trabalhador
"Lenhador" ~ 1978 ~ Óleo: 60x73cm par © Orlando Mattos

« Depuis l'antiquité, la Lumière de la Voie
Est claire, même aujourd'hui.
On discute, chacun prétendant
Qu'il succède le plus correctement à l'Esprit de Lin-tsi.
Devant et derrière ma demeure
Des bûcherons chantent sur le sentier.
Souvenir de la mélodie de la flûte
De mon pays natal, au sud de la montagne.
»

Ikkyu

La difficulté en général et surtout quand nous prenons conscience des différents « mois construits » qui sont en nous c’est que nous allons désigner celui ou ceux qui nous conviennent, comme « idéal » et nous allons chercher à vivre en accord avec eux.
C’est d’ailleurs toute la force et le piège de la « pensée positive ». Face aux difficultés de la (notre) vie nous allons tenter fabriquer un moi idéal et de vivre en harmonie avec cette image. Mais c’est encore une image virtuelle et fausse supplémentaire à laquelle nous nous soumettons.
Malgré la vision de nos empêchements, de nos défaillances nous nous disons « je fais comme si cela n’existait pas et je vais penser autrement » (c’est aussi des pratiques en thérapies brèves)  mais c’est nier les émotions négatives en nous et risquer qu’elle rejaillissent avec encore plus de force plus tard, et d’autant plus si on est dans le « faisons comme si »

Je voudrdais ici, citer Skakti Gawain, qui alors que son livre "Tecniques de visualisation créatrice" était un best seller mondial vivait des expériences douloureuses jusqu'à ce qu'elle se dise "Je vis plus dans l'intérêt d'essayer de contrôler ma vie, et de faire arriver les choses d'après ce que je pensais. Il était temps que je commence à m'entraîner à l'abandon à l'univers"

Quelqu’un qui serait capable de transcender la réalité et de réellement vivre la positivité dans un contexte négatif, cela serait différent, mais la plupart nous tartinons le négatif de « positif » en sachant qu’en dessous c’est le cloaque.

Pour Chögyam Trungpa il s’agit « d’une attitude irréaliste de se dire «Oublions le mal et faisons semblant d'être bons.», cela relève du matérialisme spirituel. »

En fait cette démarche « positive » est basée sur notre recherche du plaisir immédiat, fut il spirituel.

En final nous nous pétrifions dans une opinion toujours plus fausse de la réalité et nous sommes loin de la « vue profonde » nous rendant encore plus rigide d’une manière réactionnelle. Chögyam Trungpa parle « d’accomplir l'egoïté, par opposition à atteindre l'éveil. »

Que permet al méditation ? c’est d’essayer de vivre ce que nous sommes ! Pour cela nous tentons de mettre de la conscience sur  notre confusion, notre douleur, sans faire de cette démarche une réponse.
Il s’agit d’un processus global, systémique, et non pas d’un objectif à atteindre, c’est un travail sur nous-mêmes, sur notre existence, un travail psychologique sans chercher de réponse, mais en voyant les choses telles qu'elles sont - en voyant ce qui se passe dans notre tête simplement.
Mettre de la lumière sur l’inconscient, de la conscience sur l’ombre ou comme le dit Trungpa : « transformer notre confusion - le chaos et la névrose qui se perpétuent dans notre esprit - en une nouvelle base d'investigation. »

Et toujours nous explorons plus, et heureux de mettre le doigt sur ce qui pose problème en nous. C’est un processus qui consiste à aller toujours plus loin, à creuser toujours davantage sans la moindre référence à la spiritualité, à un sauveur, au bien ou au mal - sans la moindre référence à quoi que ce soit.
Nous ne nous attachons pas aux résultats, & nous continuons plus loin jusqu’à ce que Trungpa appelle « le point où il n'y a pas de réponse. Où il n'y a même pas de question. A un certain stade, la question et la réponse meurent simultanément. »

Nous n'avons plus d'espoir, plus de projection, Chögyam Trungpa nomme cela « l’espoir transcendant, l'essence de lafolle sagesse ».

Cette transformation consiste à fendre la surface du plan psychique, puis à couper au travers d'une nouvelle couche, puis d'une autre, ceci indéfiniment, en creusant toujours plus profond. Comme nous le disions dans le billet du 6/08 : il s’agit de renverser les idoles (Nietzsche).