rechercher la reconnaissance d’un groupe d’appartenance. Bien sûr nous recherchons tous de la reconnaissance, celle ci nous est vitale, comme l’amour, comme l’eau et la nourriture. Mais ce « professeur » nous amène à nous conduire non pas tel qu'en Soi-même nous pourrions le faire mais tel qu’il « faut » le faire, tel qu’il nous a inculqué qu’il fallait le faire, pour paraître en accord avec le groupe.
C’est ce « personnage de théâtre » que nous avons bâti sous ses conseils, que nous présentons au monde, pour que ce « personnage de théâtre » reçoive cette reconnaissance.
La difficulté de la méditation c’est qu’en abandonnant ce « personnage de théâtre » nous nous montrions nous-mêmes tels que nous sommes. Et nous avons peur des conséquences (que cela paraisse déloyal, ne plus être reconnu, ne pas atteindre l’idéal pour lequel on a été programmé etc...). C’est d’ailleurs le sujet paradoxal du célèbre livre de Paolo Coelho : « L’Alchimiste » : un jeune à la conquête de sa « légende personnelle », (mais cet idéal est il si personnel que cela ?) court après du vent, et finalement trouve son "trésor" au pied de l’arbre d’où il est parti !
Certes ce « personnage de théâtre » peut nous donner l’impression de nous aider à vivre. Ainsi je peux être travailleur social pour toute ma vie chercher à sauver des tas de personnes de situations sociales désespérées, comme un membre de ma famille aura pu en vivre il y a des dizaines d’années, voir plus d’un siècle. En cela je suis loyal à des consignes transgénérationnelles, mais le suis-je à moi-même ?
A mon humble avis (qui ne part que de là où je suis) la méditation est d’autant plus bouleversante qu’elle est apurée jusqu’au seul silence de l’instant présent. Bien sûr les rituels peuvent métaphoriquement aider à faire ce travail, mais ils amènent deux risques majeurs : divertir le mental et renforcer le « professeur ».
Par exemple dans le bouddhisme qui est LA pratique même, basée sur la méditation, il y a des conseils judicieux, que l’on appelle les « antidotes » aux actions contraires à l’éveil, mais ces mêmes antidotes peuvent n’être que nourriture du « professeur » & nouveau formatage.
Le « professeur » et notre « personnage de théâtre » ont besoin que notre mental soit tourné vers le passé ou le futur pour vivre. La méditation, en nous donnant l’occasion d’être dans le présent ne laisse plus de prise à ce « professeur » & rend inutile le « personnage de théâtre », elle nous ramène face à Soi-même.
De ce bouleversement peut surgir des émotions très fortes qui peuvent aussi être un piège du professeur (culpabilité, peur, voir « joie exubérante & excessive »...). Ce n’est pas pour autant qu’il faille fuir ou réprimer ces émotions, au contraire même. Mais là encore, retournons à l’instant présent, comme un observateur scientifique, très vigilant à ce qui se passe.
Le « professeur » a besoin de toute votre attention pour survivre en vous, si vous posez votre attention avec recul sur le spectacle, vous ne pouvez plus être en même temps « son personnage » de théâtre. Vous ne pouvez pas être sur scène et dans la salle. C’est une sorte de vampire qui se nourrit de votre (in)attention, offrez lui le sourire de l’instant présent, il disparaît comme un fantôme. Eckhart Tolle dit : « le corps de souffrance peut vous sembler un dangereux monstre ... mais je vous assure que c’est un fantôme minable qui ne fait pas le poids face au pouvoir de votre présence. ».
La méditation est donc cette capacité d’être honnête avec Soi-même en regardant ce qui se passe en nous, partir exactement d’où nous sommes (là où est notre véritable Trésor) sans courir après aucun idéal ou « légende personnelle », en acceptant tout, sans s’accrocher à rien.
Voilà qui ne semble pas rassurant...
FACE AU VIDE
Comme au bord du précipice
Face au vide.
Lorsque je suis reliée à moi même ,
Je pose une main aimante sur celui qui me dit qui je devrais être afin qu'il reste à sa place ..simplement à sa place .
Sans rien exiger de lui, pour qu'il me permettre de sourire à la vie en portant mon attention à ce qui bat en moi.
Comme au bord du précipice,
Face au vide.
Ce qui bat en moi
n'est pas le vide qui m'attire
c'est la vie qui me porte .
Quand je sais où sont posés mes pieds.
Commentaires
"Par exemple dans le bouddhisme qui est LA pratique même, basée sur la méditation, il y a des conseils judicieux, que l’on appelle les « antidotes » aux actions contraires à l’éveil, mais ces mêmes antidotes peuvent n’être que nourriture du « professeur » & nouveau formatage."
