vendredi 28 mars 2008
En quoi la méditation peut-elle être troublante ? -1-
"Emocia" © JVopis
Nous sommes soumis à un petit professeur qui nous dit quoi faire. Ce professeur est fait de notre éducation, notre histoire, notre culture, nos peurs, nos manques. Son enseignement nous a tellement marqué que notre conduite est très largement dictée par ses doctrines que nous avons complètement assimilées.
Ne pas suivre ses préceptes c’est paraître déloyal, vis à vis de notre culture, de nos parents, de comportements adoptés jusque là face à des situations stressantes.
En fait nous sommes rarement dans la vie, nous sommes rarement nous-mêmes, mais le plus souvent nous sommes la projection souhaitée par ce professeur.
Pourquoi ?
Principalement parce qu’il nous a appris que si nous suivions ses leçons nous recevrions en retour de la reconnaissance de nos pairs (et nos pères & mères). La psychologie & la psychanalyse ont très bien analysé tout cela.
Le problème c’est que cela nous fait vivre dans la peur et la culpabilité de ne pas être adopté par nos groupes d’appartenances.
Cette personnalité que nous présentons est toujours branchée sur le passé (ce que nous avons appris de ce que nous devons faire) voir sur le futur (ce qui nous risquons en exclusion ou acceptation du groupe et de nos proches).
En fait cette personnalité nous aide à reproduire ce professeur dans notre vie et le faire pénétrer dans la vie des autres (couple, enfants, amis, collègues ...).
En quoi la méditation peut-elle être troublante ?
La méditation nous ramène justement au seul instant où le professeur n’a pas de prise sur nous, le ici et maintenant. Car lorsque nous sommes dans ce présent nous pouvons décider, libéré des contraintes des « yaka » ou « yfopa », être adulte, responsable.
Mais le professeur ne veut pas cela ! Il ne veut pas perdre son pouvoir. C’est pourquoi il va sans cesse ramener à notre esprit des images, des sensations, des désirs, des douleurs, des projets, des regrets.
Nous pourrons alors chercher à calmer cela en nous centrant sur la respiration, sur une image apaisante, sur un son, sur une posture. Et cela fonctionne très bien. Cela peut même être très relaxant.
Pour autant sortons nous des griffes du professeur ?
Nous retombons dans d’autres comportements, d’autres « il faut que » (la méditation doit être ceci ou cela) qui pourront nous rassurer car d’une part le professeur semble être parti, alors qu’il n’en est que plus présent et d'autre part nous donner l’impression d’être libérés, alors que nous nous rajoutons de nouvelles contraintes.
Lorsque nous sommes REELLEMENT & simplement présent, le professeur n’a plus aucune prise sur nous. C’est pourquoi la méditation peut être bouleversante, car c’est apprendre à vivre sans lui, à vivre avec Soi-même.
Cela peut faire peur, cela peut déclencher des émotions, cela finit par ouvrir in fine sur un espace insoupçonné.
J 'en reparlerai dans un prochain billet.
Qui parle en moi
Dans le secret de mes pensées
nous sommes plusieurs à parler.
Tout un tas de petits moi divisés
qui tour à tour veulent régner .
Il y a celui qui dit que je suis arrivé
ou pas encore parti
que je ne sais plus ou que j'ai tout compris.
Et tous ceux qui voient la vie
comme une course infinie
d'où l'on sort gagnant ou puni.
Tous parlent de mon Etre à l'envers
de ce moi né du miroir déformant
que j'ai construit en grandissant
tant je me suis trouvé seul et impuissant
à faire aimer mon regard d'enfant .
Et je suis tellement habitué
à tous ces moi apeurés qui me font exister
que je ne sais plus retrouver
celui qui en moi se tait
le seul qui n'a pas de reflet .
C'est lui qui me tient compagnie
lorsque d'un seul émoi je me trouve transit
en contemplant le ciel, un coucher de soleil
ou les étoiles dans la nuit .
Sans un mot il me dit qui je suis
et que ce que vois est avec moi unit
d'un geste qui réconcilie
le corps, le coeur , l'esprit .
Lilou
samedi 22 mars 2008
"Défonce" des Droits de l'Homme au Tibet

Voici aujourd'hui un billet un peu long, mais qui me semble important, car alors que le peuple tibétain est en train d’être décimé au profit (sic) d’intérêts supérieurs libéraux vendus avec les Jeux Olympiques, commencent à fleurir sur le net des blogs, mails, textes mettant en doute le bien-fondé de la lutte tibétaine contre l’occupant chinois. Ces textes ressortent quelques histoires « noires » du bouddhisme pour dénigrer le plus souvent le soutien au peuple tibétain. Je conseille à tous de lire le livre de Fabrice Midal, pour avoir d’une manière TRES sérieuse tous les renseignements nécessaires à l’histoire du bouddhisme, dont les parties que les occidentaux rêveurs ont occultées.
Le bouddhisme, le Tibet, sont faits d’humains qui restent des humains, même s’ils recherchent une élévation spirituelle. Et chaque humain est porteur d’une part d’ombre qui peut prendre le dessus. Cela ne peut en aucun cas excuser ou expliquer un génocide et empêcher de manifester et lutter contre.
Si le Christianisme, le Judaïsme, l'Hindouisme et l'Islam se sont souvent révélés comme des religions expansionnistes violentes, (c’est d’ailleurs à mon avis le hiatus de toute religion théiste révélée) le bouddhisme n’a pas connu ces grandes vagues. Il s’est soit répandu par intégration des religions existantes (Bön, Shinto, taoïsme...) soit par une politique de libération (toute relative pour l’époque je pense à l’empereur Asoka) .
Cela n’a pas empêché le bouddhisme lorsqu’il était dans des contextes féodaux (comme au Tibet jusqu’au XIX°) de vivre de conflits d’intérêts internes entre branches du bouddhistes ou entre monastères (question matérielles, de terrains, de récoltes etc...) montrant que les humains ne restent que des humains et que la non-violence est une démarche qui se développe par la conscience, mais qui n’est pas innée. C’est principalement au XIX° que s’est mis en place le mouvement Rimé, non sectaire pour rassembler toutes les écoles du bouddhisme tibétain et sortir de ces conflits ancestraux et dépassés. Mais le bouddhisme tibétain a encore des clarifications à faire dans ses rangs (nomination du Karmapa, relations Gelougpa / mouvement Kadampa etc...). Et le bouddhisme en général (voir le livre de Fabrice Midal) a à regarder son histoire sans concession, car dans des conflits d’états les bouddhistes n’ont pas toujours été une force de proposition de non-violence, voir on participé largement au conflit dans une optique nationaliste (voir le zen et le Japon lors de la 2nde guerre mondiale)
N’oublions pas que jusqu’au XIX° le Tibet était un pays féodal, théocratique moyenâgeux, avec tout le fonctionnement social qui va avec. C’est l’actuel Dalaï Lama qui s’est ouvert aux idées du modernisme et de la démocratie dès son plus jeune âge.
C’est le Dalaï Lama actuel qui a institué des élections pour séparer pouvoir temporel et pouvoir spirituel, se retirant petit à petit du pouvoir temporel (au grand damn de la plupart des Tibétains)
Ces élections ne sont pas encore le summun de la démocratie (mais dans notre pays qui se targue d’être celui de la démocratie et des droits de l’homme, on voit bien que ce summun n’est pas si simple, voir par exemple l’institution du Sénat, voir une certaine noblesse ou haute bourgeoisie qui a tous les pouvoirs politiques et financiers en France encore.
Dans cet antique système, comme en occident au moyen-âge, les familles (nombreuses) « donnaient » des enfants aux monastères. Et même si adultes ils pouvaient quitter la « robe », bien que beaucoup devaient rester pour la sécurité matérielle qui était apportée, le système monastique prouve encore une fois ses limites et ses dangerosités. D’autant plus que de réunir ensemble tout un tas d’humain du même sexe en excluant l’autre sexe, en ayant des êtres plus faibles (jeunes) ne peuvent que risque de dériver par moment sur des pratiques sexuelles non avouées, mais connues et plus ou moins contraintes. Comme les femmes, les enfants sont toujours les victimes de l’histoire, cela est toujours réel dans un pays très développé comme le notre, alors en temps reculés....
C’est pourquoi pour ma part, si je laisse évidemment à chacun la liberté de prendre des vœux de chasteté pour un temps plus ou moins long, je suis formellement contre créer un système qui impose ces vœux.