Sous la conduite attentive des lamas, je veux bien être "formatée" pour l'Eveil. Juste comme eux ! (c'était une plaisanterie!)
On peut se perdre dans n'importe quelle technique ou absence de technique, mais ce qui est sûr c'est qu'il faut un guide pour arriver à l'Eveil. A moins d'être superman (encore une plaisanterie, mais idiote celle-là).
Ce que je veux dire, c'est qu'il ne faut pas mélanger les choses et les appliquer à tout ce qui bouge.
Si je t'ai mal compris, je m'en excuse.
(^v^) MICHELE (^v^)
Je ne sais pas si tu m'as compris ou pas
Je ne fais que d'essayer de partir là où j'en suis "malgré tous les malgré" & partager, sans certitudes ou consignes.
Ainsi "être formatée pour l'Eveil" est en effet un bon humour presque un koan, puisque paradoxal.
Quant aux lamas ou amis spirituels, il faut vivre auprès d'eux pour voir d'où ils "partent", d'où ils parlent.
Tu as raison on peut autant se perdre dans la "technique" que dans la "non technique"
Le Bouddha, cet humain, a déjà pas mal dégagé le chemin jusqu'à l'Eveil ;-)
chaleureusement
Planche (faire la)
Notre chemin est jonché de peaux de bananes... difficile de ne pas glisser parfois, mais après tout, c'est peut-être utile, voire nécéssaire.
J'aime bien la chute
"Voilà qui ne semble pas rassurant..."
J'ai la vague intuition que c'est un peu comme la peur de l'eau. Si on a peur, on se raidit, on devient lourd, et on coule comme une pierre. Si on est complètement détendu, l'eau nous porte. Et plus on est détendu, mieux on flotte.
Face au vide
Comme au bord du précipice
Face au vide.
Lorsque je suis reliée à moi même ,
Je pose une main aimante sur celui qui me dit qui je devrais être afin qu'il reste à sa place ..simplement à sa place .
Sans rien exiger de lui, pour qu'il me permettre de sourire à la vie en portant mon attention à ce qui bat en moi.
Comme au bord du précipice,
Face au vide.
Ce qui bat en moi
n'est pas le vide qui m'attire
c'est la vie qui me porte .
Quand je sais où sont posés mes pieds.
Méditation
D'abord, permets-moi de te dire que l'Alchimiste de Paolo Coelo m'a paru un livre très superficiel, irréaliste; je n'ai même pas pu le terminer !
Excuse ma franchise...
J'essaie d'entrer en méditation en fixant mon esprit sur une image que j'aime : un champ de coquelicots ou une mer de nuages .... mais il s'échappe.
J'y parviendrai certainement
bonne journée
Juliette
c'est COEHLO....
Pas facile ...
"le professeur" nous pousse hors du nid qu'on se construit ,il nous aide à être indépendant et SEUL
car au moment de la mort nous sommes seul, personne ne part avec nous ."
Oh là là ! je ne sais pas si je suis dans le sujet!!
Reçois une brassée de bises fleuries
Acteur de sa vie !
Je ne veux pas dire qu'il faut vivre en ermite ,mais seul pour décider de sa vie ....
Sportméditation
je prends mon VTT je monte la colline, je réinvesti mon corps retrouve de la force physique; le ciel, les arbres, des couleurs des saisons, quelque chose se modifie à l'intérieur purification d'un autre corps, rétablissement de certains courants subtils ? des lieux me parlent, je m'arrête, je ne suis pas la que pour pédaler ... une ruine ... des gens sont passés ont vécus, et maintenant ? Le passé n'est que de la mémoire et quelques preuves qu'il a exister, sinon c'est une illusion autant ne pas s'y accrocher.
Plus loin une maison, c'est un chalet , trés beau; sans doute une famille.
Eux aussi, cherchent t-'ils ?
Finalement ce qui lie véritablement les hommes d'un bout à l'autre de la planète, c'est bien l'aspect matériel des choses !
Méditer peu sans doute être boulversant, mais ce qui l'est tout autant c'est la confrontation avec soi même. Souvent, de telle "ballade" je reviens boulversé. Pour moi la méditation à cette difficulté qu'elle est statique! pour pouvoir méditer j'ai besoin de mettre défoulé. Ressentir l'équilibre interne de mon corps est la priorité. Aprés seulement, je me pause.
Trés bonne journée;
Bravo
Pour ces deux billets qui invitent au partage des mots...
La présence, elle, ne se partage pas! Pourtant dans une unité de lieu et de temps un "je ne sais quoi" déborde et envahit l'espace, un "truc" comme la potentialisation dans l'instant d'un ensemble de présences...