Pour ce qui est de l’état sanitaire du Tibet avant l’invasion chinoise il était équivalent à ce qu’il peut être encore actuellement dans des pays sous-développés bien que chaque village avait son amchi (médecin traditionnel tibétain). On aimerait pouvoir mettre en avant notre société moderne et dire qu’elle ne laisserait pas mourir des gens dans la rue de froid et de maladie et qu’elle donnerait des salaires décents qui permettraient à chacun d’avoir des remboursements totaux de ses soins, mais hélas la vérité n’est pas là, et s’en éloigne de plus en plus.
Le système bouddhiste en lui même n’a jamais prôné le maintien et la reproduction des classes et des castes (au contraire de l’hindouisme, c’est d’ailleurs pourquoi au temps du Bouddha et de l’empereur Asoka beaucoup d’hindous intouchables se sont convertis au Bouddhisme, pareil plus tard avec l’islam qui leur offrait la possibilité de sortir de leur caste). Par contre la notion de karma a souvent été vue d’une manière trouble, un peu comme on voit le pêché en occident, c’est à dire sous forme de soumission : c’est mon karma, donc je subis. Alors que le principe serait plus « qu’est ce que je peux faire pour que cela aille mieux pour moi et les autres »
Pour prendre une métaphore : si quelqu'un meurt de froid dans la rue, c’est son karma, moi qui le sait, c’est mon karma de faire ce qu’il faut pour que cela ne se produise pas. La compassion est d’ailleurs un des deux piliers du bouddhisme avec la sagesse.
L’occupation moderne du Tibet par la Chine s’est faite en deux temps (49 & 59) la 1ère a été une mise sous coupe du pouvoir et le peuple le refusant, par un génocide en 59, toujours en cours. Par contre il est vrai que le statut du Tibet a beaucoup changé à travers les âges, et que par moment il dépendait pour certaines parties politiques de la Chine, d’autres de la Mongolie (origine des Dalaï Lamas), d’autres fois il était autonome, pour le côté spirituel il a aussi beaucoup été lié à l’Inde.
Le Dalaï Lama actuel ne demande d’ailleurs pas l’indépendance, mais que le Tibet soit région autonome au sein de la Chine, sachant que cela ne concerne qu’une partie du Tibet, puisqu’une autre partie n’est pas considérée comme tibétaine par les Chinois mais Chinoise et a été intégrée dans d’autres régions chinoises. Il est à signalé que face au peu de succès de la politique de la voie médiane proposée par le Dalaï Lama, des oppositions fortes commencent à monter parmi les Tibétains et entre autre dans le mouvement Rigzen qui tout en restant fidèle au Dalaï Lama, demande politiquement l’indépendance complète du Tibet.
Le Dalaï Lama actuel s’est toujours dit plutôt favorable au marxisme (mais pas au fascisme chinois).
Pour développer et préserver les intérêts commerciaux des USA, comme la CIA a entraîné et fourni les armes aux Talibans et à Al Quaida contre les Russes , elle a aidé les résistants tibétains jusqu’à ce que Nixon aille vendre du Coca Cola en Chine dans les années 70, là ils ont abandonné les résistants Tibétains.
Comme pour l’URSS ou la Chine, face à un système féodal c’est un système fasciste qui s’est mis en place sous prétexte de libération. Mais si le léninisme, le stalinisme, et le maoisme étaient des systèmes de libération de l’humain cela se saurait, hélas, ils ne sont que de nouveaux fascismes qui se bases au départ sur les doctrines Marxistes pour mieux prendre l e pouvoir et toujours asservir les plus pauvres et créer de nouveaux génocides. Marx lui-même n’était pas favorable à l’institution d’un système communiste en Russie, puisqu’il prônait tout un processus dont le communisme ne devait aboutir qu’après l’auto-disparition du libéralisme.
La force des écrits contre le mouvement de résistance tibétain trouve ses racines dans l’illusion véhiculée par les occidentaux sur le Tibet en tant que pays idéal, mais seuls ceux qui n’ont jamais lus de livres sérieux ou qui n’ont jamais été dans l’himalaya rêvent de telles choses et espèrent toujours un bonheur « extérieur » et ils devraient se rappeler que le bouddhisme est justement une voie pour se sortir de l’illusion. Cela a été renforcé par les mythologies comme Shambala ou le Royaume du prêtre Jean.