Hors-sujet
Et juste pour te signaler que j'ai fermé les commentaires sur mon blog, car il y a des manœuvres bizarres en ce moment sur le web. Et qu'il est parfois difficile de séparer le bon grain de l'ivraie. Amitiés pré-aoûtiennes !
- •°_°• - GdB - •°_°•
Bon exemple que la "planche"
exemple aussi avec les douleurs physiques, plus on se raidit sous la douleur musculaire et plus on en souffre, plus on arrive à se relâcher malgré les douleurs et plus les douleurs s'apaisent
MERCI
(-_^) Lilou (-_^)
Pour aller dans le prolongement de ton texte Lilou, le billet du jour parle de ce face à face avec le vide et propose de ... plonger ! ;-)
Bises
*·~-.¸¸,.-~* JULIETTE *·~-.¸¸,.-~*
Pour Coehlo son livre est très simple, tiré d'une courte histoire spirituelle (aux deux sens du terme) type Nasrudin, de qqs lignes, mais sûrement qu'il est arrivé "à temps" et sûrement avec un certain talent pour arriver à faire ce succès.
Mais comme je l'explique dans le billet je suis très prudent avec cette notion de "légende personnelle".
Cherchons notre trésor là où nous sommes (Si tu avais terminé le livre tu aurais vu qu'il trouvait son trésor au pied de son arbre d'où il est parti ;-) )
Le pb pour toi n'est peut être pas que le champ de coquelicots (belle image) s'échappe, mais plutôt que le mental revienne prendre sa place.
Alors il faut que tu abandonnes le mental, que tu reviennes au champs de coquelicots.
Pourquoi ne pas essayer d'abandonner tout de suite le champ de coquelicots pour être simplement dans l'instant, ouvert, spacieux, comme une toile blanche riche de tous les tableaux possibles.
Comme je le dis dans le billet d'aujourd'hui, le mieux est de limiter les techniques pour accéder à ce moment spacieux qu'est la méditation. Mais ceci dit si à au moment de la méditation, ton état te parait trop troublé émotionnellement, le champs de coquelicots peut être d'une bonne aide.
(O!O) ANNE-MARIE (O!O)
Ce "professeur" ne me semble pas nous pousser hors du nid, au contraire il nous aide à nous construire des prisons dans lesquelles nous sommes !
Pour moi on ne peut pas être réellement indépendant. Est indépendant le drogué qui est tellement shooté ou en manque qu'il ne peut pas aller chercher sa came chez son dealer. On peut dire qu'il est indépendant. Rattaché à rien.
Il en meurt.
Cite moi une seule personne qui soit indépendante ? Nous sommes tous interdépendants.
Par contre le "professeur" transforme cette interdépendance en asservissement & en soumission.
C'est vrai que nous sommes toujours seuls face à toute expérience (dont la mort encore plus) mais néanmoins nous sommes tous ensembles confrontés à ces expériences.
Voilà ce que je mets dans le mail que j'envoie pour rappeler les méditations du mardi soir dans notre petit Centre :
"Invitation à avoir l'audace de venir être bouleversé, ensemble, seuls, face à Soi-Même..."
Seuls, ensemble.
Cela change tout, non ?
On appelle cela aussi la fraternité, ou la Sangha ;-)
Merci pour la brassée de bises fleuries
Bises à toi et Joël
~~~* * BLEU VIRUS **~~~
Tu as raison la méditation peut être "dynamique" et heureusement, cela lui donne la possibilité de pratiquer à tout moment ;-)
ceci dit tant que je ne me suis pas confronté au silence, à moi même dans ce silence, cette immobilité, comment savoir si je ne me fuis pas ? ;-)
Finalement ce qui lie véritablement les hommes d'un bout à l'autre de la planète, c'est la VIE. :-)
chaleureusement et bon "coup de pédale" dans un décor qui m'a l'air magnifique tel que tu nous le redonnes !
MERCI
(@-@) JT (@-@)
C'est vrai qu'il est difficile de partager cette "présence" en mots et que tes mots , pourtant très flous : "un "je ne sais quoi" déborde et envahit l'espace, un "truc" comme la potentialisation dans l'instant d'un ensemble de présences..." me parlent bien là où j'en suis de ce que je ressens
MERCI et bises
¿×?Þ HORS SUJET Þ¿×?
je n'ai pas remarqué ces "manoeuvres" mais comme tu dis il est difficile de reconnaître le "faux de l'ivraie" :-D
PAs de pb pour le mois d'Aout comme convenu
Je répondrai à ton mail d'ici peu, mais le rythme imposé par la maladie fait que je suis pas mal en retard de mails et peu sur les blogs (même peu sur le miens ;-) )
Bises
*****µµµ SORRY µµµ****
trop vite lu ,trop vite répondu !!! mal compris ton billet!
bises