Pour ce qui est de la femme au Tibet, elle a une place plus importante que dans toute autre culture moyenâgeuse mais néanmoins la femme reste toujours avec les enfants et les civils en général la victime préférentielle de l’homme et du pouvoir en place. Pour cette exploitation de la femme voir encore en France actuellement le nombre de femmes battues en France (plus d’une meure par jour sous la violence ! Dans notre pays démocratique !). Le système tibétain est matriarcal, la propriété se transmet par la femme, il arrivait donc que la femme épouse le frère en cas de décès ou pour éviter l’éparpillement du domaine. Cela a pu aussi créer des excès de mariages forcés la polyandrie étant acceptée pour éviter le partage des propriétés
Pour aller régulièrement dans l’Himalaya, les femmes y jouent toujours un rôle majeur, mais beaucoup plus fort et positif actuellement, ainsi elles organisent des associations de défense des métiers, d’écologie, de droit de l’humain, d’information sexuelle. Pour ce dernier point, on peut voir qu’elles sont beaucoup plus libres et « propriétaires » de leurs corps que les indiennes. Ces dernières restent pour beaucoup toujours soumises et muettes sur le sujet de la sexualité, les Tibétaines sont capables d’en parler beaucoup plus librement.
On peut donc critiquer le système féodal du Tibet qui a disparu avec l’actuel Dalaï Lama qui a créé un gouvernement tibétain en exil démocratique mais CRIER et se REVOLTER contre le génocide mis en place par les Chinois.
Solidarité avec le peuple Tibétain. Soutenez le Dalai Lama
Vous trouverez ICI la page pour signer une pétition urgente engageant le gouvernement chinois à respecter les droits de l'Homme au Tibet et à engager le dialogue avec le Dalai-Lama.
Merci beaucoup pour votre aide! Faites suivre cela à vos amis
ICI une autre pétition adressée à M. Bernard Kouchner - Ministre des affaires étrangères, transmise en copie à M. Lionnel Luca - Président du groupe
Tibet de l'Assemblée nationale et M. Louis de Boissia - Président du
groupe d'information internationale sur le Tibet du Sénat.
Ayez peur ..je m'occupe du reste .
Dit souvent notre esprit égaré
qui voit l'homme dans le sacré
au lieu de voir le sacré dans l'homme.
Et la guerre peut commencer .
Crier c'est dire stop à la peur
Pour que passe la Vie
Comme un fleuve qui coule
unissant en lui les hommes de coeur .
dimanche 16 mars 2008
Une journée du Dalaï Lama

dessin © Gonzo
« Vers neuf heures, nous raconte-t-il, je vais à mon bureau si j'ai des gens à voir. Sinon, je travaille sur les textes. Je me remets en mémoire les écrits que j'ai étudiés dans le passé et j'approfondis les' commentaires des grands maîtres des diverses écoles du bouddhisme tibétain. Je réfléchis aux enseignements et je médite un peu.
Vers quatorze heures, je déjeune.
Puis, jusqu'à dix-sept heures, je m'occupe des affaires courantes. Je rencontre les élus du peuple tibétain, les ministres du gouvernement en exil et autres fonctionnaires et je reçois des visiteurs.
Vers dix-huit heures, je prends le thé. Si j'ai un creux à l'estomac, je demande la permission au Bouddha et croque quelques biscuits (rires...).
Enfin, je récite mes prières du soir, et je m'endors vers neuf heures. C'est le moment le plus agréable de la journée! Je dors tranquillement jusqu'à trois heures et demi le lendemain matin. »
Matthieu Ricard
Journée
Du lever du soleil
Au coucher du soleil.
Ouvrir les yeux
Participer à la vie
En nourrissant la vie
En nous et autour de nous.
Puis comme une fleur
Referme ses pétales
Se recueillir
En remerciant ce jour .
Alors peut venir
le repos du juste .
Lilou
mercredi 12 mars 2008
RAMENEZ VOTRE ESPRIT EN LUI-MEME
"Lorsque j'enseigne la méditation, je commence souvent par dire:
« Ramenez votre esprit en lui-même... relâchez... et détendez-vous. »
- Ramener votre esprit en lui-même signifie ramener l'esprit à l'état appelé: « demeurer paisiblement », grâce à la pratique de l'attention.
Au niveau le plus profond, cela consiste à se tourner vers
l'intérieur et à demeurer dans la nature de l'esprit: C'est la méditation à son
plus haut degré.
- Relâcher veut dire libérer l'esprit de la prison de la saisie dualiste. Vous reconnaissez en effet que toute douleur, toute peur et toute détresse proviennent du désir insatiable de l'esprit qui saisit.
A un niveau plus profond, la réalisation et la confiance qui
résultent de votre compréhension accrue de la nature de l'esprit inspirent en
vous une grande générosité naturelle. Cette générosité permet à votre cœur
d'abandonner toute saisie dualiste, laissant celle-ci se libérer et se
dissoudre dans l'inspiration de la méditation.
- Se détendre signifie devenir plus spacieux et permettre à l'esprit d'abandonner ses tensions.
Sur un plan plus profond, vous vous détendez dans la nature véritable de votre esprit, l'état de Rigpa. C'est comme si vous laissiez tomber une poignée de sable sur une surface plane: chaque grain se dépose de lui-même. D'une façon similaire, vous vous détendez dans votre véritable nature, laissant toutes vos pensées et émotions décroître naturellement et se dissoudre dans l'état de la nature de l'esprit."
Comme si je laissais tomber une poignée de sable
Quand les idées se posent
Cessent de voltiger
Pour simplement retourner
D'où elles sont nées .
Et le vide s'installe
dans l'espace créé
entre moi et mes idées.
pour que la Vie puisse entrer.
Lilou
dimanche 9 mars 2008
Travailler avec les autres
« Par la pratique formelle de la méditation, on acquiert
une perspicacité pouvant s'appliquer à diverses situations de la vie
quotidienne. Il n'est donc pas question de rejeter la vie de tous les jours ou
de la considérer tout bonnement comme quelque chose qui nous distrait de la
pratique « spirituelle ».
Au contraire, en unissant la pratique à la vie ordinaire elle est vue comme ayant de la valeur – comme étant sacrée. »
Tissage
L'apprentit- sage
apprend à tisser .
Comment pourrait on
tisser sans métier ?
Ainsi la vie devient
notre ouvrage
à chaque page .
Quand le quotidien
nous donne
du coeur à l'ouvrage .
Lilou
samedi 1 mars 2008
LE RENARD ROUGE
Alejandro Jodorowsky commence son livre sur les contes par une histoire pour parler de l’amour / haine :
« S'étant faufilé dans l'atelier d'un teinturier, un renard tomba dans une cuve contenant un bain de couleur rouge. Il arriva à se hisser hors de la cuve et à s'échapper dans la forêt mais il emporta avec lui des traces de sa visite: son pelage avait pris une teinte rouge vif.
Sa nouvelle apparence inquiéta et intrigua les autres renards de la forêt. Jouant de cette particularité, celui-ci s'empara facilement du pouvoir. Impressionnés, les autres acceptèrent de le servir et de le vénérer comme un roi. Il coula des jours tranquilles et prospères dans sa nouvelle communauté mais, avec l'hiver, les pluies se multiplièrent et diluèrent peu à peu la teinture. Les autres renards finirent par ; se rendre compte qu'ils s'étaient fait gruger et le chassèrent. »
Mais je crois que c’est un conte qui parle bien aussi de tout le fragile & inauthentique échafaudage égotique que nous construisons pour chercher à entrer en relation avec les autres et prendre le pouvoir sur eux. Il nous faut une bonne pluie pour apurer cette construction, et parfois, après cela fait d’autant mal que la relation semblait forte.
Le samsara (cercle des incarnations) ne peut être brisé que si nous trouvons la vacuité, la nature ultime des phénomènes. Les enseignements nous disent, que trouvant cette issue nous pouvons constater que notre enfermement n’était qu’un mirage, la création de notre esprit perturbé. Le samsara ne serait donc pas une prison extérieure mais une captivité créée par notre propre esprit. Cet internement ne peut finir de lui même, mais en pratiquant la méditation pour évincer notre saisie du soi et toutes nos perturbations mentales.
Moi
Oui, je suis là
derrière mon écran c'est bien moi
mais quel Moi ?
Il y a le moi
qui parle de moi
Celui qui se voit
à travers les autres moi.
Un moi qui sait
qui souffre
et qui suit
et sans cesse dit
regardez moi
je suis le roi.
Et puis il y a celui
qui vit .
C'est un moi qui vibre
et qui ressent
un moi enfant et innocent .
Il est curieux, joyeux
et silencieux
juste posé sur l'instant .
Si je veux bien m'y arrêter
il m'attend .
Lilou










